Le cours Éthique et culture religieuse sera revu pour l’automne 2022

La vaste réforme du cours d’ECR fera l’objet d’une consultation de tous les acteurs du milieu de l’éducation.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La vaste réforme du cours d’ECR fera l’objet d’une consultation de tous les acteurs du milieu de l’éducation.

Le cours d’éthique et culture religieuse (ECR) sera remplacé dès l’automne 2022 par une nouvelle formation qui fera moins de place à la religion et abordera des réalités comme l’éducation à la citoyenneté, au numérique et au droit. L’éducation à la sexualité, actuellement saupoudrée dans les autres matières, sera aussi intégrée à ce nouveau cours.

La vaste réforme du cours d’ECR fera l’objet d’une consultation de tous les acteurs du milieu de l’éducation, a appris Le Devoir. Le ministre Jean-François Roberge doit lancer la consultation aujourd’hui dans le but de mettre à l’essai le nouveau programme dans certaines écoles lors de la rentrée scolaire de l’automne 2021. Le programme final entrerait en vigueur une année plus tard.

« C’est une réforme en profondeur. On peut dire qu’on abolit le cours d’ECR et qu’on le remplace par quelque chose de nouveau », a confirmé au Devoir le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

Il estime que cette révision s’impose, 12 ans après la mise en place du cours d’éthique et culture religieuse par le gouvernement libéral de Jean Charest. Le cours « a fait l’objet de nombreuses critiques d’experts et de différents intervenants du milieu scolaire, qui rendent nécessaire une actualisation des contenus du programme », indique un communiqué qui sera publié vendredi.

Le cours changera de nom, précise le ministre Roberge. La nouvelle appellation n’a pas été déterminée. La transformation sera importante. Le volet « culture religieuse » prendra « beaucoup, beaucoup, beaucoup moins de place », explique-t-il.

Les consultations porteront sur huit thèmes proposés par le ministère : la participation citoyenne et la démocratie, l’éducation juridique, l’écocitoyenneté, l’éducation à la sexualité, le développement de soi et des relations interpersonnelles, l’éthique, la citoyenneté numérique et la culture des sociétés.

Éducation sexuelle

Le ministre Roberge avait confié au Devoir dès le mois d’août dernier qu’il envisageait d’intégrer l’éducation à la sexualité au nouveau cours d’ECR. La suite de sa réflexion et les commentaires suscités par la nouvelle l’ont convaincu d’aller en ce sens.

« C’est notre souhait à ce moment-ci. J’ai un préjugé favorable à intégrer les contenus d’éducation à la sexualité dans le curriculum du nouveau cours », dit-il. Les enseignants seront mieux formés et plus à l’aise pour livrer cet enseignement d’une grande importance, souligne le ministre.

Le gouvernement souhaite « offrir aux élèves un cours moderne d’éducation à la citoyenneté axé sur le respect de soi et des autres », résume le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Cette citoyenneté comporte un volet environnemental. Il faut amener les jeunes à développer un jugement critique, notamment sur « l’utilisation responsable des ressources naturelles », estime le ministre Roberge.

Le programme visera aussi à éduquer les élèves aux enjeux du numérique, comme par exemple la protection des données personnelles, l’éthique des comportements en ligne et la connaissance des médias et des réseaux sociaux.

La consultation en ligne prendra place jusqu’au 21 février. Trois forums de discussion auront lieu à Trois-Rivières, à Québec et à Montréal au cours du mois de février. Le ministère compte inviter aux forums les « partenaires » du milieu de l’éducation concernés par les changements planifiés au cours d’ECR, notamment les enseignants, les syndicats, les directions d’école, les conseillers pédagogiques et les cadres scolaires, explique M. Roberge.

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