Semaine pour l’école publique: il faut enlever un peu de pression

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Avant de choisir la voie de l’humour, Philippe Laprise a travaillé plusieurs années comme éducateur spécialisé en déficience intellectuelle.
Courtoisie Avant de choisir la voie de l’humour, Philippe Laprise a travaillé plusieurs années comme éducateur spécialisé en déficience intellectuelle.

Ce texte fait partie du cahier spécial Écoles publiques

L’école publique, il l’aime encore plus qu’avant, nous dit-il dans la vidéo promotionnelle de la Semaine pour l’école publique. Entrevue avec l’humoriste et éducateur spécialisé Philippe Laprise, porte-parole de la campagne pour une quatrième année.


 

Pourquoi cet investissement en faveur de l’école publique ?

Philippe Laprise : Au Québec, nous nous sommes dotés d’un véritable bijou, celui de permettre aux jeunes d’apprendre et d’aller à l’école gratuitement. Moi, si je n’avais pas eu certains enseignants dans ma vie, j’aurais sans doute emprunté un autre chemin, j’aurais certainement dérapé. J’ai longtemps cru que les enseignants jouaient contre moi, mais je me rends compte qu’en fait, ils ont été mes alliés. Et puis, j’ai par ailleurs un gros public jeunesse. Pour moi, c’est comme un retour de balancier que de m’investir dans cette campagne.

 

À quoi ont ressemblé vos années à l’école ?

Je n’ai pas eu un parcours particulièrement glorieux. J’ai redoublé souvent. Mais, grâce à des enseignants extraordinaires, j’en garde de très bons souvenirs. C’est là que j’ai commencé à faire de l’improvisation aussi, du théâtre, toutes sortes d’activités. J’y ai fait des rencontres. J’ai des amitiés du secondaire qui sont encore très fortes aujourd’hui.

 

Et vous trouvez que les Québécois sont injustes envers leur école ?

Je crois que la vision des parents a changé depuis la pandémie. C’est pour ça que je dis qu’on l’aime encore plus, notre école publique. Les parents se sont rendu compte du travail que c’est que d’enseigner à leurs enfants ! Ils ont vu à quel point les enseignants se sont investis à cette époque et à quel point ils s’investissent aujourd’hui encore. Ma blonde est enseignante. Je vois les heures qu’elle passe avec toutes les tâches qu’elle a en plus, du fait de la pandémie. Il y a les enseignants, mais aussi tout le personnel, les directions qui doivent s’adapter tous les jours, le personnel des services de garde. Et les concierges ! Vous imaginez leur stress ? Ils ont beau suivre des protocoles pour se protéger, il n’en reste pas moins qu’ils nettoient à longueur de journée des endroits qui sont susceptibles d’être infectés par la COVID.

 

Si vous étiez nommé ministre de l’Éducation, quel serait votre premier geste ?

J’enlèverais un peu de pression à tout le monde. Nous sommes dans une situation exceptionnelle, une situation qui engendre de l’anxiété tant chez les enseignants que chez les élèves. Peut-on en enlever un peu ? Sans doute que j’annulerais les examens du ministère pour cette année encore. Les élèves, ils apprennent tellement en ce moment. On apprend tous à vivre différemment en société, par exemple. Ça ne veut pas dire de ne pas voir la matière, mais peut-être de la voir différemment. Aller plus dehors, s’amuser, rire, à l’intérieur des « bulles-classes ». C’est tellement important de rire en ce moment !