Un syndicat met Québec en demeure pour un dépistage accéléré dans le réseau scolaire

Pour le président de la FAE, Sylvain Mallette, il faut savoir si le mécanisme de dépistage accéléré existe et s’il est efficace afin de rassurer ses membres et la population.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Pour le président de la FAE, Sylvain Mallette, il faut savoir si le mécanisme de dépistage accéléré existe et s’il est efficace afin de rassurer ses membres et la population.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a mis en demeure le ministre de la Santé, Christian Dubé, afin qu’il fournisse le plan de dépistage accéléré qu’elle dit attendre depuis le 10 août.

« La FAE est d’avis que la rapidité du dépistage est essentielle pour limiter les éclosions dans le réseau de l’éducation », écrit le syndicat dans la mise en demeure transmise au ministre vendredi. « Or, en dépit des engagements que vous avez pris à cet égard, aucun communiqué officiel n’a été diffusé, à l’heure actuelle, quant à l’élaboration d’un plan de dépistage accéléré en bonne et due forme. »

Dans le document, le syndicat donne 48 heures au ministre (hors des fins de semaine) pour fournir un plan de dépistage, sans quoi il dit avoir l’intention de se tourner vers la Cour supérieure.

En cette période de rentrée scolaire, la FAE se dit inquiète des délais associés au dépistage de la COVID-19. « […] À notre connaissance, cinq cas de COVID-19 chez des membres du personnel scolaire dans le Grand Montréal ont déjà été recensés, ce qui a également entraîné une mise en quarantaine de près d’une trentaine de personnes et provoqué un bris de services auprès des élèves concernés », avance-t-elle.

Le syndicat enjoint donc au ministre d’« honorer [ses] engagements et requiert formellement la mise en place d’un mécanisme accéléré de dépistage ».

Le cabinet du ministre Dubé a déclaré mercredi ne pas vouloir commenter les démarches judiciaires de la FAE. « Notre gouvernement fait du dépistage dans les écoles une de ses grandes priorités dans la gestion de la pandémie », a tout de même affirmé son attachée de presse, Marjaurie Côté-Boileau.

« Chaque école est déjà attitrée à un centre de dépistage, en plus d’avoir une personne-contact au sein de la Santé publique régionale. Ainsi, en cas d’éclosion, les élèves et les parents ont un accès à un corridor de service priorisé », a-t-elle ajouté.

Peu de données sur les écoles

Le portrait des cas de COVID-19 dans le milieu scolaire demeure incomplet : Québec n’a toujours pas publié de données officielles sur les éclosions dans les écoles, selon La Presse canadienne.

En point de presse le 10 août, le ministre Dubé avait reconnu que le processus de dépistage devait être « amélioré », d’autant que cette activité représente « le nerf de la guerre » à son avis. La FAE affirme que le ministre a « garanti » qu’une procédure de dépistage rapide serait mise sur pied à temps pour la rentrée.

La FAE, qui représente près de 49 000 enseignants, souhaite aussi obtenir du gouvernement qu’il fournisse tous les documents relatifs au plan sanitaire qui s’applique dans le réseau scolaire, y compris les données en lien avec les cas d’infection.

Le président de la FAE, Sylvain Mallette, estime que la santé et la sécurité du personnel scolaire et des élèves en dépendent. À son avis, il faut savoir si le mécanisme de dépistage accéléré existe et s’il est efficace afin de rassurer ses membres et la population.

En entrevue avec La Presse canadienne, M. Mallette signale que, depuis le printemps dernier, le gouvernement du Québec refuse de lui acheminer les documents sur lesquels il s’est appuyé pour prendre ses décisions. Il ajoute que ceux qui lui ont été soumis ont été très souvent caviardés.

Le recours juridique est donc de mise afin d’obtenir des réponses aux questions légitimes des syndiqués, à son avis.

Avec La Presse canadienne

À voir en vidéo