Les internes en psychologie recevront tous des bourses de 25 000 $

La décision globale du gouvernement au sujet de la rémunération des stages sera annoncée à la fin du mois de mai ou au début du mois de juin.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La décision globale du gouvernement au sujet de la rémunération des stages sera annoncée à la fin du mois de mai ou au début du mois de juin.

Fini le tirage au sort de bourses d’études : tous les finissants en psychologie auront une bourse de 25 000 $ pour faire leur internat de 1600 heures — l’équivalent d’une année de travail — à compter de septembre prochain, a tranché jeudi le ministre Jean-François Roberge.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) a dissipé les doutes qui planaient sur le programme de bourses des étudiants en psychologie.

« J’ai la certitude absolue qu’il n’y aura pas de tirage, que l’ensemble des étudiants en psychologie qui font leur internat auront leur bourse en septembre prochain », a affirmé M. Roberge lors de l’étude des crédits en enseignement supérieur.

Le ministre a trouvé « totalement absurde » l’idée d’organiser un tirage au sort pour distribuer les bourses de 25 000 $ pour les finissants en psychologie. Devant le manque de fonds, l’Université de Sherbrooke avait annoncé cette solution de dernier recours au début de l’année 2019.

Le programme de bourses en psychologie a enregistré un surplus au cours des dernières années, de sorte qu’il reste assez de fonds pour la prochaine année scolaire, a expliqué le ministre Roberge.

La députée libérale Marwah Rizqy a demandé avec insistance si les bourses seront livrées peu importe le nombre d’étudiants. « Y aura-t-il des sommes additionnelles pour septembre ? Il y a une demande accrue pour plus d’internats dans le réseau public [en psychologie]. Il ne faut pas reporter le problème à l’année suivante », s’est-elle inquiétée.

Le ministre s’est fait rassurant. Il a précisé dans un communiqué que l’évaluation du programme, prévue pour l’année 2020-2021, sera devancée pour que « tous les doctorants admissibles au programme qui en font la demande » aient accès à une bourse à l’avenir.

Bientôt plus de fonds

Le ministre Roberge a indiqué que la décision globale du gouvernement au sujet de la rémunération des stages sera annoncée à la fin du mois de mai ou au début du mois de juin.

Cette épineuse question est la priorité des associations étudiantes, qui ont fait une série de grèves au cours de l’hiver pour réclamer la rémunération de tous les stages.

« Il y aura plus d’argent » pour les stagiaires, a assuré le ministre. « Ça ne sera pas un scénario à la pièce, […] mais ça ne veut pas dire que chacun des stages sera compensé », a-t-il expliqué.

Par exemple, le premier stage en enseignement ne nécessite que « quelques heures », de sorte que les stagiaires peuvent continuer à travailler à temps partiel, a-t-il expliqué. Ce genre de stage ne sera pas compensé financièrement.

Par contre, il est tout à fait normal de rémunérer le stage de quatrième année : « C’est presque une tâche complète d’enseignant. […] Ça prend un temps fou et c’est épuisant », a dit Jean-François Roberge, qui a lui-même fait ce stage avant d’enseigner durant 17 ans.

Une équipe du MEES est en train de dresser un portrait exhaustif des stages au Québec pour déterminer lesquels seront compensés financièrement — ou donner lieu à une protection en vertu des normes du travail — et lesquels ne le seront pas.

Le ministre Roberge a dit être conscient de la « précarité » des stagiaires, qui s’exposent à du harcèlement, à de l’intimidation ou même à des violences sexuelles, selon lui.