Au moins 30 % d’étudiants dans les cégeps et les universités pour la rentrée automnale

Les finissants du secondaire qui feront leur entrée au cégep courent un risque particulier de «désaffection», après plus de cinq mois sans avoir mis les pieds dans une salle de classe.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les finissants du secondaire qui feront leur entrée au cégep courent un risque particulier de «désaffection», après plus de cinq mois sans avoir mis les pieds dans une salle de classe.

Le gouvernement Legault ordonne aux cégeps et aux universités de se préparer à accueillir au moins 30 % d’étudiants sur les campus lors de la rentrée de l’automne.

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) a fait parvenir mardi au réseau trois scénarios en vue de la session d’automne. Un scénario prévoit la présence de la moitié des étudiants en même temps sur les campus.

L’autre scénario évoque entre 30 % et 35 % des étudiants à la fois en présence, et le troisième scénario prévoit un enseignement en classe, comme avant la pandémie.

Au cabinet du ministre Jean-François Roberge, on indique que ces scénarios répondent aux observations du réseau, qui a évoqué des craintes pour le décrochage scolaire si l’enseignement était offert presque exclusivement à distance.

Ces scénarios seront soumis à l’analyse de la Santé publique, qui aura comme toujours le dernier mot, indique le ministère. Le document du MEES formule des réserves quant à la possibilité d’un quasi-retour à la normale, avec un enseignement en présence : ce scénario favorise l’encadrement pédagogique, mais « augmente le risque de propagation du virus en raison de la présence en grand nombre des étudiants et met grandement à risque la continuité des services en cas de deuxième vague ».

Les scénarios d’enseignement en mode hybride prévoient que les étudiants seraient parfois en classe et le reste du temps à distance, selon une formule qu’il reste à déterminer.

Les cégeps ont réagi sans grande surprise. Bien que ceux de Montréal prévoyaient une session d’automne principalement à distance, les collèges« travaillaient déjà sur un scénario de reprise […] en formule hybride, c’est-à-dire par de la formation à distance avec un certain nombre d’étudiants présents sur les lieux des campus », a indiqué au Devoir la Fédération des cégeps.

Les établissements prévoyaient déjà un accueil en personne pour les nouveaux étudiants provenant du secondaire ainsi que pour les étudiants qui devront avoir accès aux laboratoires et au matériel spécialisé.

« Chaque cégep ayant une architecture, des aménagements de locaux et des programmes différents, les consignes pourraient varier d’un établissement à l’autre, toujours dans le respect des mesures sanitaires appropriées pour les membres du personnel et pour les étudiants », a précisé la Fédération des cégeps.

Craintes de décrochage

Dans sa directive, le MEES demande aux cégeps et aux universités de « porter une attention particulière à certains groupes », comme les étudiants en situation de handicap, en fin de parcours, en stage, nouvellement admis et qui effectuent une transition, qui vivent de l’anxiété, ou qui ont des contraintes technologiques ou matérielles.

Les cégeps et les universités craignaient un décrochage important des étudiants à la session d’automne si l’enseignement avait été offert presque exclusivement à distance, comme il était d’abord prévu.

L’enseignement en ligne risque de nuire à la motivation des étudiants, estiment plusieurs acteurs du milieu de l’enseignement supérieur. Ils soupçonnent qu’un nombre considérable d’étudiants auront un emploi et auraient hésité à retourner sur les bancs d’école dans ces conditions.

Les nouveaux collégiens

Les finissants du secondaire qui feront leur entrée au cégep courent un risque particulier de « désaffection », après plus de cinq mois sans avoir mis les pieds dans une salle de classe. Des discussions en cours dans le réseau prévoient une ou deux semaines au début de la session d’automne pour accueillir ces nouveaux collégiens — en personne, dans les établissements —, leur faire rencontrer leurs enseignants et se familiariser avec la technologie, si la Santé publique l’autorise.

« Les étudiants ont besoin de rencontrer leurs profs et les autres étudiants de leur groupe en début de session pour créer un lien de confiance. La vie étudiante sur le campus est aussi très importante pour la motivation et le sentiment d’appartenance », dit Philippe Clément, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec.