Un retour à l’école, plusieurs questions

L’annonce du retour à l’école a généré de nombreuses questions chez les parents, les syndicats et les enseignants — qui ont tous été convoqués au travail le 4 mai dans un courriel transmis par Québec lundi soir. Après des discussions avec ceux-ci, Le Devoir a soumis leurs questions mardi au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. Voici les réponses de son attaché de presse, Francis Bouchard.

Le président de la Fédération autonome de l’enseignement, Sylvain Mallette, est catégorique : ses membres ne retourneront pas en classe à moins d’être protégés par des visières, des masques et des gants. Il demande à Québec de payer pour cet équipement de protection. Est-ce envisageable ?

« À ce moment-ci, le port du masque n’est pas une recommandation [de la Santé publique] », répond M. Bouchard. L’équipement ne sera donc pas fourni aux enseignants, « sauf dans des cas particuliers, comme des classes ayant des élèves éprouvant de grandes difficultés d’apprentissage ou d’adaptation ». Si la recommandation de la Santé publique change, « nous la suivrons évidemment », assure-t-il.

Des enseignants s’interrogent sur la tâche qui les attend : que devront-ils enseigner aux élèves qui se présenteront en classe ?

« Le choix a été fait, pour les semaines qui resteront au calendrier scolaire, de prioriser le maintien des acquis et l’apprentissage de nouvelles notions pour les matières à sanction », résume M. Bouchard.

Le ministère souhaite que les enseignants misent sur « la consolidation des acquis » et « l’apprentissage des savoirs essentiels » en vue du passage au niveau scolaire suivant. Quant aux élèves qui resteront à la maison, « un plan de travail et des activités leur seront envoyés chaque semaine », écrit l’attaché de presse, sans préciser qui procédera à ces envois.

De quelle manière les enseignants choisiront-ils les 15 élèves qui resteront dans leur classe ? Et où enverront-ils les autres ?

« Nous faisons confiance aux équipes des écoles pour déterminer la répartition des élèves. Ils connaissent les élèves mieux que quiconque », affirme M. Bouchard. Les commissions scolaires pourraient ainsi regrouper les élèves selon leur groupe habituel, par classes, par cycles ou par groupes multiniveaux.

Pourquoi ne pas avoir annoncé un retour en classe à demi-temps, ou avec une rotation des élèves ?

« D’un point de vue de santé publique, cela aurait créé des risques supplémentaires étant donné que les classes auraient été utilisées par des élèves de classes différentes », estime M. Bouchard. D’un point de vue pédagogique, les élèves auraient bénéficié de « 50 % moins de jours de classe », ajoute-t-il.

Des enseignants craignent de ne pouvoir faire respecter les mesures d’éloignement physique dans les cours d’éducation physique ou de musique, où les élèves s’échangent des instruments. Ces cours seront-ils maintenus ?

Non. « L’ensemble des espaces communs non essentiels sera fermé dans les écoles, ce qui inclut les gymnases », dit M. Bouchard, en ajoutant qu'« on va s’assurer que nos jeunes puissent bouger à l’école ».

La Fédération des transporteurs par autobus s’inquiète pour ses chauffeurs, dont la moitié ont plus de 60 ans et le cinquième, plus de 70 ans. Son président-directeur général note au passage que les « plexiglas » suggérés par le ministre Roberge pour protéger les conducteurs pourraient être dangereux, puisqu’ils risquent d’éclater en cas d’impact. Comment les rassurer ?

« Le transport scolaire sera réduit au minimum pour les parents ne pouvant absolument pas assurer le transport de leurs élèves à l’école par eux-mêmes », révèle l’attaché de presse. Des moyens de protection sont envisagés pour les chauffeurs, ajoute-t-il, sans donner davantage de précisions.

Les enseignants et les enfants qui ne voudront pas se présenter à l’école devront-ils obtenir des billets de médecin pour justifier leurs absences ?

Québec n’entend pas demander de telles preuves pour les élèves et les enseignants, sauf dans les cas « où un centre de services aurait un doute sur le motif donné par un membre du personnel », répond M. Bouchard. « On fait confiance au personnel », ajoute-t-il néanmoins. Il n’est par ailleurs « pas question d’arrêter de payer » les enseignants « qui ne pourront pas se présenter à l’école en raison d’une condition médicale ».

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