Plomb dans l’eau: la CSDM demande à Québec de faire sa part

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a ordonné début octobre que l’eau de toutes les fontaines des écoles du Québec soient testées pour y vérifier la présence de plomb.
Photo: Paul Sancya Associated Press Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a ordonné début octobre que l’eau de toutes les fontaines des écoles du Québec soient testées pour y vérifier la présence de plomb.

La facture s’annonce salée pour la Commission scolaire de Montréal (CSDM), qui évalue à 1,6 million les dépenses liées à la mesure du plomb dans l’eau potable de ses 279 établissements. Elle compte demander à Québec de l’aider à assumer ces coûts.

« Cette dépense, on doit la puiser dans notre budget de fonctionnement, alors qu’on a beaucoup d’autres choses à payer. C’est une grosse somme ! Et ça ne prend même pas en compte les travaux encore », déplore la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon.

Lors du Conseil des commissaires mercredi, la CSDM a présenté une estimation des dépenses dans le dossier du plomb dans l’eau. La facture s’élevant à 1,6 million comprend notamment l’échantillonnage et l’analyse en laboratoire, les mesures temporaires d’approvisionnement en eau, l’appareil permettant à l’équipe interne de tester l’eau, ainsi que les frais de gestion de projet.

Rappelons que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a ordonné début octobre que l’eau de toutes les fontaines des écoles du Québec soient testées pour y vérifier la présence de plomb. Aucun budget supplémentaire n’avait alors été alloué à cette opération. Mi-novembre, le ministre a finalement annoncé que l’équipement pour effectuer les tests à l’interne serait offert gratuitement aux commissions scolaires.

Mais avec ses 279 bâtiments — écoles primaires, services préscolaires, établissements de formation pour adultes et autres bâtiments connexes — la CSDM a calculé qu’environ 13 200 échantillons seront nécessaires. « Avec une seule machine, et considérant le temps nécessaire pour former du personnel, on a préféré aller de l’avant avec des laboratoires. On préfère travailler avec des spécialistes », explique en entrevue Mme Harel Bourdon.

Une décision qui implique cependant que les tests soient aux frais de la commission scolaire, ce que dénonce la présidente. « La gestion, les visites d’identification, l’échantillonnage et les analyses en laboratoire, ça monte déjà à 900 000 $. »

Elle peine à comprendre que le plan du ministère ne prévoit que le remboursement de l’appareil portatif à 5000 $ et compte écrire à M. Roberge au retour des Fêtes pour réclamer une aide financière.

Contacté par Le Devoir, le cabinet du ministre de l’Éducation insiste : des appareils portatifs ont été mis à la disposition des commissions scolaires pour effectuer les tests. Il invite la CSDM à le contacter si elle fait face à « des problématiques plus spécifiques ».

Premiers résultats

Pour le moment, 34 écoles ont été échantillonnées et la commission scolaire a déjà reçu les résultats de 25 d’entre elles. Les points d’eau de neuf écoles sont conformes à la norme de cinq microgrammes de plomb par litre. Quinze écoles ont dû fermer l’accès à certaines fontaines qui dépassaient le niveau acceptable. Une seule — l’école Marc-Favreau, dans Notre-Dame-de-Grâce — a dû condamner tous ses points d’eau. « Des pompes à eau ont été installées provisoirement. On a demandé aux élèves d’apporter des bouteilles d’eau réutilisables et on en a fourni un certain nombre », note Mme Bourdon.