Le retour en classe en six portraits

Les mesures sanitaires en place donnent un drôle d'aspect à la rentrée scolaire 2020.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Les mesures sanitaires en place donnent un drôle d'aspect à la rentrée scolaire 2020.

La cloche a sonné pour bien des élèves québécois. Au primaire ou à l’université, au secondaire ou au cégep, six d’entre eux nous racontent leur rentrée scolaire. 

Zack Bibeau, 1re année

Photo: Adil Boukind Le Devoir Zack Bibeau, élève de première année à l’école primaire La Petite-Patrie.
Zack, 6 ans, est comme un chat. Il grimpe partout — même dans les arbres — et retombe toujours sur ses pieds. Mais il avait un peu le vertige lors de la rentrée. Pandémie oblige, il est entré seul dans l’école primaire La Petite-Patrie, à Montréal. « Ça m’inquiétait un peu », avoue Zack.

Tout s’est bien passé. Ce qu’il a le plus aimé ? « Quand j’ai joué au basket avec Alexis à la récréation. » Deux de ses bons amis — dont Alexis — sont dans sa classe. Ils partageront la même bulle cette année. Heureux de retourner à l’école ? « C’est correct, dit-il. J’aimais aussi être à la maison. » Et jouer dans la ruelle avec son frère, Victor, et les petits voisins.

Lucie Hotte, 3e année

Photo: Adil Boukind Le Devoir Lucie Hotte, élève de troisième année à l'école La Petite-Patrie
Quand elle parle de l’école, son visage rond s’illumine. Lucie, 8 ans, affiche un magnifique sourire. « J’aime beaucoup l’école, dit-elle. J’avais hâte de revoir mes amis. » Coup de chance, trois copines sont dans sa classe, à l’école La Petite-Patrie, à Montréal.

La pandémie de COVID-19 ? « Ça ne me dérange pas, dit-elle. Je sais que c’est moins grave pour les enfants. » Lucie s’accommode bien des règles sanitaires, comme se laver les mains et dîner à son pupitre.

À la récréation, son groupe doit demeurer dans une zone désignée de la cour. « C’est quand même grand », remarque Lucie. « Le plus difficile », dit-elle, c’est de ne pas pouvoir jouer avec les amis qui ne sont pas dans sa classe-bulle. « Mais on se croise dans les escaliers ! »

Manil Trigui, 3e secondaire

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Manil Trigui, élève de troisième secondaire au collège Jean-Eudes
Les masques dans les corridors. C’est ce qui a le plus frappé Manil Trigui lors de son premier jour de cours au collège Jean-Eudes, un établissement privé de Montréal.

« C’est juste un peu bizarre de voir les amis avec des masques, dit l’adolescent de 14 ans. On a quand même réussi à se reconnaître. » Les élèves de sa cohorte ont bien changé depuis le printemps. « On a grandi, dit-il. On n’a pas vraiment les mêmes coupes de cheveux. »

Manil Trigui étudie dans un programme de hockey-étude. L’annonce de la reprise du sport étudiant le 14 septembre (si tout va bien) l’a « soulagé ». « On pourra enfin jouer », dit l’attaquant, qui va devoir se remettre à l’entraînement.

Thomas Belarbi, école spécialisée Irénée-Lussier

Photo: Adil Boukind Le Devoir Thomas Belarbi, élève de l'école spécialisée Irénée-Lussier 
« Je me suis ennuyé de mes potes ! » Thomas Belarbi, 16 ans, a trouvé le confinement difficile. L’adolescent, qui a une déficience intellectuelle moyenne, fréquente l’école spécialisée Irénée-Lussier, à Montréal. Ses amis viennent de divers quartiers de la métropole. Difficile donc de les côtoyer à l’extérieur des classes.

« Comme parent, le confinement nous a fait réaliser à quel point c’est important, le réseau social, dit sa mère, Isabelle Perrin. Thomas a eu zéro vie sociale, même virtuellement. »

L’adolescent est donc particulièrement heureux de retourner à l’école. « Je suis content de revoir mes amis », dit-il. Il trouve toutefois difficile de manger dans sa classe. « J’aime voir les amis à la cafétéria », dit-il.

Deka Ibrahim, finissante au cégep

Photo: Adil Boukind Le Devoir Deka Ibrahim, finissante au cégep Sorel-Tracy
Deka Ibrahim habite à 15 minutes à pied du cégep Sorel-Tracy. Mais l’étudiante en sciences de la nature n’y suivra aucun cours cette année (mis à part un laboratoire en chimie). Tout se fait à distance.

Elle craint de manquer de concentration à la maison. « C’est vraiment difficile, dit la jeune femme de 19 ans, originaire de Djibouti. Il y a beaucoup de sources de distraction. »

Son frère étudie à l’université à partir de la maison, tout comme ses deux cousins, qui habitent avec la famille. « Chacun va être dans sa chambre et on n’a pas les cours en même temps, dit-elle. Mais quand l’autre va faire du bruit, ça va être déconcentrant. Ça peut affecter mes notes. » Et la fameuse cote R.

Gabrielle Lorimier, 1re année d’université

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Gabrielle Lorimier, nouvelle étudiante en droit à l'UQAM
La rentrée de Gabrielle Lorimier, 20 ans, est loin de celle dont elle avait rêvé. Sa session d’automne, en droit à l’UQAM, se donne à distance. « Au début, ç’a été une grosse déception », dit-elle.

Elle a suivi un premier cours intensif d’introduction à l’étude du droit, donné sur la plateforme Zoom et sous forme de capsules vidéo. « Ça m’a permis d’enlever un stress et donné l’occasion de me familiariser avec les outils », dit-elle.

Elle a pu « socialiser » avec des étudiants. « Ils avaient fait de petits sous-groupes sur Zoom et il fallait se présenter, dit-elle. C’est mieux que rien. Mais ce n’est pas optimal. »

La connexion Internet, à la maison, connaît aussi des ratés. « Mes parents sont profs au cégep et ils donnent des cours à distance en même temps que je suis les miens ! »