Projet de loi 40: les parents réclament un temps d’arrêt

Rose Carine Henriquez Collaboration spéciale
Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge

Ce texte fait partie du cahier spécial Éducation

Les mouvements Je protège mon école publique etL’école ensemble ainsi que 23 comités de parents interpellent de nouveau le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, à propos du projet de loi 40 sur la gouvernance scolaire. Tout va trop vite, disent-ils, et l’urgence est ailleurs.

« Nous sommes ouverts à la réforme, mais on est contre le fait de bouleverser n’importe comment la structure et de s’apercevoir desimpacts par la suite, ça nous fait perdre l’esprit des améliorations », déclare l’une des porte-parole de Je protège mon école publique. Le projet de loi 40, énorme et complexe selon Patricia Clermont, se fait dans une précipitation dangereuse.

« Des erreurs risquent d’être faites, soutient-elle. Adopter maintenant le projet de loi 40, ça ne va pas du tout aider le problème de pénurie et de désertion dans la profession enseignante qui fragilise en premier lieu les conditions d’apprentissage des enfants. C’est ça notre intérêt. »

En novembre dernier, le mouvement déposait à l’Assemblée nationale du Québec un mémoire qui appelait le gouvernement à ralentir le train législatif et à prendre en compte les 12 recommandations qui y étaient incluses. Elles abordent entre autres la place des parents,l’abolition des commissions scolaires, l’abolition de certains territoires et la demande de report du projet de loi.

Tous les acteurs doivent travailler ensemble pour élaborer une vision cohérente, croit Patricia Clermont.

 

Un appel qui n’a visiblement pas été entendu par le gouvernement, celui-ci ayant plutôt décidé d’accélérer la cadence. Les députés ont en effet été convoqués vendredi pour forcer la réforme sous le bâillon. Celle-ci entrera donc en vigueur d’ici la prochaine rentrée scolaire, laissant les parents face à l’inconnu.

Rappelons que le projet de loi porte sur l’abolition des commissions scolaires, mais aussi sur une série d’autres enjeux tels que le personnel enseignant, les conseils d’établissement, les regroupements de services, le choix de l’école, la révision des notes, ou encore le rôle de la direction.