Le programme de génie électrique revisité à l’ETS

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
L’évolution du domaine et de ses besoins, avec l’évolution de l’informatique et de l’intelligence artificielle, pousse l'ETS à modifier son programme de génie électrique.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir L’évolution du domaine et de ses besoins, avec l’évolution de l’informatique et de l’intelligence artificielle, pousse l'ETS à modifier son programme de génie électrique.

Ce texte fait partie du cahier spécial Portes ouvertes vers le savoir

La distinction entre génie électrique et génie logiciel n’est pas toujours évidente pour le néophyte : « On fait bouger des électrons dans des fils et dans des circuits intégrés, mais une composante de programmation deviendra à terme du génie logiciel », rappelle Jean-François Boland, directeur du programme de baccalauréat de génie électrique à l’École de technologie supérieure (ETS). Par exemple, la création d’une tablette électronique relève du génie électrique, alors que la création de l’application du Devoir tablette appartient quant à elle au génie logiciel. « J’aime rappeler aux jeunes que c’est le génie électrique qui donne vie aux machines », raconte le directeur, qui organise tout au long de l’année, des visites dans les cégeps et même dans les écoles secondaires de la grande région montréalaise.

Si le programme de génie électrique vient d’être revu en entier, à l’ETS, c’est principalement pour s’assurer de « rester pertinent pour l’industrie », selon M. Boland. Pour y arriver, l’établissement a organisé des tables rondes avec des acteurs de l’industrie afin de voir ce qui pouvait être amélioré.

Mais un autre facteur a amené ces changements : l’évolution du domaine et de ses besoins, avec l’évolution de l’informatique et de l’intelligence artificielle.

Dorénavant, il est donc possible d’orienter son parcours selon différents axes thématiques : énergie et réseaux électriques intelligents, informatique des systèmes, systèmes cyberphysiques et objets intelligents, commande industrielle, automatisation et robotique, électronique, microsystèmes, circuits intégrés et architecture de processeurs, communications sans fil, réseaux et objets connectés, photonique et communications optiques, instrumentation biomédicale et imagerie médicale.

Jean-François Boland ne s’en cache pas : s’il voulait dynamiser le programme, c’était aussi pour séduire une nouvelle clientèle. « La transmission d’informations sans fil, on sait qu’elle est là, mais c’est abstrait (comme concept), souligne-t-il. Le génie électrique est invisible. Cela explique le nombre peu élevé d’inscriptions, malgré le besoin important de l’industrie. »

Des possibilités décuplées

L’industrie aura toujours besoin d’ingénieurs pour concevoir des ordinateurs et des objets connectés. Si ceux-ci viennent tout juste de faire leur apparition dans nos vies, ils ne sont pas près d’en ressortir. Ces objets demandent de l’innovation tant pour le développement de leurs capteurs que pour leurs circuits, qui devront être le moins énergivores possible et qui pourront transmettre sans fil. De plus, avec l’apparition de la 5G — un réseau mobile ultrarapide et réactif qui connectera un nombre élevé de gens et d’objets, et qui promet d’être écologique puisqu’il consomme peu d’énergie — les possibilités sont d’autant multipliées.

« Le 5G ouvre la porte à la connexion d’objets », explique Jean-François Boland. Par exemple, ses étudiants participent actuellement à un projet de fin d’études en collaboration avec l’Université de Bordeaux, en France, où a été « planté » un dispositif dans une parcelle de vigne. Les capteurs du mécanisme transmettront les taux d’humidité, d’ensoleillement et même les bruits environnants, car ces derniers indiqueront au maître de chais la possible présence de rongeurs. « Actuellement, cet objet connecté transmet ses données à l’aide de technologies disparates parce qu’ici la 4G n’est pas adaptée et consommerait trop d’énergie pour pouvoir s’alimenter à un simple panneau solaire, explique M. Boland. Dans sa future version 5G, le mode de communication sera intégré et son utilisation, grandement facilitée. »

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