Une demi-classe par jour, prônent les professeurs

La Direction générale de santé publique a beau réfléchir à un assouplissement de la consigne de distanciation de deux mètres en vue de la rentrée scolaire de l’automne, les enseignants préféreraient maintenir une bonne distance entre tout le monde dans les écoles primaires et secondaires.

Les deux grands syndicats d’enseignants proposent l’enseignement en demi-groupe, avec la présence d’une moitié du groupe une journée et de l’autre moitié le lendemain, pour la prochaine année scolaire. L’idée de revenir à un enseignement en classe pour tous les élèves en même temps leur paraît « idéale » dans un monde sans pandémie, mais « irréaliste » compte tenu des risques d’une deuxième vague d’infections au cours des prochaines semaines.

« Il nous apparaît irréaliste que ce scénario [d’une rentrée à 100 %] puisse être autorisé par la santé publique en ayant à l’esprit que la santé doit primer sur les modalités d’organisation scolaire », indique la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ).

L’enseignement en demi-groupe avec un horaire alterné d’une journée à l’autre permettrait de libérer de l’espace pour assurer la distance de deux mètres entre élèves et membres du personnel, souligne la FSE. Le syndicat va plus loin en proposant des services éducatifs pour les élèves du préscolaire et du primaire lorsqu’ils ne sont pas en classe.

« L’alternance d’une journée de classe et d’une journée en services de garde intégrant des activités éducatives (artistiques, sportives, culturelles, etc.) dans d’autres lieux que l’école est nécessaire pour soutenir les apprentissages des enfants tout en soulageant les parents qui travaillent », fait valoir la FSE dans un document transmis la semaine dernière au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Les élèves du secondaire, eux, poursuivraient leurs études à partir de la maison une journée sur deux.

Le ministère doit dévoiler au cours des prochains jours le scénario qu’il privilégie pour la rentrée scolaire. Les trois hypothèses soumises aux acteurs du réseau prévoient la présence en classe de 30 %, de 50 % ou de 100 % des élèves. Le gouvernement suivra les recommandations de la Santé publique, a indiqué le premier ministre, François Legault.

Réflexion sur la distanciation

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a évoqué de possibles assouplissements à la règle de distanciation dans les écoles en vue de l’année scolaire 2020-2021. « […] il réfère à des adaptations possibles de mesures sanitaires en place afin de favoriser le retour du plus grand nombre d’enfants [en service de garde] ou à l’école. Il est beaucoup trop tôt pour s’avancer sur des mesures concrètes, mais il est clair que la réflexion est amorcée au sein de la Direction générale de santé publique », a indiqué au Devoir Robert Maranda, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux.

« Je ne dis pas non à assouplir la règle du deux mètres, mais si ce n’est plus deux mètres, on veut savoir pourquoi », a réagi Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement.

Le Dr Arruda a évoqué un début de réponse : il a rappelé que les enfants sont moins à risque de contracter une infection sévère au coronavirus.

À voir en vidéo

À voir en vidéo