Imaginer et construire : développer une culture du projet

Pascaline David Collaboration spéciale
L’installation «Haute saison», sur la place Pasteur de l’UQAM, en 2014
Photo: UQAM L’installation «Haute saison», sur la place Pasteur de l’UQAM, en 2014

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Passer des idées à la réalité, de l’intellect à l’espace public. C’est la finalité du programme de DESS en design d’événements de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), à la fois spécialisé et interdisciplinaire. Par des installations temporaires, des projets scénographiques et des expositions, notamment, enseignants et étudiants cherchent à stimuler la participation et la réflexion citoyennes.

Issus, entre autres, de premiers cycles en design et en architecture, les étudiants qui intègrent ce cursus sont amenés à apprivoiser bien d’autres disciplines, de la sémiotique à la philosophie, en passant par la sociologie et l’anthropologie. Ils doivent ainsi analyser, comparer, remettre en question des textes portant sur des projets marquants de l’histoire. « On cherche à favoriser la créativité en développant une véritable culture du projet », affirme Céline Poisson, professeure, directrice et fondatrice du programme.

Les étudiants ont ainsi un projet concret à mener sur l’année, relié à des questions d’actualité ou à des valeurs qu’ils ont envie de porter, comme la lutte contre les changements climatiques. « Changer le monde n’est pas si utopique ; cela peut se faire à toutes sortes d’échelles, fait valoir Céline Poisson. Le but est d’arriver à construire ce que l’on imagine. »

À titre d’exemple, la cohorte de l’an passé a participé à la septième édition de PARK(ing) Day, un événement au cours duquel les espaces de stationnement sont transformés en créations éphémères pour inciter à la réflexion sur les enjeux de mobilité durable et de partage de l’espace public.

Photo: UQAM

Installations temporaires

L’architecture éphémère, de plus en plus prisée, est justement au cœur du DESS. « Cela répond à un besoin d’être ensemble, de partager des émotions et de diffuser un message engagé pour construire du sens, collectivement », affirme Mme Poisson.

Ces lieux de rencontre permettent d’en apprendre davantage sur un enjeu sociétal, culturel ou communautaire puis d’en discuter grâce à des conditions spatiales favorables. C’est la qualité du récit et des liens ou des débats que ces dispositifs vont générer qui permettra au message de survivre à l’aménagement physique.

Des créations sont ainsi déployées chaque automne depuis 10 ans sur la place Pasteur située au centre du campus de l’UQAM. Ce laboratoire permet aux finissants de mettre en application leurs apprentissages. En 2016, par exemple, a été mis sur pied Projet en cours, un parcours constitué de quais en bois, de plantes et de panneaux incitant les promeneurs à réfléchir à l’espace urbain qui se meut constamment.

Perspectives d’avenir

Le cursus, qui fêtera ses 20 ans l’an prochain, a certainement évolué depuis sa création. La différence majeure que note Mme Poisson réside dans l’intérêt accru des agences, des musées et des galeries pour collaborer. « Maintenant, on vient nous chercher pour créer des partenariats et non l’inverse, et nos étudiants se placent assez facilement », ajoute-t-elle.

Nombre de diplômés se sont d’ailleurs distingués par leur esprit entrepreneurial et leur inventivité, comme Patsy Van Roost, alias la Fée du Mile End ou la Fée urbaine, qui a cherché à créer des liens entre les habitants de son quartier par de petites actions et installations participatives.