Une rencontre de la dernière chance pour les Petits Chanteurs du Mont-Royal

La CSDM a mis fin en mars dernier à une entente historique qui permettait aux Petits Chanteurs du Mont-Royal d’être scolarisés gratuitement (en plus de frais accessoires) au collège Notre-Dame, une école privée située juste en face de l’oratoire Saint-Joseph.
Photo: Oratoire Saint-Joseph La CSDM a mis fin en mars dernier à une entente historique qui permettait aux Petits Chanteurs du Mont-Royal d’être scolarisés gratuitement (en plus de frais accessoires) au collège Notre-Dame, une école privée située juste en face de l’oratoire Saint-Joseph.

Une « rencontre de la dernière chance » au sujet de l’avenir des Petits Chanteurs du Mont-Royal doit avoir lieu lundi entre le ministre Jean-François Roberge et la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Catherine Harel Bourdon.

Selon ce que Le Devoir a appris, le ministre de l’Éducation s’attend à ce que la Commission scolaire fasse une proposition acceptable pour les parents et pour les élèves eux-mêmes. Les scénarios avancés à ce jour par la CSDM ne permettent pas d’assurer la pérennité de « l’institution culturelle » que sont les Petits Chanteurs, selon le ministre.

Il a invité la Commission scolaire, il y a trois semaines, à « faire ses devoirs » et à proposer une solution attrayante pour scolariser les Petits Chanteurs au secondaire. Le ministre espère qu’elle aura trouvé cette solution.

Le ministre Roberge et la présidente de la CSDM doivent se rencontrer à la fin de la visite d’une école montréalaise lundi. Il s’agira d’une « rencontre de la dernière chance », indiquent nos sources.

Le ministre déplore le fait que la Commission scolaire « semble rester campée sur ses positions » en dépit des « récriminations et inquiétudes de nombreux parents et d’acteurs du milieu culturel ».

La CSDM a mis fin en mars dernier à une entente historique qui permettait aux Petits Chanteurs du Mont-Royal d’être scolarisés gratuitement (en plus de frais accessoires) au collège Notre-Dame, une école privée située juste en face de l’oratoire Saint-Joseph.

La Commission scolaire a proposé aux Petits Chanteurs de fréquenter un programme arts-études dans une école secondaire publique — l’Académie de Roberval ou l’école Édouard-Montpetit. Les parents des choristes ont refusé parce que ces scénarios supposent de longues heures de transport quotidien entre l’école et l’oratoire, où ils chantent.

Le président du conseil d’administration des Petits Chanteurs, Pierre-Éloi Talbot, a expliqué au Devoir que les parents des choristes ont établi une liste de critères qui ferait en sorte qu’un scénario soit acceptable, dont trois écoles à proximité du lieu de pratique des enfants. Il s’agit des écoles Lavoie, Saint-Luc et de l’école internationale. M. Talbot a affirmé que, dans le cas des deux premières, la CSDM avait refusé parce que les établissements sont actuellement en surcapacité et que leur horaire est incompatible avec celui des choristes. Selon M. Talbot, la CSDM a également balayé du revers de la main l’option d’envoyer les Petits Chanteurs à l’école internationale. « Ce que je comprends, c’est que c’est une école qui est très recherchée dans leurs réseaux et qu’ils ne veulent pas faire de la place pour nous là-bas », a-t-il déclaré, ajoutant avoir l’impression que la CSDM « offre un peu les écoles où ils ont des trous à remplir ».

Au primaire, les Petits Chanteurs fréquentent l’école publique Notre-Dame-des-Neiges, située à deux pas de l’oratoire. La CSDM juge inconcevable que les élèves bénéficient d’un passe-droit leur permettant de fréquenter gratuitement un collège privé au secondaire. Elle propose de scolariser les Petits Chanteurs dans le réseau public pour le même prix.

Une nouvelle accueillie avec soulagement

Pierre-Éloi Talbot s’est réjoui d’apprendre la tenue d’une rencontre entre le ministre Roberge et la présidente de la CSDM. « On accueille ça avec une certaine satisfaction et même, sans savoir comment ça va finir, avec un certain soulagement », a-t-il déclaré au Devoir. « On sent vraiment que le ministre a compris les enjeux et surtout compris l’élément d’urgence [de la situation] », a-t-il ajouté.

Selon M. Talbot, environ la moitié des enfants touchés par la fin de l’entente entre les Petits Chanteurs et le collège Notre-Dame quitteront la formation à leur entrée au secondaire. Il estime que la désaffection du choeur aurait pour effet de miner la force de la formation, et aurait également des conséquences économiques mettant en jeu la survie du choeur. « Si on perd ne serait-ce que 10 à 15 % des enfants », on perd les frais musicaux de ces enfants-là et on n’est plus capables de boucler un budget », a-t-il prédit.

La présidente de la CSDM a décliné la demande d’entrevue du Devoir. Un porte-parole de la CSDM a déclaré que Mme Harel Bourdon souhaite d’abord s’entretenir avec le ministre Roberge.

Avec Leïla Jolin-Dahel