Le CSSDM met en place son école virtuelle

Cette école permettra aux enfants qui sont à risque de développer des complications graves s’ils contractent la COVID-19 d’obtenir un enseignement à distance.
Photo: iStock Cette école permettra aux enfants qui sont à risque de développer des complications graves s’ils contractent la COVID-19 d’obtenir un enseignement à distance.

Une école virtuelle qui fonctionnera comme une école régulière avec des groupes-classes, des enseignants attitrés et un directeur à sa tête devrait voir le jour après la fête du Travail au Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), a appris Le Devoir.

Cette école permettra aux enfants qui sont à risque de développer des complications graves s’ils contractent la COVID-19 d’obtenir un enseignement à distance.

Plutôt que de rassembler virtuellement dans chaque école les élèves ne pouvant être présents en classe, le CSSDM a donc plutôt fait le choix de créer de toutes pièces un nouvel établissement couvrant l’ensemble de son territoire, un modèle basé sur une expérience similaire ayant vu le jour au Centre de services scolaire des Hautes-Rivières.

« La mise en place de cette école, toujours en développement, nécessite non seulement de créer des groupes-classes du préscolaire à la cinquième secondaire, mais également de réaffecter ou de recruter du personnel », a mentionné dans un courriel Alain Perron, responsable des relations de presse au CSSDM. On ne sait pas encore combien d’élèves seront accueillis dans cette école virtuelle. Les enseignants qui ne pourront être présents en classe en raison d’une condition médicale devraient être mis à contribution. Quelque 420 enseignants du CDSDM ont obtenu cette exemption.

Le projet a été présenté jeudi à l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal (APPM). « C’est de la nouveauté, ça fait toujours un peu peur. Mais on est venu à la conclusion que ce sera la solution la plus équitable et gagnante pour tout le monde », a mentionné Catherine Beauvais-St-Pierre, présidente de l’APPM.

L’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES) appuie également le projet. « Beaucoup de centres de services vont sûrement se doter de ce type d’organisation », croit Hélène Bourdages, présidente de l’AMDES.

Mercredi, le conseil des ministres a adopté un décret visant à assurer des services éducatifs à distance à tous les élèves qui ne pourront être présents physiquement en classe en raison de leur état de santé ou de celui d’une personne avec laquelle ils résident. Un nombre minimal d’heures d’enseignement, oscillant entre 10,5 heures et 15 heures, selon le cycle d’études, a également été établi. Pour se prévaloir de cet enseignement à distance, un certificat médical devra être obtenu par l’élève.

Un défi pour les enseignants

Depuis le printemps dernier, l’enseignement à distance n’est plus une totale inconnue pour les enseignants qui ont dû l’apprivoiser à la hâte. Mais un accompagnement avec des conseillers pédagogiques sera essentiel pour que cette nouvelle expérience soit couronnée de succès, estime Catherine Beauvais-St-Pierre.

« Au-delà d’être capable de se servir de la technologie, il y a une façon d’enseigner qui est différente. On va s’assurer qu’il y aura suffisamment d’accompagnement et aussi du matériel pédagogique adapté disponible. C’est ça qui prenait du temps au printemps », fait-elle valoir.

Le fait que l’ensemble des enseignants qui feront le virage en ligne seront rassemblés au sein d’un même établissement facilitera la résolution de problèmes et le partage des connaissances, croit la présidente de l’APPM. « Ce sera aussi tout un défi pour les enseignants de créer des liens avec des enfants qu’ils n’auront jamais rencontrés. »

À quelques jours de la rentrée virtuelle, bien des morceaux du casse-tête restent encore à être mis en place. « Ce sera une rentrée compliquée pour tous les enseignants du Québec, rappelle Hélène Bourdages. On aura tous besoin d’être indulgents. »

 

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