Des trousses pédagogiques expédiées à un million d’élèves

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge

Les écoles publiques du Québec passent cette semaine en « vitesse de croisière », estime le ministre Jean-François Roberge, avec l’envoi de trousses pédagogiques à près d’un million d’élèves du primaire et du secondaire. Les enseignants doivent aussi faire un suivi hebdomadaire pour proposer à leurs élèves du soutien et des exercices non obligatoires.

Télé-Québec diffusera aussi, à compter de la semaine prochaine, des émissions éducatives ainsi qu’un site Web offrant du contenu pédagogique destiné aux élèves du primaire et du secondaire. Une initiative de 3 millions de dollars commandée par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES).

« On atteint une belle vitesse de croisière. Je suis très confiant que, dès cette semaine, il y aura une belle continuité de service. On va pouvoir arrêter de parler du fameux écart entre le privé et le public », dit le ministre Roberge au Devoir.

On atteint une belle vitesse de croisière

 

« Tous les élèves [du primaire] vont se faire appeler au moins une fois par semaine par leur enseignant. Tous les membres de l’équipe-école, les orthopédagogues, les psychoéducatrices et les autres professionnels qui aident les élèves en difficulté sont aussi au rendez-vous pour les élèves », précise le ministre de l’Éducation.

L’Ontario en avance

Toutes ces mesures pédagogiques restent optionnelles. L’école à la maison n’est pas obligatoire. Le soutien aux élèves et l’offre de travaux scolaires varient d’un centre de services scolaires à l’autre, d’une école à l’autre et même d’une classe à l’autre.

Tout un contraste avec l’Ontario, où les élèves doivent consacrer entre cinq heures et quinze heures par semaine à leur apprentissage, note Égide Royer, psychologue et professeur associé à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.

« Le réseau des écoles publiques ontariennes offre le même niveau de service que les écoles privées du Québec », note-t-il.

« On fait face au même virus au Québec et en Ontario, mais j’ai l’impression que les élèves d’une province vont être plus prêts que ceux de l’autre. Il faut se préparer à une longue fermeture des écoles, peut-être même l’automne prochain », prévient M. Royer.

Sans comparer avec l’Ontario, la présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, Catherine Beauvais-St-Pierre, souligne que les élèves auront du rattrapage à faire lors de la prochaine année scolaire. Le syndicat est favorable aux mesures mises en place par Québec — trousse pédagogique, programmes éducatifs à Télé-Québec —, mais rappelle que toutes ces initiatives sont comme un « pansement » sur le réseau d’éducation.

« À cause de la crise du coronavirus, il va y avoir un trou dans les apprentissages des élèves, surtout les plus défavorisés ou ayant des difficultés. Il faut déjà penser à la façon de récupérer l’an prochain », dit Catherine Beauvais-St-Pierre.

Les trousses pédagogiques et la plateforme enclasse.telequebec.tv sont un « bon début » pour accompagner les élèves, estime Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ). Ces initiatives du MEES ont été bien accueillies dans le milieu de l’éducation. « L’important est de créer une structure, une habitude pour l’apprentissage des élèves. Il se passe de très belles choses à l’école publique », dit Mme Scalabrini.

La plateforme de Télé-Québec sera mise en ligne et diffusée à la télévision à compter de la semaine prochaine, du lundi au vendredi. Des émissions qui se veulent éducatives et ludiques seront diffusées de 10 h à midi pour les élèves du primaire, et de 15 h 30 à 17 h pour ceux du secondaire.

Des capsules mettent en vedette Passe-Partout seront aussi offertes trois fois par jour pour les tout-petits de 4 et 5 ans.