Persévérance au primaire: de bonnes bases pour l’avenir

Catherine Couturier Collaboration spéciale
Des approches pédagogiques qui ne tiennent pas compte des besoins des enfants peuvent être des facteurs de risque de décrochage scolaire.
Getty Images Des approches pédagogiques qui ne tiennent pas compte des besoins des enfants peuvent être des facteurs de risque de décrochage scolaire.

Ce texte fait partie du cahier spécial Éducation

Dans les premières années du primaire, les élèves acquièrent des compétences qui influeront sur toute leur trajectoire future. À mi-chemin de l’année, le mois de février est tout indiqué pour s’arrêter et rappeler l’importance d’encourager la persévérance scolaire.

« On a tendance à définir la persévérance par rapport à l’obtention de diplôme, mais elle passe aussi par l’engagement, la motivation scolaire, l’intérêt et le rapport au savoir », explique Isabelle Archambault, professeure à l’École de psychoéducation de l’Université du Québec à Montréal.

« Au primaire, on ne parle pas dedécrochage, confirme Andrée Mayer-Périard, directrice du Réseau réussite Montréal [RRM], mais on vasurveiller les apprentissages en lecture et en numératie dès les premières années. » Comme ces compétences transversales à la réussite influeront sur tout le parcours scolaire des jeunes, beaucoup d’efforts sont mis lors des premières années du primaire pour rattraper les retards. Cet engagement aura des répercussions sur le taux de diplomation, un des indicateurs de la persévérance scolaire. Le taux de diplomation à Montréal est d’ailleurs en progression depuis dix ans, selon le RRM, étant passé de 67,7 % (2008) à 82 % (2018).

Des facteurs de protection

Les facteurs qui protègent peuvent devenir facteurs de risque dans la vie d’un enfant. Un important facteurde protection demeure le rapport positif de la famille avec la lecture : avoir des livres à la maison, faire la lecture aux enfants, lire dans le plaisir plutôt que par obligation. « Lorsque la famille ne peut jouer ce rôle, l’école ou le CPE vont pouvoir créer ce contact ludique avec la lecture », explique Mme Mayer-Périard.

Isabelle Archambault rappelle quant à elle l’importance d’adopter une vision systémique lorsque l’on s’intéresse à la persévérance scolaire.La persévérance d’un élève peut ainsi varier à cause des difficultés de l’enfant (dans certaines matières, par exemple), mais aussi en raison de facteurs propres à l’école. Développer un lien positif avec un enseignant reste un des meilleurs facteurs de protection. À l’inverse, des approches pédagogiques qui ne tiennent pas compte des besoins des enfants peuvent être des facteurs de risque. Dans son enquête de 2017 sur les élèves de 6e année, la Direction de la santé publique (DSP) confirmait également que les jeunes en moins bonne santé étaient plus à risque de décrocher. La DSP estime toutefois qu’en 6e année, 5 % des élèves étaient àhaut risque de décrochage scolaire plus tard au secondaire.

Des gestes au quotidien

Pour développer un meilleur rapport à l’école et à l’apprentissage, quelques gestes peuvent être privilégiés au quotidien : offrir la lecture et des occasions de lire dans le plaisir ; s’intéresser à ce que les jeunes ont fait à l’école, à ce qu’ils aiment ; valoriser leur réussite ; les encourager. « Ça a l’air très banal, mais encourager reste un geste essentiel », affirme Mme Mayer-Périard. Dans un sondage du RRM auprès de 1000 jeunes qui avaient décroché ou qui y avaient songé, un des gestes déterminants pour les faire raccrocher avait été l’encouragement de professeurs et de l’entourage, rapporte Mme Mayer-Périard. « Ceux qui avaient décroché complètement s’étaient vraiment sentis seuls. »

La persévérance est toutefois l’affaire de tous, et des stratégies englobantes doivent être implantées : meilleur encadrement des élèves, initiatives qui visent la formation des professeurs, système de mentorat, développement de liens étroits avec les familles et les écoles. « Il n’existe pas une seule façon de faire », souligne Mme Archambault. Au primaire plus particulièrement, il est essentiel de travailler avec les enfants (surtout avec ceux qui ont des besoins particuliers) pour leur enseigner des stratégies d’organisation et résolution de problèmes. « Il faut soutenir l’autonomie des enfants pour favoriser la motivation et l’engagement », conclut la professeure.

Journées de la persévérance scolaire

Les Journées de la persévérance scolaire visent depuis 15 ans à faire parler de persévérance. « C’est un moment dans l’année où tous les acteurs du Québec sont invités à s’arrêter et à prendre le temps de se rappeler qu’on est tous importants », résume Mme Mayer-Périard. Pour une 3e année d’affilée, les Journées se tiennent sur le thème « Nos gestes, un + pour la réussite ». Les écoles, les professeurs et les acteurs participants peuvent inscrire au calendrier l’activité qu’ils proposeront du 17 au 21 février : arbre de la persévérance, haie d’honneur, gala, exposition, etc.

De petits gestes au quotidien

Parler en bien de l’école

Souligner les bons coups de son enfant

Participer aux activités de l’école

Respecter le rythme d’apprentissage

Lire avec son enfant