Les activités parascolaires menacées par la pandémie

Une somme de 41 millions de dollars a été annoncée par le gouvernement Legault pour bonifier les activités parascolaires et l’aide aux devoirs il y a une dizaine de jours.
Photo: Getty Images Une somme de 41 millions de dollars a été annoncée par le gouvernement Legault pour bonifier les activités parascolaires et l’aide aux devoirs il y a une dizaine de jours.

À cause de la pandémie de COVID-19, le sort des activités parascolaires demeure incertain dans les écoles au Québec. Leur tenue est même menacée dans un établissement à Montréal. Le maintien des « bulles-classes » et le respect des mesures de distanciation représentent un véritable casse-tête pour ceux qui les organisent.

À l’école primaire Saint-Gérard, à Montréal, les activités parascolaires risquent d’être annulées cet automne. Celle qui les coordonne, Laurence Cournoyer, compte recommander leur suspension temporaire lors de la réunion du conseil d’administration des Aventuriers (organisme sans but lucratif chargé de les organiser), tenue mardi en fin de soirée.

« Si les enfants ne doivent pas changer de bulle-classe, cela devient extrêmement complexe d’offrir des activités parascolaires », dit Laurence Cournoyer, l’une des parents bénévoles qui siègent au CA des Aventuriers.

L’école Saint-Gérard en a déjà plein les bras avec la rentrée, fait-elle valoir. « Ça va tellement en faire à gérer avec les règles sanitaires, la coordination des services de garde, les récréations, dit-elle. Ajouter à cela les activités parascolaires, avec le stress qu’il va y avoir… »

Une perspective qui décourage Marise Loranger. Les activités parascolaires sont « essentielles » pour son garçon de huit ans, qui amorce sa troisième année à l’école Saint-Gérard. « Il a un problème d’anxiété, dit sa mère. Les activités parascolaires lui permettent de faire du sport et de tenter de nouvelles expériences. Ça nous permet de travailler l’anxiété et la socialisation. »

Pas de chance, son garçon n’a aucun ami dans sa classe cette année. Il ne pourra pas voir ses camarades à la récréation et au service de garde, la « bulle-classe » devant être maintenue.

« Je prends des dispositions pour ne pas l’envoyer au service de garde », dit Marise Loranger. Avec d’autres parents, elle tentera d’organiser elle-même des activités après l’école. « Chaque parent va avoir sa journée de garde et on va les faire jouer ensemble dehors. On va appliquer les mêmes règles qu’à l’école. Ce n’est pas vrai qu’il ne pourra pas jouer avec ses amis. »

Dans le respect des consignes

Au Centre de services scolaire de Montréal (autrefois la Commission scolaire de Montréal), on indique que « les activités parascolaires pourront s’organiser selon la réalité de chaque milieu ». « Le ministère de l’Éducation mentionne que les activités parascolaires et les sorties sont possibles, dans la mesure où les consignes sanitaires à mettre en place sont respectées », précise-t-on dans un courriel.

Une somme de 41 millions de dollars a d’ailleurs été annoncée par le gouvernement Legault pour bonifier les activités parascolaires et l’aide aux devoirs il y a une dizaine de jours.

Selon l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire, des activités parascolaires seront organisées. « Il va y avoir des ajustements, c’est sûr, dit sa présidente, Hélène Bourdages. On comprend que le plan [de l’activité] doit passer sous le rayon X de la Santé publique. »

Hélène Bourdages rappelle que les directions d’école sont actuellement occupées à préparer la rentrée scolaire. La question des activités parascolaires viendra après, vers la mi-septembre. « La priorité de l’organisation [actuellement], c’est de mettre un prof devant la classe. »

Beaucoup d’écoles sont en effet incapables de confirmer si les élèves vont pouvoir participer à des activités sportives cette année, constate le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). « Ils sont en train de mettre en place leur retour en classe et surtout leur plan d’urgence lié à la COVID-19 », dit son président-directeur général, Gustave Roel.

Pour les aider à prendre une décision, le RSEQ leur soumettra d’ici la fin de la semaine un guide rédigé par un comité formé d’une dizaine de médecins. Diverses recommandations et informations s’y trouveront. Par exemple, que faire si un joueur est déclaré positif à la COVID-19 ?

« On rappelle également que les jeunes ont une responsabilité, dit Gustave Roel. Ils jouent dans une équipe et dans un contexte de COVID, ça veut dire que les contacts sociaux doivent être réduits. Si, dans la journée, le jeune fait son sport et que, le soir, il va dans un party et contamine ses collègues, il y a une éthique qui est associée à la gestion de la COVID. »

Inquiétudes chez les profs

L’Alliance des professeures et professeurs de Montréal s’inquiète de la multiplication des risques de transmission du virus dans les écoles. « C’est certain qu’on a envie que tout revienne à la normale, dit sa présidente, Catherine Beauvais-St-Pierre. Mais si on recommence le parascolaire, est-ce que la fameuse bulle-classe sera respectée ? Probablement pas. Ça crée une occasion de plus de se contaminer et de transmettre le virus. »

Le président du Syndicat de Champlain, Éric Gingras, a tout de même « bon espoir » de trouver des solutions pour relancer ces activités. Les fédérations sportives ont déjà mis en place des plans de retour au jeu. « Il pourrait y avoir, par exemple, des jeux d’échecs en ligne [plutôt qu’en personne] », avance-t-il.

Devant l’incertitude actuelle, Karine Desserre-Pezé, elle, a décidé de lancer une activité « en format parascolaire » pour les 6 à 11 ans. Son organisme, C’est moi le chef, offrira prochainement des ateliers de cuisine en ligne et en direct. « On réalisera des recettes avec des légumes, des fruits et des légumineuses, au rythme de l’enfant, dit-elle. Les familles pourront les manger au souper ou les glisser dans la boîte à lunch du lendemain. »  

62 nouveaux cas au Québec

Québec a rapporté mardi 62 nouveaux cas de COVID-19 dans la province, portant le nombre total de personnes infectées à 61 803. Deux décès ont été signalés dans les 24 dernières heures, auxquels s’ajoute un décès survenu entre le 18 et le 23 août. De plus, un décès pour lequel on a pu démontrer qu’il n’était pas attribuable à la COVID-19 a été retiré de la compilation. Le nombre total de décès s’élève donc maintenant à 5746. Le nombre d’hospitalisations a augmenté de trois par rapport à la veille, pour un total de 118. Parmi celles-ci, 12 personnes se trouvent aux soins intensifs. On rapporte 125 218 cas confirmés de COVID-19 dans l’ensemble du Canada depuis le début de la pandémie. On déplore aussi 9082 décès.

La Presse canadienne


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