Du bruit contre la réforme de la gouvernance scolaire

Une cinquantaine de profs manifestant contre le projet de loi 40 sont venus accueillir le ministre Jean-François Roberge et son homologue français, Jean-Michel Blanquer, venus à Montréal discuter de l’avenir de l’éducation.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une cinquantaine de profs manifestant contre le projet de loi 40 sont venus accueillir le ministre Jean-François Roberge et son homologue français, Jean-Michel Blanquer, venus à Montréal discuter de l’avenir de l’éducation.

Un tintamarre d’enseignants fâchés a accueilli le ministre Jean-François Roberge et son homologue français, Jean-Michel Blanquer, venus à Montréal discuter de l’avenir de l’éducation. Une cinquantaine de profs ont manifesté contre le projet de loi 40 prévoyant l’abolition des élus scolaires, décrit comme la « pire attaque » de l’histoire récente contre la profession enseignante.

Le ministre Roberge a caché des cadeaux empoisonnés dans ce projet de loi qui vise officiellement à dépolitiser la gouvernance scolaire, fait valoir la Fédération autonome de l’enseignement (FAE). Ce syndicat, qui regroupe 45 000 enseignants, estime que le projet de loi mine l’autonomie professionnelle des profs et autorise le « tripotage de notes » par les directions d’école.

« C’est un mauvais projet de loi, qui ne donnera pas un service de plus aux élèves, particulièrement aux plus vulnérables. Il permet au ministre de faire main basse sur le réseau des écoles publiques. Il ne veut plus de gens qui le contestent », dit Sylvain Mallette, président de la FAE. Il brandissait une trompette et une pancarte contre cette initiative phare du gouvernement Legault.

Le projet de loi remplace les commissaires élus au suffrage universel par un conseil d’administration tenu au devoir de réserve. Il accorde davantage de pouvoirs aux écoles pour offrir les services aux élèves, selon le ministre — les directions d’école affirment que cet objectif reste à démontrer.

La vérité attaquée

Le ministre Jean-François Roberge fait valoir que les vraies attaques ont visé non pas les enseignants, mais la « vérité », au cours des derniers jours. La FAE cherche à « travestir » le projet de loi, selon lui.

« Le projet de loi 40, c’est moins de bureaucratie, plus de services aux élèves, plus de pouvoirs à ceux qui font l’équipe-école, donc les directions d’école, les enseignants, les professionnels, les employés de soutien, les parents. C’est la plus grande opération de décentralisation gouvernementale des dernières années », a dit le ministre de l’Éducation.

M. Roberge a confirmé que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) était finalement invitée à venir témoigner en commission parlementaire sur le projet de loi 40. Les partis à l’Assemblée nationale se sont entendus sur une liste d’une quarantaine de groupes qui viendront témoigner.


English-Montréal contre la laïcité

La Commission scolaire English-Montréal (CSEM) vient de contester la Loi sur la laïcité de l’État en Cour supérieure. L’organisation insiste sur le fait que cette loi contrevient à l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui garantit aux minorités linguistiques le contrôle de leur système scolaire. Il s’agit aussi d’une forme de discrimination contre les musulmanes, qui sont les plus touchées par l’interdiction du port de signes religieux à l’école, selon la CSEM. « C’est une loi qui est équilibrée, mesurée, qui fait consensus au Québec », a réagi le ministre Jean-François Roberge.