Pétition contre les «bulles» dans les écoles

Selon l'instigateur de la pétition, les bulles exigées par Québec apparaissent comme une «utopie» qui sera «non applicable dans [le] quotidien et portera préjudice [aux] élèves».
Photo: Franck Fife Agence France-Presse Selon l'instigateur de la pétition, les bulles exigées par Québec apparaissent comme une «utopie» qui sera «non applicable dans [le] quotidien et portera préjudice [aux] élèves».

Un père et enseignant de Laval en a contre les « bulles » que Québec souhaite faire respecter aux élèves à la rentrée : il interpelle le ministre de l’Éducation afin de lui soumettre une série d’idées qu’il a eues afin que la rentrée scolaire ne brime pas les élèves dans leur socialisation.

Simon Landry a écrit au ministre Jean-François Roberge mardi et lancé, la même journée, une pétition réclamant la création d’un comité de travail entre le ministère, la Santé publique, des enseignants et des directeurs d’école. Son but ? « Trouver un compromis qui ne brimera pas le développement de nos jeunes et assurera une année scolaire sécuritaire et harmonieuse pour tous. »

L’enseignant au secondaire et père de deux fillettes attendait encore vendredi une réponse du ministre. Entre-temps, sa pétition avait cumulé un peu plus de 1200 signatures.

« On a huit semaines devant nous pour faire un vrai plan de match et nous préparer convenablement », lance-t-il.

Simon Landry a imaginé une série de mesures qui pourraient être mises en place dans les écoles. « Il faut faire l’achat massif de masques pour les déplacements dans les aires communes des élèves, réorganiser nos écoles avec des stations pour le lavage des mains et transformer nos gymnases et agoras en multiples petites cafétérias », propose-t-il.

Ces solutions lui apparaissent plus réalistes que celle des « bulles » exigées par Québec. Elles permettent aussi, selon lui, de contourner les problèmes qu’entraînera le maintien des élèves du secondaire dans un même local toute la journée.

« Moi, je sors du local pour aller au prochain cours. Qui surveille les élèves pendant que je change de local ? C’est utopique de penser que les élèves vont rester assis sagement », dit-il. Et dès la fin des classes, les élèves « vont se ramasser au parc à se faire des câlins, se tirer les oreilles », ajoute-t-il.

 

Des « miniprisons »

Le choix des « bulles » retenu par Québec revient à imposer « des miniprisons invisibles » aux élèves, ajoute sa conjointe, Véronique Groleau. Cette gastro-entérologue pédiatre au CHU Sainte-Justine a tout récemment lancé, avec des collègues médecins, un mouvement demandant l’assouplissement des mesures de distanciation pour les enfants de 12 ans et moins dans les écoles, les garderies et les camps de jour.

Québec a annoncé la fin de la distanciation en garderie le 18 juin, mais il va de l’avant avec sa volonté d’imposer des « bulles » de quatre à six élèves à l’intérieur des groupes-classes dans les écoles.

« Notre message, ce n’est pas d’être contre la distanciation. La distanciation entre adultes est primordiale et je crois au port du masque », tient à souligner la Dre Groleau. « Ce qu’on dit, c’est que le virus est peu dangereux pour les enfants. Quand ils l’ont, ils n’ont pas de symptômes ou des symptômes légers. Et ils sont de mauvais vecteurs ; ils ne transmettent pratiquement pas la maladie. »

Dans ce contexte, les bulles apparaissent comme une « utopie » qui sera « non applicable dans [le] quotidien et portera préjudice à nos élèves », écrit M. Landry dans sa pétition. « La socialisation est si importante pour nos jeunes, il semble irréel de leur imposer quatre contacts étroits avec interdiction d’y déroger ! Même en jouant aux policiers, les membres du personnel scolaire ne pourront JAMAIS empêcher les adolescents de s’approcher de leurs amis ! » poursuit-il.

Sa conjointe enchaîne : « Ça les brime dans leur socialisation et j’ai de la misère à envisager que ça ne puisse pas entraver le développement normal d’un enfant si c’est appliqué à long terme. »

Simon Landry a choisi de ne pas inclure les syndicats d’enseignants dans sa démarche, puisqu’« ils ont tendance à s’opposer systématiquement à tout ce qui est annoncé », à son avis.

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