Québec renvoie la CSDM à la planche à dessin

Un élève de l’école Irénée-Lussier, dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Un élève de l’école Irénée-Lussier, dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve

L’impasse budgétaire entourant la construction d’une nouvelle école pour élèves handicapés dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve n’est pas près de se résorber. Le ministre de l’Éducation estime que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) doit refaire ses devoirs pour combler le manque à gagner de 9,4 millions de dollars en vue d’aménager cet ambitieux projet d’école pour élèves ayant une déficience intellectuelle.

Ceux qui souhaitaient une solution rapide au manque de financement de la nouvelle école Irénée-Lussier devront s’armer de patience. La Coalition avenir Québec a beau avoir promis de doter le Québec des « plus belles écoles du monde », le ministre Jean-François Roberge prévient qu’il est hors de question de combler le trou financier à même le premier budget du gouvernement Legault, qui sera déposé jeudi.

« La CSDM a modifié sa demande initiale autorisée par le ministère, d’où l’écart entre la somme accordée et celle que la commission scolaire juge nécessaire », a indiqué au Devoir Francis Bouchard, attaché de presse du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

« Le dossier suit son cours, et des échanges ont lieu entre le ministère et la commission scolaire à ce sujet. Le dossier révisé n’est pas encore sur le bureau du ministre, il est donc prématuré de se prononcer à ce stade-ci. Celui-ci l’étudiera avec attention le temps venu », a-t-il précisé.

Un projet hors de l’ordinaire

La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, souhaite que le gouvernement approuve au plus vite la construction d’un nouveau bâtiment pour l’école Irénée-Lussier. L’ancien ministre libéral de l’Éducation, Sébastien Proulx, était venu annoncer en grande pompe le projet, en décembre 2016, mais depuis, les coûts ont explosé : le Conseil du trésor a autorisé un budget de 41,05 millions de dollars, mais la facture s’élève désormais à 50,5 millions.

La plus grande commission scolaire du Québec attribue cette augmentation à la surchauffe de l’industrie de la construction à Montréal et à la complexité du projet. Une école comme celle-là, conçue pour 250 élèves atteints de déficience intellectuelle moyenne ou profonde (dont la moitié a aussi un trouble du spectre de l’autisme), nécessite des aménagements hors de l’ordinaire : espaces élargis pour permettre au personnel de soutien de jouer son rôle auprès des enfants, ascenseur, air climatisé, cuisine professionnelle pour offrir la formation aux élèves plus âgés…

L’aménagement d’un gymnase, qui pourrait profiter à toute la population montréalaise, et non aux seuls élèves de l’établissement, fait partie du projet. La présidente de la CSDM imagine un partenariat avec la Ville de Montréal pour partager les coûts, mais la mairesse Valérie Plante affirme que la Ville n’en a pas les moyens.

« Je ne veux pas minimiser l’importance d’une école, mais la Ville de Montréal a énormément de responsabilités avec des ressources et des revenus somme toute très limités. De prime abord, j’inviterais la commission scolaire à trouver des solutions avec le ministre de l’Éducation. Je pense que c’est là que la clé se trouve », a-t-elle indiqué au Devoir.