Opération rattrapage pour les écoles du Québec

Les ministres Chantal Rouleau et Jean-François Roberge ont fait leur annonce à l’école Montmartre, de Pointe-aux-Trembles, dimanche.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les ministres Chantal Rouleau et Jean-François Roberge ont fait leur annonce à l’école Montmartre, de Pointe-aux-Trembles, dimanche.

La majorité des écoles publiques du Québec ont besoin de rénovations et sont qualifiées de vétustes. Et le gouvernement du Québec investira 2,3 milliards de dollars pour les rénover au cours de la prochaine année. C’est ce qu’ont annoncé le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, et la ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau.

Cet argent fait partie des prévisions budgétaires présentées par le gouvernement Legault lors du budget du printemps dernier. Il s’ajoute au 1,7 milliard annoncé en juin pour la construction et l’agrandissement d’écoles.

Les 2,3 milliards annoncés par Québec dimanche pourront être dépensés sur une période de trois ans. Les commissions scolaires ont jusqu’au 30 septembre pour présenter leurs plans de rénovation. La liste complète des projets de rénovation devrait donc être connue dès la fin du mois d’octobre.

L’enveloppe accordée à la rénovation d’écoles est supérieure de 155,7 % à celle de l’année précédente, selon les données avancées par le gouvernement.

« À force de négliger l’entretien de leurs écoles, les Québécois en sont venus à avoir honte de celles-ci. Pourtant, nos écoles devraient être notre fierté. Au-delà de l’esthétisme, les études le prouvent, les milieux de vie dans lesquels évoluent les élèves ont une incidence directe sur leur motivation scolaire, sur la qualité de leurs apprentissages et sur leur réussite », a fait valoir le ministre Roberge.

Jean-François Roberge, qui a déjà enseigné dans une école primaire de la Rive-Sud, se souvient d’un établissement dont personne d’autre que lui n’était capable d’ouvrir les fenêtres. « J’arrivais le matin et je devais ouvrir les fenêtres des autres », raconte-t-il. Par ailleurs, de nombreuses écoles sont encore entièrement privées de gymnases ou encore ont des gymnases qui ne correspondent plus aux normes.

C’était le cas, jusqu’à récemment, à l’école Montmartre, de Pointe-aux-Trembles, où a eu lieu la conférence de presse. Cette école de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île a agrandi ses installations récemment. Elle a pu rénover ses toilettes et acheter de nouveaux casiers, et elle s’attaquera, grâce à la prochaine subvention, à l’esthétique de l’ancien bâtiment, où des fils pendent encore des plafonds après que l’on a installé un nouveau système technologique.

Des écoles vétustes

On sait que la proportion d’écoles publiques en état de vétusté a bondi au Québec ces dernières années. Selon le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, le nombre d’écoles vétustes est cependant récemment passé de 59 % à quelque 54 % grâce aux derniers investissements gouvernementaux. « Avec une certaine prudence, je dirais qu’on est aux alentours de 54 ou 55 % [d’écoles vétustes] », dit-il. M. Dubé espère que les investissements gouvernementaux permettront de renverser la vapeur et de faire passer le taux d’écoles publiques québécoises vétustes sous la barre des 50 %.

Le quart de l’enveloppe de 2,3 milliards sera vraisemblablement alloué à la région de Montréal. Un montant de 624 653 196 $ sera distribué entre ses cinq commissions scolaires, soit Montréal, Pointe-de-l’Île, Marguerite-Bourgeoys, English-Montréal et Lester-B.-Pearson.

C’est la Commission scolaire de Montréal qui recevra de loin la plus grosse part, avec une subvention prévue de 299 579 681 $, suivie de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, avec 115 093 221 $, d’English-Montréal, qui recevra 82 908 175 $, de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, avec 71 921 151 $, et de Lester-B.-Pearson, avec 55 150 968 $.

Au printemps dernier, le gouvernement avait annoncé son intention d’investir 14 milliards de dollars d’ici 2029 pour rénover les écoles primaires et secondaires existantes et en construire de nouvelles. Si les 2,3 milliards annoncés dimanche pourront être dépensés sur trois ans, de nouvelles enveloppes devraient également être offertes l’an prochain. « Ce qui est honteux, c’est d’avoir négligé l’entretien des écoles publiques, a dit le ministre Roberge en entrevue. Ça n’avait pas de bon sens de laisser les écoles se détériorer les unes après les autres. »

Les fonds annoncés dimanche pourront notamment être utilisés pour régler les problèmes de moisissure qui touchent certaines écoles, ainsi que l’apparence générale des établissements. Certains bâtiments fermés pourraient être rouverts après avoir été rénovés, dans la mesure où cela n’implique pas une complète reconstruction.