Virage à grande vitesse à HEC Montréal

André Lavoie Collaboration spéciale
«On a effectué en deux semaines des virages que l’on croyait accomplir en trois ans», affirme Jacques Robert, directeur de l’innovation et du développement pédagogique de HEC Montréal. 
Photo: HEC Montréal «On a effectué en deux semaines des virages que l’on croyait accomplir en trois ans», affirme Jacques Robert, directeur de l’innovation et du développement pédagogique de HEC Montréal. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Apprendre à distance

En temps normal, 700 cours en ligne sont offerts aux étudiants de HEC Montréal. Or, la fermeture brutale de tous les établissements scolaires à la mi-mars fut l’équivalent « du ciel qui nous tombait sur la tête », selon Jacques Robert, directeur de l’innovation et du développement pédagogique de cette institution affiliée à l’Université de Montréal.

Pour cet ardent défenseur de la formation à distance, cette crise, si grave soit-elle, apparaît comme une occasion de changer les choses. « On a effectué en deux semaines des virages que l’on croyait accomplir en trois ans », affirme celui qui reconnaît qu’il a fallu « se serrer les coudes » pour sauver la session d’hiver.

Cette transition apporte son lot de questions, et pas que sur le plan technologique. Les professeurs doivent ainsi apprendre non pas à « donner » leurs cours, mais « à les scénariser ». « Vous trouvez ça mortel un cours de trois heures avec des [présentations] PowerPoint ? C’est encore pire en ligne ! » lance Jacques Robert, qui insiste sur l’importance de moduler les contenus, d’offrir une diversité d’activités et « de tenir compte du besoin de socialisation des étudiants ».

Jacques Robert sait qu’il doit convertir quelques « dinosaures », mais il compte à la fois sur « la grande résilience de l’institution », « une technologie toujours plus performante » et une adaptation inévitable face à une réalité sans cesse changeante. « Tous les cours de la session d’été seront donnés exclusivement en ligne », dit celui qui prépare déjà la rentrée d’automne. Et avec une certaine fébrilité, à cause de son caractère imprévisible…