Retour à l’école à l’intérieur de bulles

La réouverture des écoles primaires hors de la grande région de Montréal, depuis le 11 mai, démontre que les écoles peuvent accueillir élèves et membres du personnel en relative sécurité, estime la Santé publique.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir La réouverture des écoles primaires hors de la grande région de Montréal, depuis le 11 mai, démontre que les écoles peuvent accueillir élèves et membres du personnel en relative sécurité, estime la Santé publique.

Le gouvernement Legault prépare une rentrée scolaire en présence pour les élèves du préscolaire, du primaire et pour les plus jeunes du secondaire — un scénario jugé idéal, mais peu probable le mois dernier. Il est cependant possible qu’une partie de l’enseignement se fasse à distance pour les élèves de quatrième et de cinquième secondaire.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, doit annoncer mardi son scénario privilégié pour la rentrée scolaire de l’automne. Cette annonce est attendue avec impatience par les élèves, les parents et le personnel scolaire, après trois mois de crise due à la pandémie.

Il est déjà acquis que les élèves de 16 ans et moins pourront se rapprocher à un mètre de distance les uns des autres, à partir du 22 juin, plutôt que de deux mètres, ont confirmé lundi des représentants de la Santé publique. La réouverture des écoles primaires hors de la grande région de Montréal, depuis le 11 mai, démontre que les écoles peuvent accueillir élèves et membres du personnel en relative sécurité, estime la Santé publique.

« Dans la plupart des endroits, les étudiants pourront être présents en classe à temps plein, c’est très important pour l’apprentissage », a indiqué le Dr Richard Massé, conseiller médical à la Direction générale de la santé publique. Il y aura néanmoins des « différences » dans les mouvements des groupes et à l’intérieur des groupes, a précisé le Dr Massé lors d’un point de presse.

La Santé publique et le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) ont convenu d’instaurer des « bulles » de quatre, cinq ou six élèves à l’intérieur des groupes, pour limiter les risques de propagation du virus. La création de ces groupes fermés « permettra de diminuer la distanciation » entre ces élèves, a indiqué le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique.

« Entre eux, les enfants en milieu scolaire pourront être à un mètre de distance ou moins à l’intérieur d’une même bulle, mais on continue à demander une distance de deux mètres avec les adultes », a-t-il précisé.

Moins de distance, plus d’espace

« C’est une bonne nouvelle qu’il n’y ait plus une distance de deux mètres entre les élèves. On va pouvoir rentrer tous les élèves du préscolaire et du primaire dans les écoles », dit Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire.

Des acteurs du réseau scolaire ayant été informés des intentions du MEES indiquent que les élèves de première, de deuxième et de troisième secondaire iront aussi en classe. Il est cependant possible que l’enseignement se fasse de façon hybride — en présence et à distance — pour les grands de quatrième et de cinquième secondaire, suivant la situation des infections dans chacune des régions, indiquent nos sources.

« Il va y avoir du présentiel au secondaire, probablement avec des distinctions selon les niveaux et les réalités locales. On sait que l’enseignement en présence est mieux pour les milieux défavorisés », dit Hélène Bourdages.

Entre eux, les enfants en milieu scolaire pourront être à un mètre de distance ou moins à l’intérieur d’une même bulle, mais on continue à demander une distance de deux mètres avec les adultes

 

Les élèves du secondaire resteront autant que possible dans le même local. Ce sont les professeurs qui changeront de classe pour venir enseigner aux élèves. Il est possible que cette restriction sur les déplacements des élèves du secondaire limite les possibilités de cours optionnels, indiquent nos sources. Dans le réseau, on craignait aussi les rassemblements d’élèves du secondaire sur l’heure du midi.

Ces craintes diminuent avec l’assouplissement des mesures de distanciation annoncé lundi : les rassemblements de 50 personnes et moins dans les établissements scolaires et d’autres lieux publics seront désormais permis, avec une distanciation d’un mètre et demi entre chaque personne (un mètre pour les 16 ans et moins).

Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement, a dit être étonné par le scénario évoqué lundi par la Santé publique et par le MEES. « On nous a présenté le scénario dont on n’avait jamais entendu parler : un retour de tous les élèves, où on voit apparaître l’idée de bulles à l’intérieur des classes », dit-il.

« On nous présente ça comme un retour à la normale, mais ce sera normal jusqu’à ce que les enfants mettent le pied à l’école », dit-il. Le chef syndical dit avoir hâte de voir le plan de reconfinement du gouvernement en cas de deuxième vague, jugée possible par les experts de la Santé publique.

Avec Isabelle Paré

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