La CSDM sera tolérante avec les grévistes

Les élèves de la CSDM pourront manifester pour le climat vendredi le 15 mars à condition que leurs parents avertissent l’école de leur absence.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les élèves de la CSDM pourront manifester pour le climat vendredi le 15 mars à condition que leurs parents avertissent l’école de leur absence.

Les élèves de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pourront faire la grève vendredi pour aller à la manifestation pour le climat, à la condition que leurs parents avertissent l’école de leur absence.

L’école buissonnière pour cause de grève climatique restera toutefois interdite tous les autres vendredis de l’année, même si des manifestations étudiantes sont prévues chaque semaine partout dans le monde. Les élèves risquent des sanctions, comme l’ont appris 168 jeunes de l’école secondaire Robert-Gravel, sur le Plateau-Mont-Royal. Ils ont eu des retenues pour avoir pris part sans autorisation à une grève pour le climat, chaque vendredi après-midi depuis le 15 février.

« On comprend que le vendredi 15 mars est un événement spécial. On souhaite que les parents en discutent avec leurs jeunes et préviennent l’école de leur absence », dit Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.

Les parents doivent savoir que les écoles n’accompagneront pas les enfants dans les manifestations. « Les enseignants ne seront pas avec les enfants. On ne peut pas assurer la sécurité des élèves dans une manifestation », dit la présidente de la plus grande commission scolaire du Québec.

Il est hors de question de permettre aux élèves de sortir manifester lors des vendredis restants d’ici la fin de l’année scolaire, parce que le régime pédagogique impose un calendrier et des matières à enseigner, insiste Mme Harel Bourdon.

« Nous avons la ferme conviction que la lutte contre les changements climatiques doit se poursuivre tous les jours, indique la CSDM dans une lettre transmise mardi aux parents d’élèves. En tant que pédagogues et mentors, nous reconnaissons l’importance de transmettre à nos élèves les notions relatives à la préservation de l’environnement. À cet effet, il va sans dire que nous encourageons l’organisation, à l’intérieur de nos établissements, de toute activité visant à sensibiliser la population aux enjeux liés aux changements climatiques. »

Mardi après-midi, les élèves de l’école secondaire Joseph-François Perrault, appartenant à la CSDM, ont d’ailleurs voté presque à l’unanimité en faveur d’une grève pour le climat pour vendredi.

On comprend que le vendredi 15 mars est un événement spécial

 

Certes, la CSDM a annoncé aujourd’hui que les parents pourront motiver l’absence de leur enfant qui participe à la manifestation, mais « tous les parents ne voudront pas appeler l’école », souligne Albert Lalonde, l’un des organisateurs de la journée de débrayage à l’école Joseph-François Perrault. Et si les cours se poursuivent pendant la marche pour le climat, des élèves seront pénalisés en manquant de la matière et des examens. Les écoliers piquetteront donc vendredi matin dès 6 h pour forcer la direction à ne pas ouvrir les portes de l’établissement. « On a voulu marquer le coup et s’assurer de fermer l’école », dit M. Lalonde.

Ailleurs au Québec

En parallèle, le mouvement de grève se répand aussi dans les régions. Mélanie Gendron-Daigneault, mère d’une élève de Mont-Laurier, prévoyait de demander mardi soir à la commission scolaire locale de permettre aux jeunes de manifester vendredi.

« Les étudiants veulent faire la grève, mais ils attendent le O.K. de leur direction d’école. C’est important de permettre aux élèves de militer pour l’environnement », dit la mère qui ira manifester vendredi avec sa fillette de 9 ans.

À la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord, dans les Laurentides, on dit cependant « ne pas avoir eu d’échos indiquant que nos élèves seront de la manifestation ». Même chose à la Commission scolaire de la Capitale, à Québec, qui ne compte pas adopter de mesures spéciales pour vendredi.

Le directeur du Collège Notre-Dame, un établissement secondaire privé à Montréal, a transmis une lettre aux parents, mardi, expliquant que, malgré la solidarité de la direction à l’endroit du mouvement, « la production d’un relevé d’absence à chaque période de la journée et la transmission de cette information aux parents concernés est une obligation légale et contractuelle [à laquelle] le Collège ne peut se soustraire ». Les parents devront motiver les absences de leurs enfants s’ils veulent éviter qu’ils soient sanctionnés. La lettre ne spécifie pas si la participation à une grève climatique constitue une raison valable pour manquer les cours.