Le bulletin est là pour rester, dit le ministre

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a tranché mercredi en faveur du maintien de la moyenne de groupe dans les bulletins scolaires des élèves.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a tranché mercredi en faveur du maintien de la moyenne de groupe dans les bulletins scolaires des élèves.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, rejette du revers de la main la recommandation du Conseil supérieur de l’éducation (CSE) d’abolir le bulletin scolaire actuel, qui classe chaque élève par rapport à la moyenne du groupe.

« Le bulletin chiffré, avec les moyennes, est là pour rester. Ça, c’est la décision du ministère », a-t-il dit sans détour à son arrivée à l’Assemblée nationale, mercredi. « On n’a pas l’intention de suivre cette recommandation-là. »

Pour favoriser le « plaisir d’apprendre » au primaire et en 1re et 2e secondaires, le CSE suggère d’« abandonner le bulletin chiffré actuel » ainsi que la moyenne de groupe — deux sources d’anxiété, selon l’organisme — au profit d’un document de chiffres, de cotes (A, B, C, D, E), de tableaux ou de graphiques.

L’avis du CSE est « très intéressant », selon M. Roberge. Celui-ci a toutefois échoué à le convaincre. En effet, il a tranché mercredi en faveur du maintien de la moyenne de groupe dans les bulletins scolaires des élèves. « Ça aide les parents à comprendre le niveau de difficulté, le niveau d’exigences des enseignants », a-t-il expliqué à la presse. « Ce n’est pas tous les enseignants qui ont le même niveau d’exigences. »

« Bonshommes sourires »

M. Roberge s’oppose à l’évaluation des élèves au moyen de « bonshommes sourires » ou encore de « soleils » et de « nuages », et ce, par souci de clarté. « Je veux être bien clair. Il n’est pas question pour notre gouvernement d’éliminer les pourcentages, les moyennes de groupe… De retourner à ce qu’on a eu au début des années 2000 : des bulletins avec des symboles, ou des émoticônes. Ce n’était pas très clair pour les parents. Il faut bien considérer le bulletin comme un outil de communication famille-école. Il doit être facilement compréhensible », a plaidé l’ex-enseignant.

L’élu caquiste souligne toutefois que « les évolutions en cours d’étape, en cours d’apprentissage peuvent être modifiées, améliorées ». « Les enseignants sont des professionnels. C’est à eux de choisir », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le ministre Jean-François Roberge a dit soutenir les enseignants qui relèvent la note d’un élève de quelques points afin d’assurer son passage vers une nouvelle année. « Une note, même en pourcentage, ce n’est pas une simple addition d’une série de chiffres. Ça relève d’un jugement professionnel. Il n’y a pas de problème quand c’est l’enseignant qui le fait. J’ai des problèmes quand il le fait sous pression pour gonfler des statistiques », a-t-il insisté, avant de répéter : « Je fais confiance au jugement professionnel des enseignants. »

Le leader parlementaire de l’opposition officielle, Sébastien Proulx, appuie la décision de M. Roberge d’ignorer la recommandation du CSE. Cela dit, il appelle son successeur à la tête du ministère de l’Éducation à « repenser la façon dont on fait l’évaluation ». « [Les] élèves ne doivent pas se trouver dans une situation où ils se préparent à réussir un examen. Il faut toujours être en situation d’apprentissage et, un jour, on vient contrôler le degré d’apprentissage », a soutenu l’élu libéral.