Écoles et universités sur le qui-vive

À l’Université Stanford, près de San Francisco, un local d’étude est demeuré fermé aux étudiants, lundi. La direction de l’université américaine a annoncé que les cours seraient désormais donnés sur Internet pour le reste du trimestre après qu’un cas d’infection au coronavirus a été signalé par le personnel de la clinique du campus.
Photo: Philip Pacheco Getty Images/Agence France-Presse À l’Université Stanford, près de San Francisco, un local d’étude est demeuré fermé aux étudiants, lundi. La direction de l’université américaine a annoncé que les cours seraient désormais donnés sur Internet pour le reste du trimestre après qu’un cas d’infection au coronavirus a été signalé par le personnel de la clinique du campus.

Les écoles et les établissements d’enseignement supérieur sont sur le qui-vive pour prévenir les infections au coronavirus au Québec et ailleurs. Aux États-Unis, des maisons d’enseignement n’ont couru aucun risque : l’Université Columbia, à New York, a suspendu les cours pour deux jours, lundi et mardi, et « décourage fermement » tout rassemblement non essentiel de plus de 25 personnes.

L’établissement new-yorkais a pris ces mesures exceptionnelles après la mise en quarantaine d’un membre de la communauté universitaire qui a été exposé au coronavirus, sans être infecté par la COVID-19.

Les voyages à l’étranger organisés ou financés par l’université sont aussi suspendus jusqu’à nouvel ordre. L’état d’urgence a été déclaré dans l’État de New York.

L’Université Harvard limite aussi de façon importante les déplacements de ses étudiants et membres du personnel : les voyages scolaires à l’étranger sont interdits, de même que les déplacements non essentiels par avion (en lien avec les études) aux États-Unis. Même les voyages personnels font l’objet de mises en garde à Harvard. Ces déplacements sont « fortement découragés » à l’extérieur des États-Unis, et la « prudence extrême » est recommandée pour les séjours en territoire américain.

La prestigieuse université américaine demande aussi aux membres de sa communauté qui reviennent de Chine, de Corée du Sud, d’Iran, d’Italie ou du Venezuela de se placer en isolement durant 14 jours.

Les établissements d’enseignement québécois s’en tiennent généralement aux recommandations des autorités de santé publique, mais le collège Stanislas, qui a pignon sur rue à Montréal et à Québec, va plus loin : l’établissement privé a demandé aux élèves ayant séjourné au cours des derniers jours dans six pays et trois régions françaises à risque de rester à la maison durant 14 jours.

Les pays visés sont la Chine (Hong Kong et Macao compris), Singapour, la Corée du Sud, l’Iran, l’Italie et le Japon. En France, ce sont les communes de l’Oise, de la Balme en Haute-Savoie et du Morbihan qui sont visées.

Une quinzaine d’élèves sur environ 3000 sont restés chez eux lundi, a indiqué au Devoir Thomas Saène, proviseur et directeur général du collège.

« Il s’agit d’une mesure préventive, aucun élève n’a de symptôme de la maladie. Nous n’avons aucun stress particulier [en lien avec la COVID-19] », a-t-il précisé. Ces élèves en isolement obtiennent de l’aide pour poursuivre leurs études à distance. 

Au Nouveau-Brunswick

Des mesures similaires sont mises en place au Nouveau-Brunswick. 

Dans une note transmise lundi, le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, invite les enfants, les élèves, les membres du personnel, les bénévoles ainsi que tous leurs proches à rester à la maison pendant une période de 14 jours s’ils sont revenus d’un séjour à l’étranger après dimanche dernier. Le ministre annonce du même coup que tous les voyages internationaux liés à l’école sont annulés pour le reste de l’année scolaire.

Sur les réseaux sociaux, la nouvelle a semblé laisser plusieurs parents perplexes, certains se demandant si les destinations où l’on ne rapporte aucune éclosion de COVID-19 devraient également être touchées. D’autres ont souligné que les personnes ayant séjourné ailleurs au Canada, comme en Ontario ou en Colombie-Britannique, pourraient elles aussi avoir été exposées. Le caractère arbitraire du seuil du 8 mars a également été décrié.

Sur son compte Twitter, Dominic Cardy les a invités à user de leur « bon sens ». Il a évoqué une certaine « flexibilité » pour les personnes s’étant rendues dans l’État américain du Maine, voisin du Nouveau-Brunswick. Il n’écarte d’ailleurs pas la possibilité de prendre des arrangements d’enseignement à distance pour éviter que les élèves touchés prennent du retard.

La semaine dernière, le ministre avait plutôt annoncé une version restreinte de cette mesure. Celle-ci devait seulement s’appliquer aux voyageurs de retour d’un pays où ils étaient invités à prendre des précautions sanitaires spéciales, ou d’un pays que les autorités canadiennes recommandent carrément d’éviter.

Bien qu’aucun cas d’infection à la COVID-19 n’a encore été rapporté au Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy avait dit vouloir repousser l’arrivée du virus dans les écoles, selon lui inévitable.

Universités québécoises

De son côté, l’Université de Montréal a annulé plusieurs écoles d’été, notamment en Chine. « En ce qui concerne les échanges étudiants, certains de nos étudiants ont décidé de ne pas partir, d’autres sont revenus, d’autres avaient déjà entamé leur session, en Italie par exemple, lorsque l’épidémie a débuté. Nous sommes en constante communication avec nos étudiants en échange, un contact personnalisé avec eux est effectué », explique Geneviève O’Meara, porte-parole de l’établissement.

À l’Université du Québec à Montréal, les échanges avec la Chine, la Corée du Sud, l’Iran et l’Italie du Nord ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre, indique la porte-parole Jenny Desrochers.

« La situation évolue rapidement. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de choses qui vont s’ajuster dans les prochaines heures », dit Ginette Legault, directrice générale du Bureau de coopération interuniversitaire, regroupant les 18 universités québécoises.

Saison des congrès

Les établissements réfléchissent à la saison des congrès, qui se tient d’avril à juillet.

L’important congrès annuel de l’American Educational Research Association, qui devait se tenir en avril à San Francisco, vient d’être annulé. Les organisateurs tentent d’offrir des conférences et des discussions par Internet.

Avec La Presse canadienne