Abolition des commissions scolaires: la CSDM veut pouvoir donner son avis

La présidente de la Commission scolaire de Montréal, Catherine Harel-Bourdon
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La présidente de la Commission scolaire de Montréal, Catherine Harel-Bourdon

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) sera vraisemblablement exclue de l’étude du projet de loi visant l’abolition des commissions scolaires, à laquelle une trentaine de groupes du milieu, notamment d’autres commissions scolaires, ont été invités par Québec à prendre la parole.

« On trouve ça aberrant de ne pas être entendu » dans le cadre de l’étude du projet de loi 40, a réagi en point de presse mercredi la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon.

Selon elle, le gouvernement Legault ferme ainsi les yeux sur les nombreux enjeux spécifiques à Montréal dans sa réforme de la gouvernance scolaire. Des enjeux comme la défavorisation ou l’intégration et la francisation des familles immigrantes, a-t-elle explicité en compagnie d’une poignée de commissaires.

« Le gouvernement est en train de modifier en profondeur la gouvernance et le réseau [de l’éducation] lui-même, sans entendre les personnes et les groupes qui seront les premiers touchés par cette modification majeure », a renchéri de son côté la commissaire indépendante Violaine Cousineau.

L’étude du projet de loi 40 doit débuter le 4 novembre prochain et s’étirer sur cinq jours. Syndicats, associations et quelques commissions scolaires (notamment Marguerite-Bourgeoys) seront entendus par les élus du gouvernement et de l’opposition. De même que la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), dont la CSDM est membre. Fait aussi à noter : le comité de parents de la CSDM a été convoqué.

Le texte, déposé début octobre par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, prévoit l’abolition des élections scolaires et la transformation des commissions scolaires francophones en centres de services. Avec cette réforme, le ministre Roberge entend opérer une décentralisation des pouvoirs détenus par le ministère ou les commissions scolaires vers les équipes-écoles.

« Déficit démocratique »

« On parle de cinq journées alors que pour le projet de loi 86 [visant à réformer la gouvernance scolaire et mort au feuilleton sous le précédent gouvernement], on en avait eu 13. On s’entend que, dès le départ, il y a un déficit démocratique important sur le temps alloué pour regarder un projet de loi qui compte 319 articles », a insisté Mme Harel Bourdon.

Celle-ci juge en outre que la FCSQ — qui représente la majorité des commissions scolaires de la province — ne pourra faire adéquatement état des enjeux « de toutes les régions du Québec ». « On parle de présentations de 10 minutes et de périodes de questions de 20 minutes. »

La CSDM n’est pas la seule mercredi à avoir critiqué le gouvernement Legault de ne pas faire partie des groupes invités en commission parlementaire. L’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES) s’est aussi dite « surprise » de ne pas être convoquée.

« Nous avons des réserves sur le projet de loi notamment sur la composition des nouveaux conseils d’administration, nous aurions apprécié d’avoir l’occasion de les exposer en personne lors de la commission parlementaire », a fait savoir la présidente de l'AMDES, Hélène Bourdages.

Au gouvernement, on s’est fait avare de commentaires mercredi. Joint par Le Devoir, le cabinet du ministre Roberge a indiqué que le dossier relevait du champ d’action du leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette. L’attaché de ce dernier a pour sa part précisé que la liste des invités n’était pas complètement arrêtée.

« Les différents groupes parlementaires sont encore en train de négocier la composition des groupes qui seront invités en commission parlementaire. Ainsi, nous ne commenterons pas les dossiers spécifiques », a noté Marc-André Gosselin.