Les Petits Chanteurs iront à l’Académie de Roberval

«L’impact est déjà là. Si le ministre n’agit pas rapidement, c’est la fin des Petits Chanteurs», s’est désolée la mère d’un choriste, Nayiri Piloyan.
Photo: Photos fournies par PCMR «L’impact est déjà là. Si le ministre n’agit pas rapidement, c’est la fin des Petits Chanteurs», s’est désolée la mère d’un choriste, Nayiri Piloyan.

Les Petits Chanteurs du Mont-Royal (PCMR) feront dorénavant leurs études secondaires à l’Académie de Roberval, a annoncé mercredi soir la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

Une rencontre a été organisée en soirée entre la Commission scolaire et les membres du comité de négociations des PCMR pour les informer de la décision. La CSDM a écrit dans un communiqué que l’Académie de Roberval est l’établissement qui « répond le mieux » aux attentes des parents et qu’il s’agit d’une « solution de haut niveau ».

Les parents des choristes avaient dressé une liste de critères pour le choix d’une école où leurs enfants pourraient poursuivre leurs études secondaires, suite à la fin de l’entente qui les envoyait au collège Notre-Dame, un établissement privé situé en face de leur lieu de pratique. La Commission scolaire a justifié son choix en déclarant qu’il répondait à 10 des 11 critères établis, dont ceux, prioritaires, de la proximité avec la Maîtrise des Petits Chanteurs, et l’accès à un programme d’éducation enrichi.

L’Académie de Roberval, située dans le quartier Villeray, est actuellement fermée en raison d’un problème de moisissures. Des travaux y sont prévus, mais l’échéancier demeure indéterminé. Les élèves fréquentant l’établissement étudient temporairement à l’école Georges-Vanier, située à proximité.

Pas une solution, selon les parents

Le président du conseil d’administration des Petits Chanteurs, Pierre-Éloi Talbot, a déclaré au Devoir être « abasourdi » par la décision annoncée par la CSDM. Il a expliqué que de nombreux parents de choristes étaient d’avis que l’Académie de Roberval ne répondait pas au critère de proximité.

« On est complètement outrés », a renchéri la mère d’un choriste, Nayiri Piloyan. « La CSDM a calculé 35 minutes de trajet entre l’école et la Maîtrise des Petits Chanteurs. Or, c’est plutôt entre 50 et 55 minutes », a-t-elle soutenu.

M. Talbot a expliqué que, contrairement au collège Notre-Dame, les choristes manqueraient des périodes de cours au lieu de périodes d’étude. Il a ajouté qu’en incluant le temps pour effectuer le trajet aller-retour, les Petits Chanteurs manqueraient au minimum deux heures et demie de cours, plusieurs fois par semaine. Or, selon la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, les répétitions des Petits Chanteurs au secondaire se limitent à deux fois par semaine. « On a reçu les horaires », a-t-elle soutenu. Elle a ajouté que la CSDM se montrera flexible lorsqu’il sera question de libérer les élèves pour des concerts.

Le président du conseil d’administration des Petits Chanteurs estime que la balle est désormais dans le camp de Jean-François Roberge. Il souhaite que le ministre de l’Éducation remette directement l’argent au collège Notre-Dame, afin d’assurer la pérennité de la chorale. Mme Piloyan abonde en ce sens.

« L’impact est déjà là. Si le ministre n’agit pas rapidement, c’est la fin des Petits Chanteurs », s’est-elle désolée, en ajoutant que de nombreux parents commencent déjà à examiner leurs options pour les études secondaires de leur enfant, qu’ils prévoient de retirer de la chorale.