Québec bonifie le financement des cégeps

La Fédération des cégeps estime que la nouvelle formule de financement répond aux besoins d’aujourd’hui, fort différents de ceux d’il y a 25 ans.
Photo: Martine Doucet Getty Images La Fédération des cégeps estime que la nouvelle formule de financement répond aux besoins d’aujourd’hui, fort différents de ceux d’il y a 25 ans.

Le gouvernement Legault donne un coup de barre dans le financement des 48 cégeps du Québec pour aider notamment les petits et moyens établissements, surtout en région, aux prises avec une baisse de population.

Cette révision fort attendue du mode de financement des cégeps accordera 68 millions d’argent frais au réseau collégial, dont l’existence a déjà été remise en question par François Legault, au moment de la fondation de la Coalition avenir Québec, en 2011.

Cette époque est révolue : le gouvernement réinvestit pour améliorer les services aux étudiants en difficulté, pour l’entretien des bâtiments, pour stimuler la recherche et pour le recrutement d’étudiants internationaux. En tenant compte des hausses salariales et des coûts de fonctionnement bonifiés, l’investissement atteint 150 millions pour l’année 2019-2020.

La nouvelle formule, annoncée lundi par le ministre Jean-François Roberge, prévoit que le nombre d’étudiants à temps plein prendra moins de poids qu’à l’heure actuelle dans le financement alloué à chaque établissement. Cette façon de faire favorisera les cégeps en région qui se démènent pour maintenir des programmes en place malgré une baisse du nombre d’élèves.

Cette révision du financement était jugée cruciale pour des cégeps de la Côte-Nord ou de la Gaspésie, qui tentent par tous les moyens de freiner l’exode des jeunes. « Les petites cohortes, c’est extrêmement important pour nous », a déclaré Sylvain Roy, député péquiste de Bonaventure. Le Parti libéral et Québec solidaire ont aussi indiqué qu’ils resteraient à l’affût de la mise en oeuvre du nouveau financement.

Les études collégiales sont essentielles non seulement pour garder les jeunes en région, mais aussi pour éviter d’appauvrir les parents : cela coûte des dizaines de milliers de dollars d’envoyer ses enfants étudier hors de leur ville natale, rappelle le député.

Sylvain Roy a enseigné dix ans au cégep de Carleton-sur-Mer, en sociologie. Il avait lancé un programme de recherche en pratiques sociales novatrices. « Il y a de la recherche de grand calibre dans les cégeps, des gens qui ont des doctorats », rappelle-t-il.

Services améliorés

La Fédération des cégeps estime que la nouvelle formule de financement répond aux besoins d’aujourd’hui, fort différents de ceux d’il y a 25 ans. « On se plaignait d’être mal financés et sous-financés. On a travaillé toute l’année dernière avec le ministère pour améliorer le financement », a souligné Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération.

Par exemple, la hausse constante du nombre d’étudiants à temps partiel nuisait au financement des cégeps, qui devaient pourtant entretenir les bâtiments et maintenir du personnel en place pour les bibliothèques et d’autres services. Ces frais fixes sont désormais mieux financés. Le financement de base des cégeps a été bonifié de 2,1 millions à 3,2 millions de dollars, a souligné la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui représente près de 78 000 membres provenant de 27 cégeps.

« Des milliers d’étudiantes et d’étudiants se verront accorder le soutien psychosocial et l’accompagnement dont ils ont besoin », a expliqué Philippe Clément, président de la FECQ.