Pas de vacances pour les universités!

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
Le campus Loyola de l’Université Concordia, situé dans le quartier de Notre-Dame-de-Grâce
Université Concordia Le campus Loyola de l’Université Concordia, situé dans le quartier de Notre-Dame-de-Grâce

Ce texte fait partie du cahier spécial Universités d'été

Représentant une valeur ajoutée à l’enseignement général, les écoles d’été des universités mont-réalaises redoublent d’imagination pour attirer les étudiants.

Cours de cirque à Montréal, d’espagnol à Bogotá, d’architecture du paysage aux Jardins de Métis… la liste des cours universitaires d’été est longue et bien garnie. Depuis de nombreuses années en effet, les sessions estivales proposent bien plus que des cours permettant d’accélérer l’obtention d’un diplôme.

Aujourd’hui, l’offre vise « à améliorer l’expérience étudiante et àfavoriser l’enrichissement tout en offrant d’autres formes pédagogiques », explique Nicolas Marchand, directeur du bureau du vice-rectorat à la vie académique de l’UQAM. Même son de cloche chez Anne Whitelaw, vice-rectrice exécutive aux affaires académiques par intérim de l’Université Concordia : « Ces cours sont différents parce qu’à l’Institut d’été, on vise un apprentissage par l’expérience. Mettre la main à la pâte, voilà ce qu’on offre à nos étudiants dans le cadre d’une immersion intensive et pratique », affirme-t-elle.

Les premières écoles d’été naissent aux États-Unis dans les années 1870 alors que les universités ouvrent leur campus en juillet et août aux professeurs des écoles primaires et secondaires pour leur permettre de se perfectionner. Par la suite, cette pratique s’étend aux étudiants inscrits, mais aussi au public en général ainsi qu’aux étudiants étrangers puisque la dimension internationale s’impose rapidement. Aujourd’hui, l’école d’étédemeure une formidable occasion pour tous d’entamer une discussion sur une thématique particulière.

« Mêler les publics, c’est ce qui est intéressant », lance Nicolas Marchand. Si les étudiants montrent un intérêt accru pour les formations estivales, les institutions y trouvent elles aussi leur compte. Anne Whitelaw en est convaincue, le premieravantage pour l’université, c’est que « ça permet de nous adapter et de sortir de notre tour d’ivoire ».

Et les mesures d’adaptation qui revêtent des formes hybrides d’enseignement ne manquent pas. Ici, à l’école d’été, on multiplie les expériences.

D’ici et d’ailleurs

Des sessions d’été à l’étranger,l’UQAM en a fait une spécialité. L’École des langues propose chaque année des cours en Allemagne, en Colombie ou au Japon, mais aussi à Terre-Neuve. Souvent offerts à tous les étudiants inscrits, peu importe la discipline, ces cours permettent de perfectionner une langue. Mais l’avantage majeur, c’est qu’une fois sur place, les étudiants sont soumis à une complète immersion culturelle.

À l’inverse, cette réalité est la même pour les étudiants étrangers qui viennent à Montréal pour un stage de langue ou pour tout autre programme d’études. Pour l’expérience immersive, il n’est pas toujours nécessaire de parcourir de nombreux kilomètres. Depuis quatre ans, l’université Concordia organise un séminaire unique consacré à la recherche sur le cirque. On profite du festival Montréal complètement cirque pour proposer en parallèle des ateliers de réflexion et d’écriture, et même des performances qui réunissent des étudiants, mais aussi des artistes professionnels d’ici et de l’étranger.

L’UQAM, de son côté, convie chaque année les scientifiques à un congrès sur les sciences cognitives : « Ce congrès thématique qui a lieu à Montréal attire des chercheurs de partout. Nos étudiants qui y assistent se font créditer des activités, de même que les étudiants étrangers quireçoivent une reconnaissance de crédit », explique Nicolas Marchand. D’autres expériences tout aussi inusitées — congrès, ateliers, conférences — sont offertes dans les universités montréalaises. Ces événements sont autant d’occasions pour les institutions d’accueillir les étudiants étrangers. « On exploite le fait que Montréal est une destination de choixqui suscite beaucoup d’intérêt à l’étranger. On en profite pour se tourner vers le monde et tisser des collaborations avec la communauté internationale. Pour nous, c’est une façon de devenir le point centrald’une nouvelle clientèle », affirme Anne Whitelaw.

Si les écoles d’été existent depuis longtemps, leur évolution les oblige aujourd’hui à se renouveler. Les étudiants de partout sont friands de ce type d’enseignement et les inscriptions ne cessent de croître. Nicolas Marchand l’affirme aussi : « Lademande continuera à se densifier puisqu’elle va de pair avec l’internationalisation des universités tout comme celle de la société. »