Québec annonce une aide de 70 millions pour les élèves vulnérables

Sur les 225 000 élèves considérés vulnérables au Québec, 150 000 ne décrocheront pas leur premier diplôme si rien n’est fait, selon le ministre Jean-François Roberge.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Sur les 225 000 élèves considérés vulnérables au Québec, 150 000 ne décrocheront pas leur premier diplôme si rien n’est fait, selon le ministre Jean-François Roberge.

« Garder espoir, la cavalerie s’en vient ! » C’est dans ces termes que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé mardi une aide supplémentaire aux 225 000 élèves vulnérables.

Il a confirmé un investissement récurrent de 70 millions $ et l’ajout de 850 enseignants, professionnels et ressources de soutien professionnelles dans le réseau scolaire en vue de la prochaine rentrée.

En point de presse à l’Assemblée nationale, M. Roberge a ventilé cette somme de 70 millions $, qui était déjà prévue dans le budget.

- 47 millions $ pour instaurer un plancher de services dans toutes les écoles ;

- 20 millions $ pour ajouter 150 classes spéciales ;

- 3 millions $ pour déployer des cliniques mobiles en régions éloignées.

Les 225 000 élèves considérés vulnérables au Québec sont handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA). Selon le ministre, si rien n’est fait, 150 000 d’entre eux ne décrocheront pas leur premier diplôme.

Pour les aider, M. Roberge souhaite recruter d’anciens enseignants ou professionnels ayant quitté la profession, ainsi que ceux travaillant à l’heure actuelle dans le réseau privé.

« Le réseau public n’est pas assez attirant, a-t-il affirmé. Quand on ajoute de l’argent comme ça, bien on vient assurer aux gens qui font le choix du réseau public de travailler dans une ou deux écoles, d’avoir un travail à temps plein et même d’avoir une permanence, parce que l’argent qu’on met là, c’est de l’argent récurrent. »

Par ailleurs, le ministre a également annoncé, mardi, qu’il déposera un projet de loi cet automne concernant la transformation des commissions scolaires en centres de services.

« C’est important de le faire parce que peu importe le nombre de professionnels qu’on ajoute, ce ne sera jamais une bonne idée d’avoir une mauvaise gouvernance », a-t-il lâché.

Dans un communiqué, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a qualifié l’investissement de 70 millions $ de bien « ténu ».

« Lorsque le ministre affirme qu’il assure un seuil de services, on peut sérieusement en douter parce que cet ajout n’est pas suffisant, a réagi la présidente de la CSQ, Sonia Ethier. Le fait de prévoir des équipes mobiles pour parcourir les régions éloignées du Québec n’est pas une solution appropriée. Il faut consolider les équipes et faire en sorte qu’elles soient présentes, dans les écoles, afin d’assurer les suivis appropriés auprès de tous les intéressés. Il s’agit d’un incontournable pour nous. »