Environnement: un sommet sur le climat à Québec en 2020

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
À l’instar de plusieurs villes dans le monde, la grande marche pour le climat a traversé Montréal le 27 septembre dernier. Au centre de la photo, on aperçoit la jeune militante suédoise Greta Thunberg, qui est à l’origine du mouvement mondial de grèves scolaires pour le climat.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À l’instar de plusieurs villes dans le monde, la grande marche pour le climat a traversé Montréal le 27 septembre dernier. Au centre de la photo, on aperçoit la jeune militante suédoise Greta Thunberg, qui est à l’origine du mouvement mondial de grèves scolaires pour le climat.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le projet est ambitieux : le Sommet international jeunesse universitaire pour l’action climatique, qui se tiendra sur le campus de l’Université Laval (UL) à l’été 2020… Et ce n’est qu’un début puisque l’UL espère pouvoir renouveler l’expérience tous les deux ans.

« La structure qu’on a mise en place avec un comité directeur, un comité scientifique et des partenaires nous garantit une animation qui devrait répondre aux besoins de l’heure tout en suscitant une grande collaboration », affirme Rénald Bergeron, vice-recteur aux affaires externes, à l’international et à la santé.

L’objectif du sommet est de convier 300 étudiants internationaux provenant des cinq continents à une semaine d’ateliers et de discussions afin de contribuer à la recherche de solutions concrètes et créatives en compagnie de décideurs et de scientifiques influents pour agir sur le contexte climatique d’aujourd’hui et de demain.

On a déjà annoncé que ce sommet ne se tiendrait pas qu’une seule fois : « On souhaite qu’il ait lieu tous les deux ans et dans l’intervalle, afin de garder contact, on proposera une série d’activités », explique le vice-recteur. Effectivement, afin de maintenir un réseau d’échange de pratiques entre les participants, des plateformes numériques, ou encore des écoles d’été spécialisées, des activités de cocréation, des séminaires, du mentorat ou d’autres initiatives pourraient être mis en place.

Depuis plusieurs années, les universités, dont l’UL, sont engagées à accumuler des connaissances et à les transmettre au regard des enjeux actuels, soit les changements climatiques et le réchauffement de la planète : « Nous croyons que ce sommet arrive à point nommé. Ce qu’on espère, c’est de pouvoir travailler de manière collaborative avec nos gouvernements pour développer leur plan d’intervention en ce qui a trait aux changements climatiques », poursuit le vice-recteur, ajoutant que « les universités et la jeunesse internationale universitaire doivent mettre en commun leurs idées et leurs connaissances, développer leur créativité pour rendre compte de projets qui vont nous aider à réduire notre empreinte carbone. C’est un enjeu qui nous apparaît d’une importance capitale pour nos sociétés, surtout depuis les marches du 27 septembre dernier ».

Des joueurs importants

Le gouvernement du Québec sera un joueur important lors de ce sommet puisque celui-ci sera financé à hauteur de 700 000 $ par le gouvernement lui-même en collaboration avec la Ville de Québec, l’Université Laval et d’autres partenaires à venir : « Pour le gouvernement, c’est une façon d’aller chercher la capacité du réseau scientifique de nos universités pour développer des expérimentations qui vont permettre à la fois de réduire nos dépenses énergétiques en changeant nos manières de consommer, de travailler et de voyager », précise Rénald Bergeron.

Quant à la Ville de Québec, il semblait tout à fait naturel qu’elle s’associe à cet événement puisque la collaboration entre les deux instances ne date pas d’hier. On n’a qu’à citer l’implantation d’un laissez-passer universitaire qui donne aux étudiants à plein temps un accès illimité aux services réguliers du réseau de transport en commun de la ville de Québec et de Lévis (voir article en page C2). Son coût figure parmi les frais institutionnels obligatoires et est facturé automatiquement à tous les étudiants.

C’est l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société (EDS) de l’UL qui coordonnera l’organisation de ce premier sommet. Créé en 2005, l’Institut regroupe une centaine de professeurs et plus de 400 étudiants diplômés provenant de différentes disciplines et qui se penchent sur des questions variées autour des enjeux de développement durable.

« À notre connaissance, il n’y a pas d’initiatives analogues. Il y a différents types de sommets, mais aucun ne convie la jeunesse universitaire », explique Rénald Bergeron. L’initiative de proposer un tel sommet provient de l’Université : « On l’a fait en connaissance de cause des enjeux actuels et de l’urgence devenue consciente au Québec et à travers le monde. Il y a un appel à se solidariser pour trouver des solutions activement. Il ne suffit pas d’y penser, il faut agir maintenant », martèle Rénald Bergeron.