Deux universités ferment leurs résidences étudiantes

Les résidences de l’Université de Montréal comptent 1200 studios.
Photo: François Pesant Les résidences de l’Université de Montréal comptent 1200 studios.

En raison de la pandémie du coronavirus, l’Université Concordia et l’Université de Montréal ont décidé de fermer leurs résidences étudiantes, estimant qu’il leur devenait difficile d’y assurer le respect des mesures de distanciation.

La nouvelle a semé l’émoi chez les étudiants de l’Université Concordia qui devront avoir quitté leur résidence au plus tard dimanche. Le délai est très serré. « Les mesures de distanciation sociale que tout le monde vise actuellement au Québec et ailleurs sont difficiles à maintenir dans les résidences, notamment avec des chambres et salles de bain partagées. Cette décision a été prise en pensant au bien-être de notre communauté », a indiqué par courriel Vannina Maestracci, porte-parole de l’Université Concordia.

Originaire de Seattle, aux États-Unis, Anna Justen fait face à un choix difficile. Si elle retourne chez elle, elle se retrouvera dans une ville américaine durement touchée par la COVID-19. « Mon père a des problèmes de santé pulmonaire et cardiaque. Je ne veux pas le mettre à risque », dit-elle. « Je pourrais rester à Montréal et demeurer chez mon copain, mais je ne sais pas si ce sera possible parce que son appartement est minuscule. »

Elle dit toutefois comprendre la décision de l’université. « On partage tous les salles de bain et la cuisine. Si quelqu’un a le virus, c’est sûr qu’il y a un risque qu’on l’ait tous. »

De son côté, Alaina Bush reproche à l’Université Concordia d’avoir annoncé la nouvelle aux étudiants sans donner de détails, ce qui a créé beaucoup d’angoisse.

Quand Le Devoir l’a jointe, elle était en route pour le Massachusetts où habitent ses parents. « La décision de rentrer aux États-Unis était difficile à prendre. Je ne voulais pas partir. J’ai l’impression que les risques sont plus grands chez moi, au Massachusetts, qu’au Québec. Mais sans logement je ne pourrais pas rester à Montréal. »

L’Université Concordia assure qu’elle s’occupera des étudiants qui ne peuvent partir. « Tous les étudiants qui ne peuvent rentrer chez eux auront des logements et des repas et cela inclut les étudiants étrangers qui ne peuvent partir pour des raisons de restrictions de voyage par exemple », a soutenu Vannina Maestracci.

La Fédération des associations étudiantes en arts et sciences (ASFA) a réclamé de la direction de l’université qu’elle suspende les expulsions : « C’est une situation très stressante, surtout pour les étudiants étrangers qui sont dépendants de la résidence étudiante ».

Les autres universités

Les occupants des résidences de l’Université de Montréal ont pour leur part appris la nouvelle jeudi après-midi. Ils devront trouver un autre gîte lundi. L’université a invoqué des motifs sanitaires. « Les résidents incapables de trouver un autre lieu de résidence seront pris en charge par notre équipe qui proposera des solutions alternatives », a souligné la porte-parole de l’Université de Montréal, Geneviève O’Meara. Selon elle toutefois, plusieurs étudiants ont quitté leur logement quand les cours ont été suspendus. Les résidences de l’Université de Montréal comptent 1200 studios.

D’autres institutions n’ont pas choisi cette voie. L’UQAM maintient ses résidences ouvertes, mais aucun invité n’est admis. Les mesures d’entretien ont été resserrées et les salons ont tous été fermés.

De son côté, l’Université Laval permet aux étudiants qui le désirent de demeurer en résidence « en respectant les principes de distanciation sociale en cuisine ou dans les lieux communs ». Les activités aux résidences de l’Université de Sherbrooke sont aussi maintenues.

L’Université McGill garde pour l’instant ses résidences ouvertes, mais encourage ses étudiants à envisager « sérieusement » de rentrer chez eux dès que possible s’ils peuvent le faire en toute sécurité.