Sprint final avant la rentrée scolaire de lundi

Les commissions scolaires doivent fournir notamment des masques de procédure et une protection oculaire aux enseignants du préscolaire où des autres milieux où la règle des deux mètres ne peut pas être respectée.
Photo: Catherine Legault Le Devoir Les commissions scolaires doivent fournir notamment des masques de procédure et une protection oculaire aux enseignants du préscolaire où des autres milieux où la règle des deux mètres ne peut pas être respectée.

À l’approche de la rentrée lundi, le réseau de l’éducation mène une véritable course contre la montre pour livrer le matériel de protection contre la COVID-19 à temps dans les écoles et garderies.

Christine Charbonneau a reçu vendredi l’équipement de protection pour sa garderie en milieu familial. « Quelqu’un est allé le chercher pour moi au bureau coordonnateur cet après-midi. La seule chose que j’ai reçue, c’est une visière et un masque », résume la résidente de Valleyfield.

Mme Charbonneau est perplexe parce que les éducatrices doivent normalement changer de masque toutes les trois heures. « La journée ne sera pas longue… » ironise-t-elle.

Tout doit rentrer dans l’ordre d’ici lundi, assure la présidente du Conseil québécois des services éducatifs qui coordonne la distribution, Francine Lessard. « Il y a des quantités qui n’étaient pas suffisantes qui vont être livrées samedi et dimanche. »

« C’est quand même une opération d’envergure, souligne-t-elle. D’ici à dimanche soir, on compte livrer 50 000 visières et un million de masques auprès de 100 points de chute différents. »

Tout ce matériel est fourni gratuitement par les ministères de la Famille et de l’Éducation. Les éducatrices en garderie ont toutes droit à des masques de procédure et à une protection oculaire parce qu’il est impossible de respecter la règle des deux mètres auprès des petits. La même règle s’applique en maternelle et dans des groupes particuliers, comme ceux composés d’enfants handicapés.

Pour le reste, chaque école a l’obligation d’avoir sur place une trousse d’urgence au cas où quelqu’un dans l’école manifeste des symptômes du virus. Les masques ne sont pas fournis systématiquement à tout le personnel, mais ceux qui en ont fait la demande y ont droit.

Les écoles primaires en attente

En milieu scolaire, les livraisons se faisaient aussi à la toute dernière minute vendredi.

« Il manque encore beaucoup d’équipement », déplorait vendredi après-midi Annie-Christine Tardif, présidente du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec (SREQ), qui représente les professeurs des commissions scolaires de la Capitale et des Premières-Seigneuries.

Pas moins de 45 % des écoles n’avaient pas reçu tout leur matériel, selon un sondage mené par le syndicat jeudi et vendredi.

« Pour plusieurs, les masques de protection oculaire ne sont pas encore rentrés. On nous dit aussi qu’il manque beaucoup de désinfectant, des masques pour ceux qui en ont demandé, et les écoles n’ont pas toutes leur trousse d’urgence », ajoute Mme Tardif.

Du côté des commissions scolaires, on affirmait vendredi que tout rentrait dans l’ordre. « Le matériel a été distribué aujourd’hui », a expliqué vendredi en fin de journée Martine Chouinard, directrice des communications à la Commission scolaire des Premières-Seigneuries. « Je suis justement en rencontre pour peaufiner et voir s’il y a des ajustements à faire. Il nous reste encore deux jours. »

Du côté de la Commission scolaire de la Capitale (CSC) également on se montrait rassurant à cet égard vendredi. « Le matériel qui reste à distribuer dans les écoles sera distribué en fin de semaine », a affirmé la porte-parole, Véronique Gingras.

Les retards dans la livraison se produisent un peu partout dans le réseau, selon Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE). « Si une direction d’école sait qu’elle n’y arrivera pas lundi matin, j’ose espérer qu’elle va le dire au ministère ce soir ou demain matin, a-t-elle soutenu vendredi en fin d’après-midi. Il faut s’assurer que toutes nos écoles soient sécuritaires lundi matin. »

En petite enfance, le Conseil québécois des services éducatifs promet que les services n’auront pas à ouvrir si les gens n’ont pas tous le matériel d’ici dimanche soir.

En attendant ses masques manquants, Mme Charbonneau trouve la situation un peu absurde. Sa garderie roule depuis des semaines comme service d’urgence sans qu’on lui ait demandé de porter un masque ou des lunettes de protection. Et voilà que pour le même service, on juge nécessaire qu’elle se protège. « On vit beaucoup d’anxiété parce qu’à chaque jour, ça change. On n’est jamais sûrs de rien. »

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