Les syndicats d’enseignants interpellent la ministre McCann

Le silence de la ministre Danielle McCann depuis sa nomination à l'Enseignement supérieur est «inacceptable» pour les syndicats d'enseignants.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le silence de la ministre Danielle McCann depuis sa nomination à l'Enseignement supérieur est «inacceptable» pour les syndicats d'enseignants.

Les syndicats d’enseignants de cégep et d’université lancent un cri du cœur, à moins de deux semaines de la rentrée d’automne : le réseau de l’enseignement supérieur attend désespérément un signal de la ministre Danielle McCann, qui n’a pas donné signe de vie depuis sa nomination il y a deux mois.

« On ne veut pas revivre une session comme celle du printemps, mais la rentrée semble improvisée. Ça suscite de l’inquiétude, et je dirais même de l’exaspération », dit Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN).

« La ministre n’a pas dit mot depuis sa nomination. C’est inacceptable. Ça lance un message qui est loin d’être positif. Comme entrée en matière, c’est raté », ajoute-t-elle.

Le réseau a besoin d’être rassuré, ajoute Lucie Piché, présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ). « C’est comme si on s’en allait sur un bateau sans capitaine, dit-elle. On vit une rentrée hors norme. On a besoin de savoir que la ministre est là pour nous épauler. »

Des questions importantes restent sans réponse à la veille de la rentrée scolaire, soulignent les syndicats dans des lettres ouvertes diffusées mercredi. Le degré de préparation — et de communication avec le personnel et les étudiants — semble varier d’un établissement à l’autre.

« Il est minuit moins une : si j’enseigne demain matin et qu’un étudiant me dit qu’il a eu un test positif à la COVID, doit-on faire tester tout le groupe ? Qui est averti ? On ne le sait pas », explique Lucie Piché. Le réseau de l’enseignement supérieur a besoin de balises claires comme celles mises en place dans les écoles primaires et secondaires par le ministre Jean-François Roberge, selon elle.

Les disparités importantes entre établissements et entre disciplines au sujet de l’enseignement à distance soulèvent aussi des questions. La consigne générale d’offrir « le plus possible d’enseignement en présence » — la proportion évoquée est d’au moins 30 % — semble suivie de façon aléatoire, notent les syndicats.

Les cours de formation générale comme le français et la philosophie, ainsi que les sciences humaines, sont offerts majoritairement à distance. « On craint beaucoup pour la persévérance scolaire. Ce sont des matières complexes, ça prend des mesures pour encadrer les étudiants », dit Lucie Piché.

« Quand elle était à la Santé, la ministre McCann a dit que la pandémie allait changer à jamais notre façon de travailler en santé, parce qu’on peut consulter un médecin en ligne. Nous on n’adhère pas à ça pour l’enseignement. On ne dénigre pas la formation à distance, mais il faut que ce soit planifié et que la pédagogie soit pensée. Ce n’est pas en temps de pandémie qu’on doit transformer l’enseignement », affirme Caroline Quesnel.

Le bureau de la ministre McCann a décliné nos demandes d’entrevue. On indique que la ministre se prépare pour l’étude des crédits à l’Assemblée nationale, mercredi soir.


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