La CSDM louera des bureaux pour héberger son centre administratif

La CSDM éprouve actuellement un manque criant d’écoles, aussi bien au niveau primaire que secondaire.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La CSDM éprouve actuellement un manque criant d’écoles, aussi bien au niveau primaire que secondaire.

Le Conseil des commissaires de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a autorisé mardi la signature d’un projet de location pour son centre administratif, l’immeuble actuel étant vétuste et les employés devant être déplacés au plus vite. Le contrat prévoit une occupation pendant 20 ans au coût de 80 millions. À cela doivent s’ajouter 20 millions pour l’aménagement des locaux, a-t-il été soulevé lors de la séance.

Cette décision n’a pas obtenu l’approbation de l’ensemble des membres du Conseil des commissaires. Quelques-uns auraient préféré une solution où la CSDM conservait ses bureaux dans un immeuble dont elle était propriétaire. Une option plus intéressante à long terme, selon eux.

« À vos 80 millions, il faut ajouter 20 millions pour l’aménagement des locaux et l’achat de mobilier. Cela correspond, à peu de chose près, au montant pour une construction neuve », s’est désolée la commissaire indépendante Violaine Cousineau en cours de séance.

Selon le rapport réalisé par une architecte de la CSDM dont les grandes lignes ont été rendues publiques mardi soir, une construction neuve (sans le terrain) coûterait effectivement 98 524 138 $. Les commissaires disposaient d’un accès confidentiel à cette analyse plus tôt dans les démarches de relocalisation du centre administratif, mais le document ne pouvait pas être discuté lors des séances publiques.

Un manque de transparence qu’a déploré le commissaire indépendant Jean-François Gosselin. « Ça devient insidieux de dire que la location est l’option la moins chère quand on ne peut pas discuter des chiffres en détail », a-t-il souligné.

La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, a rétorqué que, de toute façon, l’organisation ne disposait pas de fonds suffisants pour financer la construction d’un nouvel édifice. Cet argent aurait dû être déboursé en quelques années à peine, contrairement au paiement du loyer, qui est étalé dans le temps. « Nous n’avons pas les 98 millions à dépenser en peu de temps », a-t-elle défendu.

Québec refuse de financer les bâtiments administratifs des commissions scolaires.

Mme Harel Bourdon a aussi remarqué que, dans tous les scénarios, de l’argent aurait été consacré à l’aménagement des locaux loués. En effet, si la CSDM avait décidé de construire un nouveau bâtiment, elle aurait tout de même dû déplacer temporairement ses presque 800 employés dans des locaux loués.

La CSDM reste sur la rue Sherbrooke

Les nouveaux bureaux, appartenant au Fonds de placement Cominar, seront loués dans le cadre d’une convention d’usufruit pour vingt ans dès l’automne 2019. Ils sont situés au 5100, rue Sherbrooke Est, au coin de la rue Viau.

Un usufruit octroie de plus grands droits au locataire. Il est plus facile pour lui de sous-louer l’espace, en cas de besoin.

Le centre administratif actuel, situé sur la rue Sherbrooke Est, est aux prises avec de graves problèmes d’infiltration d’eau, de condensation et de moisissures, causant des ennuis de santé à de nombreux employés. En octobre 2016, la Direction de la santé publique de Montréal avait recommandé de déplacer les employés au plus vite. À ce jour, seulement 10 % du personnel a déménagé.

Qu’adviendra-t-il des anciens bureaux de la CSDM ? Dans le document rendu public mardi, on peut lire que la CSDM « souhaite que le gouvernement du Québec prenne en charge le site actuel ». Il est prévu qu’une consultation publique soit tenue afin de prévoir l’avenir du site.

La CSDM éprouve actuellement un manque criant d’écoles, aussi bien au niveau primaire que secondaire.

Il en coûtera 80 millions sur 20 ans, en plus des frais d’aménagement.