La Commission scolaire English-Montreal conteste devant les tribunaux le transfert de deux écoles

La présidente de la Commission scolaire English-Montreal, Angela Mancini
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La présidente de la Commission scolaire English-Montreal, Angela Mancini

La Commission scolaire English-Montreal (CSEM), qui conteste devant les tribunaux une décision du gouvernement du Québec, pourra compter sur l’appui de groupes de francophones en milieu minoritaire hors Québec.

La CSEM a annoncé mardi qu’elle a déposé une demande d’injonction à la Cour supérieure afin de bloquer le transfert de deux de ses écoles à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, qui est confrontée à un manque criant de classes pour les élèves francophones.

La décision avait été prise par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, par décret ministériel la semaine dernière.

Lors d’une conférence de presse tenue en matinée à Ottawa, trois groupes de protection des communautés de langue officielle en situation minoritaire ont décrié cette décision et se sont dits solidaires de la situation de la CSEM.

Geoffrey Chambers, président du Réseau des groupes communautaires du Québec (QCGN), juge que cette décision est une atteinte aux droits linguistiques des anglophones dans la province.

Il estime que le gouvernement Legault aurait dû négocier plus longuement avant d’imposer sa décision — considérée comme anticonstitutionnelle puisqu’elle pénalise la minorité de langue anglaise — par décret ministériel.

Même combat ?

Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), n’a pas voulu dire si la situation des anglophones québécois se compare à celle des Franco-Ontariens. Mais il se dit prêt à manifester aux côtés de ses partenaires anglophones pour le maintien des écoles anglophones, même si certaines sont à moitié vides.

« On a des droits linguistiques et il faut se battre pour les maintenir, affirme M. Jolin. Quand il y a un gouvernement qui va prendre des dispositions — on l’a vu, nous autres, avant les Fêtes, avec le gouvernement Ford —, on a réagi très fortement. »

Robert Melanson, de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), croit pour sa part que, dans certaines régions, les minorités anglophones au Québec sont victimes de discrimination dans les services publics tout comme les francophones hors Québec.

Il se dit prêt lui aussi à soutenir le combat des anglophones québécois qui veulent garder leurs écoles. « Il n’y a pas de raison pour enlever à une minorité le droit à ses propres institutions, que ce soit les anglophones du Québec ou les francophones ou les Acadiens du Nouveau-Brunswick », estime M. Melanson.

Roberge déçu, mais pas surpris

Dans une déclaration écrite, le ministre Roberge s’est dit déçu, mais « pas surpris », de la décision de la CSEM d’aller devant les tribunaux pour plaider sa cause.

« Nous regrettons que celle-ci tente de bloquer une décision qui, bien que difficile, a été prise dans l’intérêt supérieur de l’ensemble des élèves du Québec », a ajouté M. Roberge.

Il rappelle que la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île pourrait manquer de classes pour plus de 3000 élèves dès la rentrée scolaire en septembre.