Jean-François Roberge promet une école adéquate pour les autistes

Le ministre Roberge, en visite à l’école de l’Étincelle, a été impressionné par le dévouement, la passion et l’empathie du personnel.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le ministre Roberge, en visite à l’école de l’Étincelle, a été impressionné par le dévouement, la passion et l’empathie du personnel.

Bâtiment surpeuplé, locaux d’un autre siècle, manque de personnel : le ministre Jean-François Roberge a été bouleversé lundi par sa visite à l’école de l’Étincelle, qui accueille des élèves autistes lourdement handicapés. Il a promis une école neuve ou entièrement rénovée pour les élèves autistes. La Commission scolaire de Montréal (CSDM) envisage de déménager l’école dans un bâtiment du quartier Hochelaga.

Cette école du Mile End a fait les manchettes à cause de son manque d’espace, récemment. Le bâtiment est tellement surpeuplé que les élèves en crise sont placés dans un placard. Les locaux d’apaisement ont été convertis en salles de classe.

Ces élèves ont d’immenses besoins : en plus d’un trouble du spectre de l’autisme, plusieurs ont une déficience intellectuelle. Certains sont incapables de parler ou d’aller à la toilette.

« Je visite beaucoup d’écoles, j’en ai visité des écoles avec des besoins particuliers […], mais ce que j’ai vu ici, c’est quand même venu me chercher. C’est impossible de ne pas être touché par ce qui se passe ici à l’école. C’est clair que l’environnement n’est pas adapté. C’est clair qu’on se bat avec le mobilier. C’est clair qu’il y a trop d’élèves dans l’espace. Ça complique beaucoup le travail des enseignants et des professionnels », a dit le ministre de l’Éducation en sortant de sa visite d’une heure, lundi matin.

« Ça a été négligé. Il faut que ça cesse. Je pense qu’à moyen terme, ça prendra vraisemblablement une école qui soit complètement retapée ou une école neuve, plus adaptée aux besoins de ces élèves, des enseignants et des parents. »

Le ministre Roberge a été impressionné par le dévouement, la passion et l’empathie du personnel. Mais l’état du bâtiment est tellement « insatisfaisant » que des travaux de 700 000 $ prendront place durant l’été.

Des rénovations étaient déjà prévues, mais l’ampleur des travaux a été réévaluée, a précisé Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM. L’école accueillera aussi un peu moins d’élèves à la prochaine rentrée scolaire.

 
700 000 $
C’est le montant que la CSDM dépensera cet été pour améliorer l’école de l’Étincelle.

La commission scolaire envisage de déménager l’école de l’Étincelle dans un de ses bâtiments dits « excédentaires », situé dans le quartier Hochelaga. Il s’agit de l’ancienne école Sainte-Jeanne-d’Arc annexe, rue Nicolet. Des travaux de « plusieurs dizaines de millions de dollars » seraient nécessaires pour remettre le bâtiment en état, selon Mme Harel Bourdon.

La CSDM compte déposer cette demande au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) dans les prochaines semaines. Catherine Harel Bourdon dit souhaiter que le projet se retrouve rapidement au Plan québécois des infrastructures.

« Le gouvernement est là »

« Je dis aux commissions scolaires, faites des demandes, vous allez être agréablement surprises par l’ouverture du gouvernement du Québec. Faites-nous des demandes de rénovation, d’agrandissement, de construction d’écoles adaptées aux besoins des élèves. Le gouvernement est là pour les élèves vulnérables. Les ressources vont être là, on va investir », a déclaré le ministre Roberge.

Catherine Renaud, présidente sortante de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, est encouragée par les paroles du ministre. Elle s’inquiète toutefois pour les conditions au sein de l’école à la rentrée scolaire de l’automne prochain.

« Est-ce qu’il y aura plus de locaux pour les élèves ? C’est ça, l’enjeu de sécurité. On n’a pas l’assurance que les locaux d’apaisement seront disponibles pour l’an prochain. Un local a été réaménagé rapidement, mais il y a un peu de travaux à faire encore », dit-elle.

Michel Picard, président de l’Association professionnelle du personnel administratif, souligne de son côté que l’état déplorable de l’école de l’Étincelle est dû à des décennies de négligence et de sous-financement des écoles publiques. « On manque de personnel. Le bâtiment est désuet. Les élèves sont handicapés, ils ont des difficultés à se déplacer, et le bâtiment compte trois étages sans ascenseur. Les locaux sont petits. Le corridor est surchargé du matin au soir. »

1 commentaire
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 11 juin 2019 07 h 14

    Youppie !?!

    « Je dis aux commissions scolaires, faites des demandes, vous allez être agréablement surprises par l’ouverture du gouvernement du Québec. (…) Le gouvernement est là pour les élèves vulnérables. Les ressources vont être là, on va investir » (Jean-François Roberge, Ministre, MÉES)

    Oui, bien sûr, il est bien d’investir là où tout le monde sera content d’enseigner-apprendre en dehors des placards dits d’apaisement !

    De ce « oui »,

    Youppie !?! - 11 juin 2019 -