Les étudiants réintègrent les résidences

Les mesures d’hygiène sont évidemment renforcées partout.
Photo: Getty Images / iStockphoto Les mesures d’hygiène sont évidemment renforcées partout.

Les résidences étudiantes des universités du pays, vidées par la pandémie au printemps, recommencent à se remplir en ces jours de rentrée, tout en subissant maintenant les contrecoups du basculement massif de l’enseignement vers les cours à distance. Les comptes faits par Le Devoir montrent un retour de locataires studieux, avec toutefois de grandes limites.

À l’UdeM, les quelque 1200 chambres et studios du campus ne sont occupés qu’environ à la moitié de la capacité.

À l’Université Laval (ULaval), la prévision d’occupation au 1er septembre est d’environ 900 personnes, soit un peu moins de 40 % de la capacité totale.

Il faut dire que l’occupation maximale autorisée par sécurité sanitaire oscille entre 50 % (à l’ULaval) et 70 % (à l’UQAM). Les mesures d’hygiène sont évidemment renforcées partout.

Les résidences de type dortoirs de l’Université McGill ont toutes fermé. Les résidences de types hôtelières fonctionnent aussi à moindre régime. Le partage des chambres en colocation a cessé.

« Nous avons reçu une réponse forte et encourageante des nombreux étudiants nouvellement admis qui nous ont confirmé qu’ils se joindraient à la communauté mcgilloise cet automne, dit une déclaration officielle des relations avec les médias. Nous sommes ravis de les accueillir, ainsi que les milliers d’étudiants qui seront de retour. »

Normalement, autour du 1er septembre et de la reprise des cours pour les étudiants de premier cycle, les environs de l’Université McGill, au centre-ville de Montréal, bourdonneraient de camions et d’automobiles, souvent immatriculés dans d’autres provinces ou dans des États américains. Il n’y avait rien de semblable à observer lundi midi, si ce n’est pour quelques emménagements à la résidence universitaire de l’avenue du Parc, située dans un ancien hôtel.

C’est là que s’affairaient quatre femmes pour charger les colis de Mia Desjarlais sur deux chariots. Elles arrivaient de Prévost, dans les Laurentides. Mme Desjarlais va intégrer l’équipe de natation de l’université tout en étudiant en génie civil. Les cours théoriques se donneront à l’écran, les performances sportives, elles, exigent une participation active.

L’appartement lui coûtera autour de 1500 $ par mois, les frais scolaires en surplus. « C’était vraiment simple de trouver cette place avec le site Web de McGill », dit la nageuse de haut niveau, visiblement contente de son choix.

Voici d’autres cas de figure observés au même endroit. Chris, originaire des Émirats arabes unis, va intégrer des études commerciales. Il est arrivé il y a quelques jours après une quarantaine passée en Alberta. « Il y avait alors des déménagements toutes les quinze minutes », précise-t-il. Une autre recrue vient des États-Unis pour étudier le piano à l’École de musique Schulich.

« Je me suis fait déposer à la frontière, raconte Adam. Après, j’ai pris un taxi et je suis venu me confiner ici pendant deux semaines. Je peux sortir depuis trois jours. Je suis content. » La chambre et les frais de scolarité lui coûtent 16 000 $ par année.

Des étudiants sont donc venus ou revenus avant le début des classes. Logique. Deux concierges interviewés dans les rues adjacentes expliquent que l’occupation des appartements laissés vides pendant les premiers mois de la pandémie reprend maintenant.

Les deux donnent la même explication : après avoir tergiversé, beaucoup d’étudiants se décideraient à revenir pour leurs amis, pour le groupe, pour Montréal, même si les cours se donnent à l’écran.

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