Mise en garde d’un homme de gauche contre la censure qu’exerce la gauche

«Aujourd’hui, la gauche, souvent, est le lieu d’origine de ces interdictions de parole, de ces indignations morales au nom desquelles on somme des gens de se taire», dit Normand Baillargeon.
Photo: «Quand les pouvoirs s'emmêlent» / Source Maison 4 tiers «Aujourd’hui, la gauche, souvent, est le lieu d’origine de ces interdictions de parole, de ces indignations morales au nom desquelles on somme des gens de se taire», dit Normand Baillargeon.

En bannissant au cours des derniers jours une conférencière pour ses opinions jugées offensantes, les délégués d’un syndicat de professeurs montréalais ont répété un phénomène qui se répand dans les milieux de gauche, surtout en Amérique du Nord : l’interdiction de parole pour protéger des « victimes ».

Les cas de censure comme celui-là se multiplient, surtout dans les campus de collèges et d’universités du Canada et des États-Unis. Et c’est extrêmement troublant, affirme l’auteur et chroniqueur Normand Baillargeon, qui dirige le collectif Liberté surveillée, fraîchement paru chez Leméac.

Le recueil de 268 pages rappelle de façon lancinante que la liberté d’expression craque de partout. « Je suis en désaccord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire », dit une citation souvent faussement attribuée à Voltaire. Trois siècles plus tard, le droit de parole est loin de l’idéal des Lumières.

« On assiste en ce moment à un curieux renversement. Autrefois, la censure était le fait d’institutions comme l’État ou l’Église, qui exerçaient un contrôle sur ce qui peut être dit. Aujourd’hui, la gauche, souvent, est le lieu d’origine de ces interdictions de parole, de ces indignations morales au nom desquelles on somme des gens de se taire », dit Normand Baillargeon — qui sait de quoi il parle : il est lui-même issu de la gauche.

« L’indignation morale prend la place des arguments. Il suffit de revendiquer un statut de victime pour avoir le droit d’en appeler à une autorité pour censurer des paroles », ajoute-t-il.

Débat impossible

L’essayiste s’emporte en parlant de la tempête qui frappe l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal. L’assemblée des délégués du syndicat a annulé la conférence (sur la laïcité) et la table ronde (sur le féminisme et le mouvement #MoiAussi) où la professeure Nadia El-Mabrouk, de l’Université de Montréal, devait prendre la parole.

Plusieurs raisons ont été évoquées : elle est favorable à l’interdiction des signes religieux pour les enseignants — les syndicats s’y opposent. Elle a critiqué le cours éthique et culture religieuse. Mais surtout, la conférencière a commis l’impair de « mégenrer » une personne trans de 14 ans qui se présente comme une fille. Dans un texte d’opinion, elle l’a décrite comme un garçon.

Normand Baillargeon et d’autres penseurs voient ici à l’oeuvre une « culture de la victimologie » : les syndiqués ont réussi à faire taire une voix dissidente sous le prétexte de protéger élèves ou enseignants trans victimes de discrimination.

Dans les milieux de gauche, il est devenu difficile de débattre d’une série d’enjeux, note Baillargeon : questions relatives au sexe et au genre, traditions culturelles, immigration, nationalisme, racisme, sans oublier tout ce qui concerne la laïcité et la religion. On veut s’entourer de gens qui pensent comme nous. Il faut surtout éviter de traumatiser des victimes potentielles de discrimination.

Des mots nouveaux témoignent de cette rectitude politique : « avertissement préventif » (trigger warning) prévenant étudiants ou lecteurs de passages pouvant les heurter ; « micro-agressions » ou « appropriation culturelle » par des membres d’une culture dominante ; « espaces protégés » (safe spaces) pour personnes minoritaires ; « désinvitation » pour cause de propos jugés offensants.

Des questions qui dérangent

La philosophe féministe Rhéa Jean a été expulsée d’un séminaire intitulé « Sexe, genres et transidentité », à l’automne 2016, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Son crime ? Elle affirme, comme l’anthropologue Françoise Héritier, que les humains sont des êtres sexués. Qu’il y a des hommes et des femmes (et aussi, il est vrai, des êtres qui naissent intersexués).

Les militants pro-genre s’opposent à cette vision des choses. Pour eux, le sexe d’une personne importe peu. L’important, c’est le genre qu’une personne décide d’adopter. Pour les tenants de l’identité de genres, il suffit de se considérer comme une femme pour l’être.

Rhéa Jean respecte les personnes qui font ce choix. Elle appuie l’interdiction de la discrimination sur la base de l’identité de genre inscrite récemment dans la Charte des droits et libertés. Il est inconcevable qu’une personne trans se fasse refuser un emploi ou un logement sur la base de son identité, fait valoir Mme Jean. Mais débattre d’identité sexuelle ou de genre d’un point de vue anthropologique, philosophique ou biologique, ce n’est pas de la discrimination, selon elle.

« Il y a des chercheurs et des intellectuels qui posent des questions fondamentales et qui se font censurer. Faut-il réécrire les livres de biologie et les dictionnaires et redéfinir ce que sont un homme et une femme ? »

« Je me suis toujours considérée comme de gauche, mais je me demande ce que ça veut dire, maintenant, dit la philosophe. C’est beaucoup lié à des questions d’idéologies, d’identité. On a abandonné la gauche qui défend les travailleurs, les pauvres, qui lutte contre les inégalités et contre le capitalisme. Cette gauche est plutôt une pensée postmoderne, individualiste, qui veut imposer à tout le monde sa vision personnelle. »

Devant les menaces, la tentation est grande de s’autocensurer, souligne Normand Baillargeon. Le péril est encore plus grand en enseignement supérieur, selon lui : la marchandisation de l’université et la course aux fonds de recherche, conjuguées aux politiques de l’identité, créent « un dangereux cocktail par lequel l’enseignement peut se muer en endoctrinement, et la formation intellectuelle, en propagande en faveur de positions politiques décrétées par avance seules acceptables ».

 
 

Une version précédente de cet article, qui attribuait faussement une citation à Voltaire, a été corrigée.

83 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 31 janvier 2019 01 h 23

    La liberté de parole est la raison d'être de notre démocratie.

    Je suis tout à fait d'accord avec vous, monsieur Baillargeon. Effectivement, «l’indignation morale prend la place des arguments.» La gauche a abandonné sa lutte traditionnelle pour défendre les travailleurs, les pauvres, et les laissés-pour-compte, pour avancer plutôt une pensée de victimisation, postmoderne et individualiste.
    C'est la raison pour laquelle j'ai écrit un article intitulé: «La gauche se trompe lourdement sur la laïcité» dans ce même journal, où je décris «l’intransigeance de la gauche». La gauche, à laquelle j’appartiens, n’arrête pas de lancer des insultes gratuites à ceux qui ne sont pas d’accord avec elle. On nous accuse de racisme, d’intolérance et de xénophobie parce que nous sommes pour la laïcité et contre le port de signes religieux dans la fonction publique, ou parce que l’on critique les pratiques misogynes, intégristes, homophobes des religions». Je suis surprise que «la gauche qui a toujours défendu les femmes de l’emprise de la religion soit en train de justifier maintenant les excès de l’islam politique misogyne».
    La liberté de parole est le socle de notre démocratie. Il faut faire attention de ne pas museler la discussion et le débat en faveur de la pensée unique et la rectitude politique.

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 janvier 2019 08 h 28

      @ Nadia Alexan,

      Vous êtes bien libre de penser ce que vous voulez Mme Alexan.

      Mais c'est de l'aveuglement volontaire de refuser de voir combien la question de la laïcité et du port des signes religieux a nourrit la haine et le racisme au Québec; et particulièrement depuis la campagne de "Wedge Politic" du Parti québécois lors des élections de 2014.

      Et un simple et bref passage sur la page Facebook de Xavier Camus convaincra quiconque qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre que ce n'est pas une exagération, quand on lit un paquet d'insanités qui ont été captées et reproduites par Camus sur sa page. La commémoration du drame de la grande mosquée de Québec devrait nous rappeler que le Québec est loin d'être dépourvu racisme et que nous avons encore beaucoup de chemin à faire dans ce domaine.

      Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 31 janvier 2019 09 h 01

      Article sur lequel je vous ai appuyé, Mme Alexan, et je continuerai.

      La réalité est qu'une grande part de cette gauche, oui je parle de la constellation QS, a d'immense problèmes identitaires. Plus frileux que ça...

      Le besoin de trouver des torts moraux, de lancer des étiquettes, de créer des procès d'intention, liées à une recherche de vérité (par opposition à la réalité et à l'expérience), suit la ligne de toutes les religions depuis des millénaires, qui visent à différencier les bons et ceux qui savent des méchants et des Béotiens.
      L'utilisation malencontreuse d'un seul mot permet à cette gauche de condamner définitivement ce qui lui convient, et ainsi de se conforter dans sa "pureté", sa "vérité", sa "non-dérive", toutes preuves d'éligibilité absolue.
      Il est donc nécessaire de trouver beaucoup, beaucoup de méchants pour faire partie des "bons" et se reconnaître les uns les autres.
      Oui, frilosité identitaire il y a.

      Ainsi s'écrit le petit catéchisme de la "vraie gauche", sans compassion, sans pardon et qui place sa vérité avant l'individu.
      C'est nettement un anti-humanisme, comme tout autre monothéisme. Ici le dieu unique est nommé Matérialisme Dialectique.
      Tous les monothéismes prétendent que les méchants seront punis et les bons, récompensés. Les méchants vont en enfer, c'et entendu. Les bons alors restent entre eux, ne pouvant plus se prouver qu'ils sont les bons. Alors ils trouvent de nouveaux méchants qui sont punis à leur tour, et ainsi de suite.
      C'est une constante que les États "de vérité" comme au sud des USA, l'ancienne URSS ou l'actuel Vénézuéla tant vanté par QS avant qu'on constate la catastrophe, ont des prisons remplies à ras bord.

      Le pire est que ce club, je reviens à QS, se pose en porte-paroles de gens dont il ignore tout. Victimes de tous les pays, unissez-vous... derrière moi pour que je ne vous vois pas.

      Jamais un social-démocrate le moindrement critique ne votera pour ça.

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 janvier 2019 11 h 03

      @ Nadia Alexan,

      "Je suis surprise que «la gauche qui a toujours défendu les femmes de l’emprise de la religion soit en train de justifier maintenant les excès de l’islam politique misogyne»" - Nadia Alexan

      Pour parler de ce que je connais, et donc, de la gauche de Québec solidaire, votre affirmation est fausse.

      Québec solidaire n'a jamais défendu l'islam politique et encore moins misogyne.

      Il a défendu le droit des femmes à décider pour elles-mêmes et leur droit de travailler dans la fonction publique.

      Voici d'ailleurs ce que disait Québec solidaire à ce propos et dans ce journal même:

      "Opposer l’espoir à la haine" - Françoise David et Andrés Fontecilla

      "Depuis sa fondation, Québec solidaire lutte avec ardeur contre l’intégrisme, contre tous les intégrismes, sans céder aux amalgames et à la stigmatisation de certaines communautés..." - Le Devoir, 23 mars 2015

      https://www.ledevoir.com/opinion/idees/435196/opposer-l-espoir-a-la-haine

      Autre source:

      Le voile n'est que toléré par QS, s'il faut en croire Amir Khadir. - Robert Dutrisac

      «Pour moi, le voile — pas juste le niqab — est un symbole de soumission et de domination de la femme par l'homme. C'est un symbole archaïque qui devrait être jeté aux rebuts de l'histoire», croit le député de Mercier. Mais, à ses yeux, ce n'est pas une raison pour exclure les femmes qui le portent. «Est-ce qu'on est une société où on aide ces femmes à se libérer ou on fait juste répondre à nos peurs et à nos questionnements identitaires?» - Le Devoir, 9 mars 2010.

      https://www.ledevoir.com/politique/quebec/284597/la-laicite-ouverte-cree-des-dissensions-chez-quebec-solidaire

      "

    • Nadia Alexan - Abonnée 31 janvier 2019 11 h 30

      À monsieur Montmarquette: Votre réponse démontre bel et bien «l’intransigeance» de la gauche dont je parle et comme le décrit bien ici, monsieur Baillargeon.
      Alors, selon vous, il faut éviter de parler de la laïcité pour ne pas attiser le racisme et la xénophobie.
      Donc, il faut accepter l'obscurantisme, la misogynie, l'homophobie, les dérives sectaires telles que la lapidation, la polygamie, l’excision, le mariage infantile, les crimes d’honneur, et l'endoctrinement de nos enfants dans les écoles, au nom de la paix sociale.
      Au lieu de faire avancer les idées progressistes des Lumières, vous tenez à vous accrocher aux dérives sectaires et à l'asservissement des femmes du 7e siècle. Vous succombez à l'aveuglement volontaire.

    • Raymond Labelle - Abonné 31 janvier 2019 11 h 36

      Rappel des faits. La proposition de désinvitation des délégués de l'Alliance de NEM n'était fondée que sur un extrait de cet article traitant de ce que NEM y appelait: "l'idéologie queer" - voici l'article de NEM: http://plus.lapresse.ca/screens/ee84bd37-3153-48c5

      "La professeure a été officiellement mise au ban à cause de ses positions sur l’identité des genres." d'après cet article du Devoir: https://www.ledevoir.com/societe/education/546358/censure-d-enseignants-au-sujet-de-la-laicite

      Or, aucun des sujets du colloque auquel NEM était invitée ne portait sur ce sujet (voir l'article du Devoir ici cité pour détails). La position des délégués mène donc nécessairement à la conclusion que, à cause de la supposée transphobie de NEM, celle-ci ne devrait jamais plus être invitée par l'Alliance à présenter quelque point de vue sur quelque sujet que ce soit, et donc y compris ceux n'ayant aucun rapport avec les questions d'identité sexuelle.

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 janvier 2019 12 h 01

      À -Jean-François Trottier,

      "Le pire est que ce club, je reviens à QS, se pose en porte-paroles de gens dont il ignore tout."-Jean-François Trottier

      1 ) Sur quoi vous basez-vous pour affirmer que QS ignore tout des gens qu'ils défend ? - Et comment pouvez-vous qualifier QS de "club" alors que les derniers chiffres de Québec125 démontrent qu'il dispose du double des intentions de vote du Parti québécois?

      2 ) Et sur quoi vous basez-vous pour affirmer que sur les 750,000 votes que Québec solidaire a obtenus aux dernières élections, qu'aucun social-démocrate n'aurait voté pour lui?

      En ce qui me concerne, ces propos sont de la pure fumisterie et basés sur du vent.

      Christian Montmarquette

    • Michèle Lévesque - Abonnée 31 janvier 2019 12 h 13

      @C.Montmarquette 08h28

      Je suis sidérée par ce (je cite) "cest de l'aveuglement volontaire de refuser de voir combien la question de la laïcité et du port des signes religieux a nourrit la haine et le racisme au Québec; et particulièrement depuis la campagne de "Wedge Politic" du[PQ] lors des élections de 2014."

      Il ne vous vient pas à l'idée qu'un phénomène d'opposition suppose deux parties? Et que, dans ce jeu, les opposants à la laïcité sont ceux qui mobilisent le plus la peur et le racisme en dressant ces épouvantails pour mieux en accuser les autres, une tactique vieille comme le monde? Les victimes abusées par ces politiques, qu'affectionnent tant les Libéraux que les Qsistes, ce sont d'abord les personnes croyantes. Ainsi, suite à la déclaration consternante de C. Harel-Bourdon (je cite) "va-t-on commencer à vous ouvrir la chemise pour savoir si vous portez une croix?", j'ai réalisé l'emprise de tels emporte-pièces totalement déconnectés de la réalité quand j'ai vu un pasteur protestant prendre cette menace au premier degré. Pourtant, rien dans les paroles et les attitudes du gouv. Legault n'indique, même de loin, qu'on s'oriente vers une telle "chasse aux sorcières". Mais le doute est semé. Voilà la tactique. Voilà l'effet. De peur, essentiellement. La faute du PQ, vraiment? Quant à X. Camus comme référence, ce n'est pas sérieux.

      Cette logique du sou noir est intenable : - "Bof, ce n'est qu'un sou noir, alors, je vais le prendre. - C'est vrai, ce n'est pas important, alors il est à moi." ... 60% de la population, toutes catégories confondues, est en accord avec la laïcité, mais QS, hier encore, continue de marteler que la laïcité n'est un problème que pour les fauteurs de troubles... Donc le sou (qui au fond n'existe pas) est à nous et on doit donc faire comme on dit. Ah bon.

      L'étape du débat où nous sommes rend insupportables de telles cassettes. On verra bien alors qui joue la peur et la démagogie des émotions exacerbées pour ramasser le sou.

    • Raymond Labelle - Abonné 31 janvier 2019 12 h 40

      Jetons un coup d'œil sur l'article de NEM justifiant sa désinvitation. NEM s’y oppose à l’idée que le sexe d’une personne ne soit déterminé que par la subjectivité de cette personne plutôt que par des critères objectifs (comme par exemple, les chromosomes à la naissance, en tout cas avant une opération transgenre).

      On peut ne pas être d’accord avec NEM et plutôt croire les questions d’identité sexuelle pourraient ne pas se limiter à des critères objectifs mais bon, ça se discute.

      De plus, même en supposant que NEM se trompe à ce sujet, l’idéologie queer est probablement aussi dans l’erreur avec sa position selon laquelle le sexe d’une personne n’est déterminé que par la subjectivité de cette personne.

      Par contre, NEM frappe peut-être juste en expliquant que la position queer pourrait mener à une essentialisation de la femme. En effet, comment un homme peut-il se « sentir femme » sans avoir attribué des qualités essentielles à la féminité ? Or, le combat contre une telle essentialisation et une telle objectivation n’est-il pas un élément important de la position féministe ?

      Ce qu’on ne peut pas dire publiquement si on veut être invité à faire une présentation à l’Alliance sur quelque sujet, c’est que l’identité sexuelle pourrait ne pas dépendre que de la subjectivité de l’individu visé car cela équivaut à nier l’existence des trans, car leur seule subjectivité en fait des femmes.

      Pourtant, la subjectivité d’un raciste ne nous en apprend pas plus sur l’existence des races que la subjectivité d’un trans sur les questions d’identité sexuelle.

      Ce dernier paragraphe justifierait mon exclusion à vie de toute invitation par l’Alliance à y faire une présentation sur quelque sujet. Je pourrais alors dire, en aparté, comme Galilée suite à son procès de l’Inquisition: « et pourtant elle tourne ».

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 janvier 2019 12 h 45

      @ Nadia Alexan,

      Sur quoi vous basez-vous pour affirmer que la gauche aurait soi-disant abandonné sa lutte traditionnelle pour défendre les travailleurs, les pauvres et les laissés-pour-compte?

      Quand on sait que Québec solidaire défend des propositions comme le salaire minimum à 15$ de l'heure; une forte augmentation des prestation d'aide sociale et même un revenu minimum garanti; la gratuité scolaire du CPE à l'université; la réduction de 50% des tarifs de transports en commun; une assurance dentaire étatique pour tout le monde etc, etc, etc?

      Vous avez beau être très populaire sur cette tribune si l'on se réfère au nombre de "likes" que vous recevez. Mais il me semble que vous escamotez pas mal points et assez régulièrement. Ce qui pose aussi le problème de la valeurs desdits "likes" qu'on pourrait facilement remettre en question.

      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 31 janvier 2019 13 h 15

      À noter que Françoise David (invitée au même colloque que NEM) s'est publiquement prononcée contre la désinvitation de NEM.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 janvier 2019 14 h 24

      Monsieur Labelle, votre rappel des faits concernant NEM est incomplet. Selon elle, le queerisme n'est QUE de l'idéologie et cette idéologie consiste entre autres à nier la réalité de la partition des sexes entre le masculin et le féminin, bref le RÉEL. Qu'il y a de l'idéologie dans le mouvement queer, on n'a pas tant besoin d'elle pour l'apprendre. Quant à savoir s'il y a autre chose, elle n'a pas tant à nous en dire depuis son champ d'expertise.

      Ensuite, quand vous dites que sa participation n'avait aucun lien avec ses positions sur les questions de genre, je crois que vous vous trompez. Je ne répéterai pas mes raisons, vous les connaissez.

      Enfin, concernant l'apparent paradoxe essentialiste que vous soulevez, je vous renvoie au commentaire de Françoise Labelle, qui y répond bien mieux que je ne saurais le faire.

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 janvier 2019 14 h 43

      @ Nadia Alexan,

      "Selon vous, il faut éviter de parler de la laïcité pour ne pas attiser le racisme et la xénophobie." - NA

      - Comment pouvez-vous oser nous sortir que Québec solidaire veut éviter de parler de la laïcité, alors qu’il va justement faire un large débat en Congrès pour définir sa position?

      Québec solidaire n’est pas contre la laïcité de l’État, il est contre la discrimination à l’emploi sur la base de convictions religieuses.

      - Et comment pouvez-vous oser affirmer qu’en portant le voile les musulmanes sont en faveur de l’excision, de la lapidation, des crimes d’honneurs et de l’endoctrinement (quel ramassis de préjugés!) alors que le prosélytisme religieux est d'ores et "DÉJÀ" interdit dans nos écoles publiques? C’est carrément abusif, autant que de dire que nos bonnes soeurs d’aujourd’hui seraient pour la lapidation des femmes adultères.

      Et la première dérive sectaire Mme Alexan, c’est de retirer le droit de travailler à des gens parfaitement compétents sous prétexte qu’ils ont une croix dans la cou ou un foulard sur la tête en préjugeant de ce que cela signifie pour eux-mêmes.

      D’ailleurs, rien n’est moins progressiste que d’empêcher une femme de travailler pour gagner sa vie et être indépendante de son mari.

      Le moins qu'on puisse dire en tous cas, c'est que comme vision extrémiste des musulmans du Québec, vous êtes difficile à battre!

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 janvier 2019 15 h 08

      @ Michèle Lévesque,

      "Les opposants à la laïcité sont ceux qui mobilisent le plus la peur et le racisme en dressant ces épouvantails pour mieux en accuser les autres.." - Michèle Lévesque

      Hum..

      Je laisse à votre bon jugement le fait de savoir qui mobilise la peur et le racisme en dressant des listes d'épouvantails quand on lit les propos tout à fait hallucinants et déconnectés de Mme Alexan tenus à l'égard des musulmanes, et ce, tout juste quelques lignes plus haut:

      "Donc, il faut accepter l'obscurantisme, la misogynie, l'homophobie, les dérives sectaires telles que la lapidation, la polygamie, l’excision, le mariage infantile, les crimes d’honneur, et l'endoctrinement de nos enfants dans les écoles, au nom de la paix sociale." - Nadia Alexan

      Comme on peut le constater..

      Les extrémistes ne sont pas toujours ceux que l'on croit.

      Christian Montmarquette

    • Nadia Alexan - Abonnée 31 janvier 2019 17 h 10

      À monsieur Montmarquette: vos attaques véhémentes à mon égard démontrent l'intransigeance de la gauche dont je parle. Je n'ai jamais mentionné Québec solidaire dans mes commentaires. C'est votre interprétation hostile qui n'est pas basée sur le bon sens.
      On n'aide pas les femmes à s'émanciper en les délaissant dans le carcan de leur fanatisme.

    • Nadia Alexan - Abonnée 31 janvier 2019 17 h 54

      À monsieur Montmarquette: Selon l’ex-juge à la Cour suprême, Claire L’Heureux Dubé, un droit fondamental ne peut être raisonnable s’il n’est pas compatible avec la notion d’égalité.e, respect de la liberté religieuse ne devrait pourtant pas dégrever l’État de ses obligations de respecter son plan d’action gouvernemental sur l’égalité des sexes (MELS, 2013-2014) prônant, entre autres, « la promotion d’une sexualité saine, responsable et égalitaire auprès des jeunes ». Elle ne devrait pas non plus le dispenser de respecter la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) entérinée en 1982 par le Canada ni les traités internationaux sur le droit des enfants.
      Comment voulez-vous défendre le droit à l'égalité des petites filles de 7 ans, obligées d'être voilées sans le droit de participer aux cours de gymnastique et de natation aux seines de nos écoles?
      Ce n'est pas moi qui est déraisonnable, Monsieur Montmarquette. La juge Dubé, Maitre Julie Latour, Guy Rocher, le Père du rapport Parent, Norman Baillargeon, Fatima Hoda-Pepin et beaucoup d'autres intellectuelles sont d'accord avec moi.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 31 janvier 2019 21 h 13

      "Québec solidaire n’est pas contre la laïcité de l’État, il est contre la discrimination à l’emploi sur la base de convictions religieuses. " - Christian Montmarquette

      Les citoyens peuvent en toutes circonstances avoir toutes les convictions religieuses qu'ils veulent, à condition qu'ils n'en fassent pas étalage en public s'ils occupent une fonction de l'état qui les met en position d'autorité.

      Que certaines personnes préfèrent vouloir continuer à porter des signes religieux (ou idéologiques) dans l'espace public plutôt que de continuer à agir comme représentant de l'État, c'est bien sûr leur affaire. Cette décision leur appartient à eux et à eux seuls mais cela en dit long sur la mentalité qui les anime. Ces personnes s'excluent elles-mêmes de par leur manière de penser.

      Il serait inconcevable qu'un juge, un policier ou un enseignant se permette de porter, dans l'exercice de ses fonctions, un brassard ou une épinglette l'associant à un parti politique. La même approche devrait prévaloir pour le port de signes religieux. Pour l'État, tolérer ces comportements ostentatoires revient, au minimum, à cautionner passivement les idéologies qu'ils représentent ou symbolisent et à renoncer d’office à la neutralité.

      Il me semble que c'est relativement simple à comprendre, même pour un militant de QS.

    • Raymond Labelle - Abonné 31 janvier 2019 21 h 40

      "votre rappel des faits concernant NEM est incomplet" RMD

      J'ai écrit ceci: «On peut ne pas être d’accord avec NEM et plutôt croire les questions d’identité sexuelle pourraient ne pas se limiter à des critères objectifs mais bon, ça se discute."

      C'était bien un des points essentiels de NEM: se fier à seulement des critères objectifs pour déterminer le sexe et ce, de façon tranchée. L'autre étant que l'on ne peut pas se fier qu'à des critères subjectifs d'auto-perception. Il s'agit là des éléments essentiels. Je ne suis pas sûr que l'on puisse se fier seulement à des critères objectifs et même si oui, pas nécessairement de façon tranchée et je suis certain que l'on ne peut pas se fier qu'à des critères subjectifs.

    • Raymond Labelle - Abonné 31 janvier 2019 21 h 46

      "(...) concernant l'apparent paradoxe essentialiste que vous soulevez, je vous renvoie au commentaire de Françoise Labelle."

      J'ai lu les commentaires fort instructifs de Mme Labelle. Elle parle d'un continuum biologique possible des sexes entre deux pôles. Peut-être. Or de deux choses l'une:

      1) Cela ne résout en rien le paradoxe essentialiste car il n'y est pas question de l’auto-perception comme femme ou homme (cette auto-perception ne fait pas partie du sujet dont traite Mme Labelle);
      2) Si cela résolvait le paradoxe essentialiste, cela serait parce qu'il serait possible d'avoir des critères objectifs, biologiques, pour situer quelqu'un sur ce spectre - ce qui va radicalement contre l'idéologie queer fondant l’exclusion de NEM sur le refus d'admettre que le sexe d'une personne ne dépend que de sa subjectivité.

      Donc, d'une manière ou d'une autre...

    • Raymond Labelle - Abonné 31 janvier 2019 21 h 53

      « (…) quand vous dites que sa participation n'avait aucun lien avec ses positions sur les questions de genre, je crois que vous vous trompez. » RMD

      Ici, pour le programme du colloque de l’Alliance, alors que la participation de NEM était prévue : https://www.ledevoir.com/documents/pdf/2019-01-25-alliance_des_professeurs_colloque.pdf

      J’ai lu au complet la description de la présentation de NEM, intitulée « Laïcité et éducation : osons la cohérence »

      Je n’ai rien, absolument rien vu, qui y traite de la question trans. Le sujet principal, voire unique, de cette présentation, est le rapport entre les religions et l’école. Le moins éloigné de ce qui pourrait y avoir un rapport avec les trans est ceci : « Comment concilier une éducation égalitaire exempte de stéréotypes sexistes avec la valorisation de pratiques religieuses sexistes ? »

      Mais cette question, située dans l’ensemble est complètement dirigée sur le rapport religion-école. Il serait trop long de tout citer, mais pour contexte, je cite ce qui précède immédiatement : "Comment concilier une éducation laïque avec la présence, tout au long du cursus primaire et secondaire, du cours d’éthique et de culture religieuse (ECR) qui valorise les religions et stigmatise les enfants en fonction de l’appartenance religieuse de leurs parents ?"

    • Diane Boissinot - Abonnée 1 février 2019 01 h 03

      Messieurs Maltais Desjardins, Montmarquette, et autres membres de la gauche radicale de censure.
      C'est en lisant Mathieu Bock-Côté (eh oui!) dans le Journal de Montréal (eh oui, encore!) du 29 janvier dernier que je peux enfin me consoler de toutes les difficultés que j'ai à saisir votre prétentieux, nébuleux et alambiqué jargon, tant à la première qu'à la deuxième lecture qui reste, j’ai beau me concentrer, aussi pénible que la première. Et je le cite:
      «Il faudra bien, tôt ou tard, tenir tête à cette mouvance idéologique qui mise sur son fanatisme pour intimider ceux qui voient le monde autrement. Il faudra aussi refuser de reprendre son jargon orwellien qui crypte le débat public d’une telle manière qu’il n’est plus compréhensible pour les non-initiés et qui sert en fait à stigmatiser ceux qui ne répètent par les slogans de l'orthodoxie diversitaire. «Transphobie», «mégenrer», «fluidité identitaire», «appropriation culturelle», «racisé», «alliés», «blanchité», «privilège blanc», «racisme systémique»: ces mots, et tant d’autres, relèvent d’une langue orwellienne qui bloque l’accès au réel et nous empêchent de penser sérieusement. Contre cette novlangue déréalisante à prétention scientifique, il faut tout simplement redécouvrir le français. Et contre ces militants fanatisés, qui se donnent le droit d’exclure de l’espace public ceux qui ne se soumettent pas à eux, il faudra retrouver le courage.»
      Messieurs Maltais Desjardins, Montmarquette, Labelle et autres membres de la gauche radicale de censure
      C'est en lisant Mathieu Bock-Côté (eh oui!) dans le Journal de Montréal (eh oui, encore!) du 29 janvier dernier que je peux enfin me consoler de toutes les difficultés que j'ai à comprendre ou à saisir votre prétentieux, nébuleux et alambiqué jargon, tant à la première qu'à la deuxième lecture`qui reste aussi pénible d'ailleurs que la première. Et je le cite:
      «Il faudra bien, tôt ou tard, tenir tête à cette mouvance idéologique qui mise sur son fanatisme pour intimid

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2019 06 h 14

      Monsieur Labelle, la question n'était pas de savoir si elle avait raison ou pas et si cela justifiait ou pas qu'elle ne soit pas invitée, mais des faits. Il me semble raisonnable de dire que pour elle,

      le queerisme est une position idéologique seulement, qui nie le réel
      elle lie explicitement la question de l'enseignement des religions en ÉCR avec celle de la présentation des identités de genre
      elle désapprouve explicitement ÉCR et l'enseignement « idéologique » de la sexualité.

      Sur le colloque. Les opposants ont présumé qu'elle lierait son propos sur ÉCR et ceux qu'elle tient sur le queerisme dans son exposé. Ils ont aussi présumé qu'elle l'aurait fait à nouveau dans la table ronde avec Pascale Navarro, qui portait sur la promotion de la mixité et de l'égalité hommes/femmes dans l'enseignement.

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 février 2019 06 h 46

      @ Jean-Charles Morin ,

      "Les citoyens peuvent en toutes circonstances avoir toutes les convictions religieuses qu'ils veulent, à condition qu'ils n'en fassent pas étalage en public" - Jean-Charles Morin

      1) Donc, vous voulez censurer le droit d'expression religieuse en plus de discriminer les gens sur la base de leurs croyances? La belle affaire, surtout en période de pénurie de personnel.

      2) Les enseignants, comme les infirmières et autres, ne sont pas des "représentants de l'État". Ils n'incarnent, ni n'appliquent la loi. Ce sont des "employés" de l'État qui ont des droits autant que tout autre citoyen; et notamment, le droit de travailler sans être menacés, exclus ou discriminés en raison de leurs convictions religieuses.

    • Raymond Labelle - Abonné 1 février 2019 06 h 54

      Pour que tout le monde sache de quoi il est question, voici le lien menant à l'article controversé de NEM - je recommande de lire la chose elle-même qu'une recension ne remplace pas. Le lien que j'avais mis dans une autre intervention ne fonctionne pas. Voici donc: http://plus.lapresse.ca/screens/ee84bd37-3153-48c5

    • Raymond Labelle - Abonné 1 février 2019 07 h 30

      "elle désapprouve explicitement ÉCR et l'enseignement « idéologique » de la sexualité" RMD, car elle estime que des rituels ou préceptes religeux, au moins de certaines religions, sont sexistes et de semande comment concilier ces rituels et préceptes à la lutte contre le sexisme - dans le cadre de l'ECR, qui est dans le sujet de la présentation (école et laïcité).

      Son article portait sur l'idéologie queer et les trans - dans cet article, elle met en garde (en d'autres mots) contre l'essentialisation de la notion de femmes que peut impliquer l'idéologie queer dans un projet d'éducation à la sexualité. Il est vrai qu'elle y fait un lien entre les deux aspects (ECR et projet d'éducation à la sexualité).

      La description de sa présentation à l'Alliance porte uniquement sur l'ECR et elle pose la question des religions dont les rituels et préceptes sont sexistes ainsi que de la lutte contre le sexisme et du principe de laïcité - je vous accorde qu'on peut se dire que "p'têt' ben" qu'elle aurait fait un lien avec l'essentialisation de la femme de l'idéologie queer, mais ça n'aurait pas été été le sujet même de la présentation, alors que c'était le sujet de son article. Ce n'est pas si certain qu'elle aurait parlé de l'idéologie queer. Et même si oui, ça aurait été de façon secondaire. On s'entend: ça n'était pas le sujet de la présentation mais elle aurait pu, peut-être, faire un lien avec l'idéologie queer. Peut-être.

      Quant à la promotion de la mixité et de l'égalité hommes/femmes, il y a beaucoup de choses à dire à part de traiter de l'idéologie queer. Bon, "p'têt' ben" qu'elle y aurait parlé de l'idéologie queer, mais ça n'aurait pas été le sujet lui-même.

    • Raymond Labelle - Abonné 1 février 2019 07 h 42

      RMD. Je trouve que nos discussions sur l'idéologie queer et l'essentialisation de la femme ont été fort intéressantes et instructives. Quand on se permet une certaine liberté, qu'on s'écoute et qu'on se parle, toutes et tous peuvent évoluer - ce qui implique une certaine tolérance à l'erreur, au tâtonnement et au désaccord.

      Malheureusement, on ne peut pas compter sur les profs d'université, en tout cas s'ils étaient bien représentés par ces délégués, pour encourager de telles discussions - certaines considérations, vraies ou fausses, ou en partie vraies et fausses, sont interdites. Permettez-moi de beaucoup le regretter.

      La crédibilité de l'université comme lieu de développement de la pensée vient de prendre un sérieux coup.

    • Jean-François Trottier - Abonné 1 février 2019 07 h 53

      @ M. Montmarquette

      "1 ) Sur quoi vous basez-vous pour affirmer que QS ignore tout des gens qu'ils défend ? - Et comment pouvez-vous qualifier QS de "club" alors que les derniers chiffres de Québec125 démontrent qu'il dispose du double des intentions de vote du Parti québécois?"

      Sur vos propos, M Montmarquette. Vous avez avancé que les 2 millions de pauvres au Québec sont des votes automatiques pour QS. La fumisterie commence là.
      Le chapitre "éducation à la citoyenneté" dans VOTRE programme est un monument de condescendance. Vous ne connaissez personne, vous trônez dans votre chaire de vérité!

      Mais ce n'est rien par rapport aux religions, que vous confondez allègrement avec la foi pour servir vos petits intérêts.
      L'engagement dans une religion, et-je-ne-parle-pas-de-foi, dépasse de très loin l'engagement politique par exemple, parce qu'il engage tant la personne sociale que sa personne physique ET son âme, si tant est-il que l'âme existe.
      Déjà, je suis incapable de faire la différence entre VOUS et le programme QS tellement votre identification est totale. La relgion, bin, c'est pire encore... mais je sais que vous n'y comprenez rien. Bof.
      Pour faire court, l'État n'est pas une valeur importante pour quiconque est religieux ET tient à le montrer.
      Si QS en tenait le moindrement compte au lieu d'être bassement racoleur, il se garderait au moins des réserves. Bin, même pas! Plus "toutte est dans toutte" que ça, faudra trouver un ado sur l'acide.
      QS se présente en étendard pour des gens dont il ne comprend rien... que dis-je? Dont il se fout royalement. On a le droit, on est les "gentils"!

      "2 ) Et sur quoi vous basez-vous pour affirmer que sur les 750,000 votes que Québec solidaire a obtenus aux dernières élections, qu'aucun social-démocrate n'aurait voté pour lui?"

      "le moindrement critique", ça ne vous dit rien n'est-ce pas ?
      C'est pas mal votre spécialité, hein, la lecture tendancieuse.
      Comme tous les censeurs de votre genre.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2019 10 h 03

      Madame Boissinot, quand la défense de la liberté d'expression tourne à l'imprécation et à l'admonestation, c'est qu'il ne reste plus grand chose à ajouter. Je vous laisse à monsieur Bock-Côté et aux « accès au réel » dont il assure si courageusement la garde qu'on se demande si celle-ci ne l'emêchera pas durablemen de « penser sérieusement ».

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2019 10 h 21

      Voyez vous-même, monsieur Labelle : ce ne sont pas les profs d'université ni le intellectuels en général qui font obtacle à la discussion : il aura suffi que nous discutions ensemble pour que, même si nous ne sommes pas d'accord, vous soyez associé à cette « gauche radicale de censure ».

      Cependant, soit dit entre nous et à quiconque aurait l'idée de continuer à me lire, j'avoue que c'est bien parce que je prends plaisir à nos échanges que je suis une première fois intervenu et vous ai répondu par la suite, mais avec une gêne grandissante du fait que nous nous écartons un peu beaucoup du sujet ouvert par l'auteur du texte et que d'autres réflexions plus pertinentes (qu'on soit d'accord ou pas) risquent de s'y perdre. Céder à la courtoise, des fois, c'est pas se censurer. Mais il évidemmen trop tard : le mal est fait.

    • Raymond Labelle - Abonné 1 février 2019 11 h 44

      RMD - pour vous signaler que je continue à vous lire :0) et aussi continuer l'échange. Bien entendu, les profs d'université ne sont pas les seuls à ne pas encourager l'échange libre, mais ils ont peut-être plus que d'autres le devoir moral d'accepter cet espace de liberté qui favorise le développement de la pensée. Du choc des idées jaillit la lumière. D'avoir été exposé, entre autres, au point de vue de NEM et au vôtre, et d'avoir pu en discuter librement a certainement contribué à clarifier ma pensée, et aussi à l'améliorer, en modifiant partiellement celle-ci. Et peut-être pour vous aussi.

      Quant à cet article-ci, nous sommes peut-être restés plus dans le sujet que dans d'autres articles connexes à ce que j'appellerai, pour aller vite, "l'affaire NEM" - mais il est difficile de complètement ignorer les questions de fond à l'origine de la désinvitation de NEM dans cette discussion-ci, et ces questions de fond posent beaucoup de bonnes questions – tout en gardant, comme motif de la désinvitation, une pertinence dans la discussion sur la désinvitation elle-même. Nous n'avons, devant l'immensité de ce que le motif de la désinvitation soulève, fait qu'effleurer la chose.

      Je dirais que là où même nos éloignements de sujets demeurent pertinents dans la discussion sur la désinvitation, c'est par une preuve empirique qu'une discussion peut comporter des erreurs, des tâtonnements, des désaccords, toucher des sensibilités mais que, malgré tout, lorsque menées respectueusement et qu'on demeure à l'écoute de l'autre, ces discussions sont bien plus profitables que lorsqu'on refuse d'entendre l'autre envisager telle ou telle possibilité ou faire telle ou telle affirmation.

      Si une affirmation est discutable, voire faible, on peut toujours le relever et en discuter. Et même à partir de là, tout le monde peut en bénéficier. Le rejet d'une fausse hypothèse fait aussi avancer la pensée.

    • Jean-François Trottier - Abonné 1 février 2019 14 h 28

      @ M. Montmarquette
      Un détail auquel je n'ai pas répondu, un peu par oubli, un peu par lassitude.
      "comment pouvez-vous qualifier QS de "club" alors que les derniers chiffres de Québec125 démontrent qu'il dispose du double des intentions de vote du Parti québécois? "

      Vous n'êtes pas écoeuré de vous servir de l'argument du grand nombre pour faire croire que vous avez raison ?

      Ainsi QS a le double d'appui du PQ ?
      Et QS a le dixième des appuis des nazis en Allemagne en 1934! Qu'est-ce que ça prouve, mis à part la vanité débile de cet argument ?

      Rien, sinon que VOUS devez saborder QS tout de suite : hé! vous avez moins d'appuis que la CAQ, donc... VOus aimez la cohérence, non ?

      Ceci dit, il existe des clubs dont les nombre de membre est bien plus élevé, sans chercher.
      La question est plutôt : il est normal qu'un petit club privé fonctionne portes closes.
      Mais quand il s'agit d'un groupe qui a la prétention de diriger un État éventuellement, qui "dispose du double des intentions de vote du Parti québécois", le débat sur les signes religieux à huis clos serait honteux... si ce groupe était vraiment un parti.

      Que dire sinon, ben... faites comme d'habitude, continuez à vous cacher derrière vos grands mots vides que vous fouterez aux poubelles à la première occasion.

    • Raymond Labelle - Abonné 1 février 2019 14 h 55

      "Mais il évidemmen trop tard : le mal est fait." RMD - peut-être devrions-nous presque nous sentir coupables :0).

    • Jean-Charles Morin - Abonné 1 février 2019 16 h 01

      "Donc, vous voulez censurer le droit d'expression religieuse en plus de discriminer les gens sur la base de leurs croyances?" - Christian Montmarquette

      L'interdiction dont il s'agit ici concerne le port de TOUT signe religieux et TOUTES les religions. Il n'y a donc aucune discrimination (i.e.: traitement inégal d'une religion à l'autre), contrairement à ce que vous avancez.

      "Les enseignants... ne sont pas des "représentants de l'État"." - Christian Montmarquette

      Je n'ai jamais utilisé cette expression pour décrire les enseignants. Ces derniers sont plutôt, comme vous-même le dites et dans le système public, des employés de l'État. Ces employés disposent néanmoins, aux niveaux primaire, secondaire et collégial, d'une autorité sur les élèves d'une classe dans le cadre de la dispense d'un cours et, à ce titre, se doivent.d'avoir une mise et un comportement en accord avec la neutralité religieuse affichée par l'État.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2019 23 h 43

      Monsieur Labelle, j'avoue que la longue citation en double, en plus, des propos de MBC a un peu tempéré mes scrupules.

  • Raynald Blais - Abonné 31 janvier 2019 02 h 33

    Démocratie de dominants

    Lorsque certains philosophes défendent la liberté d'expression et le droit de parole pour s'opposer à la censure d'une gauche qui, selon eux, n'en a plus que le nom, nous devons croire vivre dans une démocratie menacée. Mais la démocratie bourgeoise n'est pas une démocratie par laquelle tous les points de vue sont présentés, discutés et évalués. La démocratie bourgeoise est une démocratie où les points de vue de la bourgeoisie sont présentés, représentés, re-représentés et surreprésentés jusqu'à rassembler une majorité obtenue grâce à l'unanimité de leur classe et à la division des autres classes. Il n'est donc pas surprenant d'observer ce phénomène censorial "gauchiste" avec une démocratie de dominants qui l'alimente.

    • Gilbert Turp - Abonné 31 janvier 2019 09 h 08

      Je trouve votre conception des rapports de force entre humains limitée.
      Il me semble qu'on peut être autre chose dans la vie qu'un dominant ou un dominé.
      Si je conçois que ma seule alternative est d'être dominant ou dominé, alors je risque fort d'aspirer à être un dominant, car je ne veux pas être un dominé.
      C'est peut-être cette conception restreinte des rapports de force qui explique pourquoi tant de révolutionnaires sont devenus, une fois installés au pouvoir, des tyrans totalitaires à vie.

      Je crois que l'important est de concevoir (puis de pratiquer) que les rapports de force puissent être équilibrés et d'égal à égal.

    • Jean-François Trottier - Abonné 31 janvier 2019 09 h 35

      Je n'avais pas lu ou entendu une position aussi victimisante depuis mes 18 ans je crois!

      Je regrette, monsieur Blais, mais rien ne vous empêche d'étaler vos états d'âme ici, entre autres. Votre position de victime est reprise ad nauseam dans la plupart des réseaux sociaux, qui sont aujourd'hui plus puissants que les médias ayant pignon sur rue.

      J'espère que vous vous sentez à l'aise en restant ainsi dans le vage des attaques générales, si imprécises qu'elles rejoignent autant un vendeur de journaux que Gandhi?

      Le Devoir a encensé Madame Massé tout au long de l'année 2018, soit pour le faux suspense de sa nomination en tant que représentante-en-chef, soit pour l'assez odieuse auto-biographie, odeur de sainteté en prime, qu'elle a pondu comme par hasard juste avant une élection. Et que d'entrevues où elle pouvait étaler son si grand coeur sur mille sujets déchirants!
      Ceci a duré les 6 premiers mois de l'année. C'est pas rien.
      Si le discours de madame Massé a changé pour "satisfaire aux normes bourgeoises" comme vous semblez le dire, c'est qu'elle a arrêté de se battre bec et ongles contre l'horrible mot "patrimoine". Quand quelqu'un(e) en est rendu à se poser en police de la pensée, que dire sinon.... sti, les bras ballants?

      Il faudra que vous apportiez des exemples concrets et réels qui démontrent que la gauche a raison de censurer.

      Parce que la politique, la vie sociale, ben, c'est concret et réel.

      Je dois dire au passage que, comme la plupart des gens prétendûment "inclusifs", vous tenez mordicus à séparer le monde en bons et méchants.
      Seriez-vous un "bon" par hasard, de ceux qui ont tous les droits, dont celui de la censure, justement parce qu'ils sont les bons?

    • Raynald Blais - Abonné 31 janvier 2019 13 h 51

      Je suis bien d'accord avec vous , M. Gilbert Turp. Ma conception des rapports entre humain est limitée, limitée par le règne d'une classe sociale qui possède les outils de ma survie. J'adhère, comme vous, au principe que les rapports sociaux devraient être équilibrés, d'égal à égal.

      M. Jean-François Trottier, je partage votre colère. Ce que je décris, sans preuve, sans démonstration et surtout sans objectivité, n'est pas ce que théoriquement doit être la démocratie. La démocratie que je critiquais est est celle qui alimente la censure, la démocratie bourgeoise.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 31 janvier 2019 18 h 06

      M. Turp, j’apprécie votre commentaire sur l’aspect dominant-dominé des humains. En effet, il me semble que chacun devrait avoir l’opportunité d’être autre chose que l’un ou l’autre, ce qui laisserait plus d’espace pour nous définir dans la vie. Alors, je crois qu'il faut rester vigilant pour éviter de s’identifier à l’un comme à l’autre camp.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 31 janvier 2019 21 h 25

      Cela fait longtemps que je n'avais pas vu une vision des choses reprenant le petit catéchisme néo-stalinien de la troisième Internationale d’une manière aussi décomplexée.

      Si la démocratie bourgeoise alimente la censure comme vous semblez en être convaincu, celle qui règne maintenant dans les milieux de gauche commence à lui faire sérieusement de l'ombre.

  • Denis Paquette - Abonné 31 janvier 2019 03 h 08

    et oui nous sommes faits d'ignorance et surtout d'impuissance, voila ce que j'avais envie de dire

    que ce soit de gauche ou de droite il y aura toujours des gens pour vouloir nous imposer ce que nous devont penser,enfin n'est ce pas a l.'image de notre ignorance , qui depuis toujours veut s'imposer, quand ce n'est pas l'un c'est souvent l'autre qui agit

  • Yvon Montoya - Inscrit 31 janvier 2019 05 h 46

    De quelle Gauche parle-t-on lorsque nous avons des fanatiques face à vous? Qu’ils soient de n’importe quelle idéologie le fanatique reste un fanatique. Le fait de mal nommer l’esprit critique et donc libre fera en sorte d’une limitation de la liberté de penser et c’est sur ce point que le constat non l’analyse de Normand Baillargeon pose problème. Ces fanatiques du syndicat refusant une fanatique anti-post-moderne sont plutôt le symptôme de la fin de l’esprit critique, Krisis disent les penseurs allemands, agissent tous deux en fossoyeurs de l’idée d’emancipation, une idée de Gauche.

  • Daniel Vézina - Abonné 31 janvier 2019 06 h 54

    Après le "racisme systémique"...

    ...que les Libéraux martelait sans cesse, peut-on parler maintenant de la 'censure systemique', quand c'est rendu que même les mouvements syndicaux s'en mêle?

    • Jean-François Trottier - Abonné 1 février 2019 14 h 31

      Pas sûr, Monsieur Vézina. La racisme systémique suppose un comportement automatique. Or dans ce cas il s,agit d'un acte délibéré, destiné à montrer une façade d'unanimité qui n'existe pas vraiment dans les rangs du syndicat.

      Quand c'est voulu à ce point, c'est pas systémique, c'est seulement con.