Célébrations et contestations pour le 50e de l’UQAM

La rectrice de l’UQAM, Magda Fusaro, estime que si la contestation fait partie de l’ADN de son université, l’excellence y trouve tout autant sa place.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La rectrice de l’UQAM, Magda Fusaro, estime que si la contestation fait partie de l’ADN de son université, l’excellence y trouve tout autant sa place.

L’Université du Québec à Montréal (UQAM), véritable berceau de la contestation et de la justice sociale, a amorcé mardi une année de célébrations pour souligner ses 50 ans. Mais dans la tradition de l’UQAM, une partie de bras de fer entre la direction et des étudiants a marqué le lancement de la fête.

Les étudiants qui ont fait la grève pour la rémunération des stages au cours des dernières semaines doivent reprendre les cours et les stages annulés, sinon ils risquent de ne pas réussir leur session, a affirmé la rectrice Magda Fusaro en entrevue avec Le Devoir, mardi.

L’UQAM a beau être sympathique aux revendications sociales, y compris celles de ses étudiants, elle a l’obligation de livrer des diplômes de qualité, fait valoir la rectrice. Dans certains cas, les ordres professionnels exigent un nombre minimal d’heures de stage pour donner accès à la profession.

« Nous devons garantir la qualité de la formation. Ultimement, il faut les faire, ces heures [de cours et de stage] ! Nous avons effectivement indiqué les modalités de reprise pour les cours. Il faut terminer le nombre de cours requis. C’est là-dessus que l’on garantit que la qualité de la formation est atteinte », a dit Magda Fusaro.

Les étudiants en sciences de l’éducation et en sciences humaines de l’UQAM continuent le combat pour la rémunération des stages : ils doivent se prononcer jeudi et vendredi sur de nouveaux mandats de grève. Ils veulent éviter d’avoir à reprendre les activités pédagogiques annulées par les journées de grève qui ont été votées entre le 18 mars et le 2 avril.

Les journées de stage annulées ont fait mal aux écoles qui accueillent des stagiaires en enseignement, souligne l’association étudiante en sciences de l’éducation. « Si l’UQAM réprime aussi sévèrement les stagiaires grévistes, c’est parce que le travail qu’on accomplit en stage est important et qu’il contribue à l’organisation du travail dans les milieux de stage. C’est précisément pour cette raison que nous exigeons d’être payées ! » a déclaré Charlène Boucher, étudiante en enseignement en adaptation scolaire et sociale.

La rectrice de l’UQAM dit appuyer les revendications étudiantes pour la rémunération des stages. Elle rappelle que le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, s’est engagé à annoncer au cours du mois d’avril une série de mesures pour rétribuer les stagiaires.

« 50 ans d’audace »

L’UQAM a été fondée il y a un demi-siècle, le 9 avril 1969. En pleine Révolution tranquille, cette institution a eu pour mission de donner accès à l’enseignement supérieur à une première génération de francophones issus des classes populaires.

Depuis, l’UQAM est un haut lieu de soulèvements sociaux. L’établissement a « une image de contestation, certainement, de revendications », reconnaît la rectrice. « Qu’il y ait des grèves, bien sûr. Est-ce que je vais les contester ? Absolument pas ! Ça fait partie du mouvement. Et je crois que si on se dit audacieux, et si l’UQAM revendique cette appartenance à l’audace, il faut permettre l’éclosion de toutes les voix, les débats, les prises de position », dit Magda Fusaro au Devoir.

L’UQAM est toutefois plus qu’un lieu de contestation, estime la rectrice. Les festivités du 50e anniversaire visent notamment à souligner les bons coups de l’université, son « excellence », et ses diplômés qui s’illustrent partout dans le monde — y compris à l’Assemblée nationale, où dix-sept anciens de l’UQAM, dont quatre ministres, ont été élus.

Magda Fusaro rappelle d’ailleurs au ministre Jean-François Roberge, lui-même diplômé de l’UQAM en enseignement, qu’elle espère des investissements pour les universités. « Le gouvernement a donné cette année la priorité au préscolaire, au primaire et au secondaire. Pour moi, c’est déterminant, parce que ce sont eux qui formeront notre prochaine relève et qui vont venir à l’université. J’aimerais vraiment qu’on s’occupe aussi d’enseignement supérieur, parce que nous avons des défis majeurs. Espérons que l’an prochain, ce sera pour nous. »