Une école sur trois de la CSDM sort appauvrie de l’exercice

Le ministre Jean-François Roberge a beau avoir augmenté de façon importante les budgets pour les écoles démunies, 57 écoles de la Commission scolaire de Montréal subiront des coupes de budget totalisant 1,7 million de dollars l’an prochain.  
Photo: Catherine Legault Le Devoir Le ministre Jean-François Roberge a beau avoir augmenté de façon importante les budgets pour les écoles démunies, 57 écoles de la Commission scolaire de Montréal subiront des coupes de budget totalisant 1,7 million de dollars l’an prochain.  

Malgré des millions investis en éducation, pas moins du tiers des écoles de la plus grande commission scolaire du Québec perdent de précieux budgets voués à l’aide aux élèves de quartiers défavorisés. Tout cela à cause de l’embourgeoisement de quartiers de Montréal devenus trop « riches » pour que les élèves aient droit à un coup de pouce supplémentaire pour les faire réussir.

Le ministre Jean-François Roberge a beau avoir augmenté de façon importante les budgets pour les écoles démunies — et pour embaucher des professionnels de soutien aux élèves — 57 écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) subiront des coupes de budget totalisant 1,7 million de dollars l’an prochain, a appris Le Devoir.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a pourtant déclaré au Devoir, samedi, qu’il « n’y a pas de coupes en éducation ». S’il est vrai que les budgets ont augmenté, la façon de répartir les fonds, elle, a changé. Et pénalise les écoles situées dans des quartiers autrefois défavorisés qui sont désormais favorisés à cause de l’arrivée de familles aisées (comme Villeray, Rosemont, le Plateau-Mont-Royal ou le Sud-Ouest).

En revanche, 107 écoles de la CSDM sortent gagnantes des nouveaux indices de défavorisation et obtiendront 4,96 millions de dollars de plus pour embaucher du personnel spécialisé dans l’aide aux élèves en difficulté.

« On a une augmentation budgétaire pour embaucher du personnel, mais est-ce que ça comble nécessairement tous nos besoins ? La réponse est non », dit Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.

La commissaire indépendante Violaine Cousineau souligne de son côté qu’on est loin des « embauches massives » évoquées par le ministre Roberge. « Les gouvernements disent depuis deux ans qu’ils réinvestissent, mais on n’a même pas récupéré les coupes de postes des années précédentes. Je suis scandalisée cette année comme je l’étais l’année dernière », dit-elle.

Pour amoindrir le choc dans les 57 écoles qui perdaient du financement, la commission scolaire leur a versé 25 % des sommes supplémentaires auxquelles 107 autres écoles avaient droit.

D’autres investissements de Québec permettent à la commission scolaire d’embaucher 74 professionnels (orthopédagogues, psychoéducateurs, architectes, ingénieurs, analystes, etc.). Une hausse d’effectifs de 10 %.