Jean-François Roberge assure qu’il n’improvise pas

Le ministre Roberge a insisté sur la «subsidiarité» des écoles, qui pourront elles-mêmes décider de quelle façon elles aménageront les classes ou à quels enseignants elles feront appel.
Photo: Catherine Legault Le Devoir Le ministre Roberge a insisté sur la «subsidiarité» des écoles, qui pourront elles-mêmes décider de quelle façon elles aménageront les classes ou à quels enseignants elles feront appel.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est défendu jeudi de faire de « l’improvisation » au sujet du calendrier de réouverture des écoles, qu’il n’entend pas réaménager malgré les pressions de l’opposition et du milieu scolaire.

« Moi, je n’appellerais pas ça improviser. Quand on a décidé d’aller sur la Lune, la fusée n’était pas construite encore, et on a décidé d’aller sur la Lune », a-t-il lancé après avoir affronté un barrage de questions de la part d’élus de l’opposition.

Il a refusé net la proposition de la députée libérale Marwah Rizqy, qui lui a demandé de retarder l’ouverture des écoles dans la région montréalaise après le 19 mai. « Je ne pense pas que ce soit quelque chose qui est possible. » « Il n’est pas prévu de changer le calendrier », a-t-il répété.

 

Même réponse aux centres de services scolaires, qui pourraient exiger un report du calendrier en raison d’inquiétudes liées à la santé des enseignants ou des élèves. « Le calendrier qu’on a déposé […], c’est un calendrier qui est réaliste et on ne pense pas y déroger », a-t-il indiqué.

Il s’est cependant dit disposé à « retarder une réouverture » si « la Santé publique » le réclame. En revanche, si tout se passe bien dans les écoles, Québec pourrait permettre aux camps de jour d’ouvrir à la fin de juin ou au début du mois de juillet.

De la latitude aux écoles

Le ministre Roberge a aussi insisté sur la « subsidiarité » des écoles, qui pourront elles-mêmes décider de quelle façon elles aménageront les classes ou à quels enseignants elles feront appel, parmi les finissants au baccalauréat ou leurs collègues du secondaire. Par contre, ces écoles ne pourront ouvrir à temps partiel ou réaménager l’horaire à temps plein pour faciliter la logistique, a-t-il précisé.

« C’est plaider des deux côtés de la bouche, a déclaré Marwah Rizqy. On ne peut pas, quand ça nous convient, parler de subsidiarité des écoles et d’autre part, lorsqu’on a un enjeu de santé publique, dire : “Non, arrangez-vous, les écoles.” »

À son avis, Jean-François Roberge « rejette sa responsabilité dans la cour des écoles, des enseignants et du personnel administratif ».

Sa collègue de Québec solidaire Christine Labrie a fait le même constat. « Non seulement il se déresponsabilise totalement de la mise en œuvre de la réouverture des écoles, mais en plus, il est complètement déconnecté du réel », a-t-elle dit. « Il a annoncé, cette semaine, pas un plan, mais bien un calendrier » de réouverture, qu’il « remet totalement entre les mains des centres de service et des équipes-écoles », a-t-elle ajouté.

« J’ai le sentiment que le ministre se lave les mains du plus gros défi qu’est celui du réseau scolaire », a ajouté Véronique Hivon, du Parti québécois. Elle a dit trouver « surprenant » que le ministre n’ait pas demandé aux écoles de préparer un scénario de réouverture plus tôt, puisque « le gouvernement n’arrive pas avec un plan, ni vraiment un encadrement ».

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