Forger une résilience collective

Sophie Ginoux Collaboration spéciale
La notion de résilience est la capacité d’un individu à affronter les obstacles et à en ressortir grandi.
Photo: iStock La notion de résilience est la capacité d’un individu à affronter les obstacles et à en ressortir grandi.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Les psychologues des Services à la vie étudiante de l’UQAM ont mis sur pied un projet d’accompagnement aussi novateur que rassembleur sur le thème de la résilience.

Comment surmonter les épreuves et faire face à l’adversité ? Ces questions, nous sommes tous amenés à nous les poser. Deuils, séparations, échecs… la liste des épisodes traumatisants qui jalonnent notre parcours est longue. Toutefois, des événements comme la COVID-19 sont historiques, tout autant que les répercussions qu’elle a entraînées. C’est ce dont se sont rendu compte les psychologues des Services à la vie étudiante de l’UQAM lors du confinement. « Nous avons senti, lors des suivis individuels et des cafés-rencontres virtuels mis en place pendant cette période, que les étudiants avaient besoin de parler de ce qu’ils vivaient et de s’entraider », explique Christian Melançon.

Ces échanges ont progressivement fait germer l’idée d’un projet d’accompagnement qui serait adapté à la situation et qui serait rassembleur. La notion de résilience, que l’on peut résumer comme la capacité d’un individu à affronter les obstacles et à en ressortir grandi, s’est alors imposée d’elle-même.

La résilience en six points

Pour parvenir à monter leur initiative, Christian Melançon et sa collègue Isabelle Hallé se sont fait épauler par Pascale Brillon, professeure au Département de psychologie de l’UQAM et spécialiste de la question. « Beaucoup d’éléments peuvent contribuer à la résilience, confie Mme Hallé, aussi les avons-nous regroupés en six grands thèmes qui font tous l’objet d’une semaine du programme. »

 

Les six sujets mis en lumière sont les suivants : s’adapter au stress de l’épreuve, maximiser son sentiment d’efficacité personnelle, augmenter sa tolérance à l’incertitude, développer sa souplesse émotionnelle, développer sa flexibilité cognitive et favoriser sa croissance post-traumatique. « La gestion du stress a souvent été abordée, mais les autres thèmes le sont beaucoup moins, avance la psychologue. Pourtant, les expériences traumatisantes sont fréquentes au cours de notre vie. Nous avons également remarqué lors du confinement que les étudiants géraient souvent leurs émotions de la même manière, comme le fait de vivre des hauts et des bas au cours d’une même journée. »

Chaque thème du projet, entièrement virtuel, s’axe autour de plusieurs outils : une présentation globale, une vidéo étayée de témoignages, une série de stratégies, un journal de bord imprimable et un défi à relever. Comme l’explique Isabelle Hallé, « nous proposons des approches traditionnelles comme outside the box. L’idée, c’est de s’inspirer et, pourquoi pas, d’essayer quelque chose de nouveau ». Effectivement, comme on le découvre pour la semaine consacrée à l’adaptation au stress, il est possible de se créer une nouvelle routine harmonieuse, ainsi que de trouver des moyens pour serelaxer et maximiser notre vitalité, comme faire de la cuisine, du tricot, du jardinage ou regarder de vieux films.

Mosaïque commémorative

Le projet Résilience, qui a débuté il y a une semaine, est entièrement virtuel et accessible, non seulement à la communauté universitaire de l’UQAM, mais aussi à toutes celles et à tous ceux qui s’intéressent aux sujets traités ou qui traversent des épreuves, quelles qu’elles soient.

« Nous ne voulons pas nous présenter comme des experts, mais plutôt donner la parole aux gens et bâtir à travers cette expérience une résilience collective, argumente Christian Melançon. Ce qui veut dire ramasser tous les “je” pour en faire un “nous” afin de témoigner de la manière dont nous vivons la pandémie et de ce que nous voudrons en retenir une fois que nous serons sortis de cette épreuve. »

Parallèlement au projet lui-même, les psychologues invitent la communauté uqamienne à réaliser une grande mosaïque photographique commémorative, à participer aux cafés-rencontres organisés par les Services à la vie étudiante et, bien sûr, à demander du soutien au moyen de rencontres individuelles.

Le projet Résilience se poursuivra jusqu’à la fin du mois d’octobre 2020 dans une section Web distincte ouverte à tous, ainsi que sur les réseaux sociaux. Il sera cependant possible d’avoir accès aux outils développés autour de chaque thème par la suite pendant au moins un an.