Québec songe à prêter les ordinateurs des écoles

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur compte offrir dans les prochains jours une plateforme en ligne pour permettre aux élèves d’étudier à distance.
Photo: Getty Images iStockphoto Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur compte offrir dans les prochains jours une plateforme en ligne pour permettre aux élèves d’étudier à distance.

Le gouvernement Legault envisage de sortir les ordinateurs des écoles publiques pour les prêter aux élèves en difficulté d’apprentissage ou issus d’une famille sans ressources financières.

Selon ce que Le Devoir a appris, cette hypothèse fait partie des discussions entre le réseau scolaire et le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). Ces prêts d’ordinateurs et de tablettes aideraient les élèves à faire leurs apprentissages à la maison pendant la fermeture des écoles due au coronavirus.

« L’idée est d’offrir les ordinateurs aux élèves qui en ont besoin. Ils seraient les premiers à être appelés », dit Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES).

Le cabinet du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a confirmé au Devoir que le gouvernement travaille sur cette possibilité. Les ordinateurs seraient remis aux parents lors de visites dans les écoles — pour aller chercher le matériel scolaire — qui auront lieu sur invitation seulement.

« La façon de faire sera élaborée en suivant les directives de la santé publique. On demande aux parents et aux élèves de ne pas vous rendre sur place dans les prochains jours, vous recevrez une invitation de l’école prochainement », indique le cabinet du ministre Roberge.

« On a beaucoup de portables dans nos écoles qui pourraient être beaucoup plus utiles dans les familles actuellement », précise Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE).

« La situation est exceptionnelle, on doit trouver des moyens exceptionnels pour aider les élèves », ajoute-t-il.

Risque de décrochage

Les directions d’écoles primaires et secondaires cherchent par tous les moyens à garder le contact avec leurs élèves, pour que ceux-ci restent motivés. Les écoles primaires et secondaires seront fermées au moins jusqu’au début du mois de mai, et peut-être plus longtemps, a annoncé dimanche le ministre Jean-François Roberge. Les examens ministériels de fin d’année sont annulés.

Le MEES compte offrir dans les prochains jours une plateforme en ligne pour permettre aux élèves d’étudier à distance. Les exercices seront optionnels, quoique recommandés, a expliqué le ministre. « Les profs connaissent leurs élèves par leur nom. Il faut leur écrire et leur dire : on ne t’oublie pas, on va se retrouver à l’école [après la crise du coronavirus] », dit Hélène Bourdages, de l’AMDES.

Sans un effort concerté de tous pour offrir du soutien pédagogique aux élèves, elle redoute « une augmentation phénoménale des cas de décrochage », surtout chez les élèves ayant des difficultés.

C’est pour cette raison que trois associations de directions d’école se sont associées à la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) : « Avec des directives claires, laissez-nous faire preuve de leadership pédagogique et mobiliser nos équipes pour réussir ce défi. Nous offrons de collaborer ensemble, écoles publiques et privées de tous milieux dans une mobilisation historique du système scolaire québécois pour le bien de nos enfants. Nous offrons de partager nos meilleures pratiques et nos plateformes pour qu’un enseignement à distance efficace puisse se réaliser », indique une lettre envoyée au MEES et au cabinet du premier ministre.

Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), est d’accord pour que le réseau public offre des activités pédagogiques aux élèves, mais de façon claire et ordonnée, pour éviter les inégalités entre élèves.


 
1 commentaire
  • Louis-Olivier Savard - Abonné 24 mars 2020 21 h 48

    Et Matériel scolaire de base?

    Avant de fournir le matériel informatiques aux élèves défavorisés, ne devrait-on pas laisser la grande majorité des élèves avoir accès à leurs manuels scolaires? Cette proposition du ministre Roberge est incohérante compte tenue que la grande majorité des élèves du réseau public n'ont plus accès ni à leur manuel ni à une ressource éducative, contrairement à ce qui se fait dans le réseau privé.
    Permettre l'accès aux équipement informatique à 10% alors que le 90% n'a pas un le matériel de base me semble être une erreur d'improvisation qui doit être corrigée au plus tôt. Les élèves sont prêt et disposé à travailler durant la période de quanrantaine, fournissont leur la possibilité de continuer leur apprentissage.

    Merci