Le retour à l’école est jugé nécessaire

Après cinq semaines de confinement, les enfants et les adolescents commencent à déprimer.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Après cinq semaines de confinement, les enfants et les adolescents commencent à déprimer.

Les pédiatres affirment que le retour graduel à l’école est « nécessaire » pour la santé physique et mentale des élèves. Les parents doivent même accepter ce qui semblait jusqu’à récemment impensable : leurs enfants seront sans doute infectés au coronavirus, sans danger pour leur vie.

« La communauté scientifique s’entend sur un point : la COVID-19 n’est pas très dangereuse pour la très vaste majorité de la population pédiatrique. Les enfants sont donc confinés, essentiellement, pour protéger leurs grands-parents », indique l’Association des pédiatres du Québec dans une déclaration publiée jeudi.

La Dre Marie-Claude Roy, pédiatre au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), convient que le message peut être difficile à digérer pour les parents. Mais l’évolution de la courbe des infections au Québec — malgré la tragédie qui frappe les CHSLD — justifie le retour progressif à la vie normale, y compris la reprise des classes, dans les prochaines semaines.

« Ça fait des jours qu’on martèle aux parents qu’il faut avoir peur du virus. Il faut maintenant les convaincre que leurs enfants ne risquent pas de mourir en allant à l’école », dit-elle au Devoir.

 

Le premier ministre François Legault et le Dr Horacio Arruda ont rappelé jeudi que 97 % des personnes décédées d’une infection au coronavirus au Québec sont âgées de 60 ans et plus. Les pédiatres préviennent que les avantages d’une reprise des classes surpassent largement les dangers d’un maintien en confinement.

« Un retour progressif à la vraie vie pour nos enfants n’est pas seulement souhaitable, il est nécessaire », indique l’Association des pédiatres du Québec.

Les écoles et les services de garde sont un véritable filet de protection pour les jeunes, rappellent les pédiatres. Cette vie hors de la famille leur apporte non seulement l’éducation et la socialisation, mais aussi, souvent, un havre de paix loin d’un milieu malsain.

Ce n’est pas un hasard si le nombre de signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a baissé de façon importante depuis la fermeture des écoles et des centres de la petite enfance. Le personnel éducatif a l’expertise pour repérer et dénoncer les abus, rappellent les pédiatres.

Sans repère ni routine, loin de leurs amis, dans des familles accaparées par le télétravail, les enfants et les adolescents commencent à déprimer. Les longues journées passées devant un écran ont un impact sur la santé mentale des jeunes, notent les pédiatres.

Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), reconnaît les avantages de ramener les enfants à l’école — et leur faible risque de souffrir d’une infection. « Le problème, c’est qu’ils côtoient des adultes fragiles, dont leurs profs : 17 % de nos membres sont âgés de 55 ans et plus », souligne-t-il. Le plan de déconfinement doit à tout prix protéger les adultes vulnérables, affirme le chef syndical.

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