Le MIL: plus grand chantier universitaire du pays

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
Le Complexe des sciences regroupera les départements de chimie, de physique, de sciences biologiques et de géographie.
Photo: MSDL Le Complexe des sciences regroupera les départements de chimie, de physique, de sciences biologiques et de géographie.

Ce texte fait partie du cahier spécial Portes ouvertes vers le savoir

À la frontière de plusieurs quartiers (Outremont, Mile-Ex et Parc-Extension) et au centre de l’île de Montréal, des ouvriers s’activent pour terminer à temps, en août 2019, le futur Complexe des sciences de l’Université de Montréal. Visite guidée.

Treize ans après l’acquisition de l’ancienne gare de triage Outremont par l’Université de Montréal (UdeM), le campus MIL voit enfin le jour. À la fine pointe de la technologie, il sera ouvert sur les quartiers avoisinants.

Frédéric Bouchard, doyen de la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal, en parle avec beaucoup de fierté. « Ce sera une institution d’enseignement et de recherche à la fine pointe de ce qui existe dans le monde, dit-il. Il y aura de grands espaces verts et des endroits prévus pour des activités communautaires de quartier. » Le campus est aussi le plus grand chantier universitaire au Canada.

Le Complexe des sciences regroupera les départements de chimie, de physique, de sciences biologiques et de géographie. On y comptera 450 ateliers et laboratoires répartis sur les huit étages de l’édifice.

Une bibliothèque numérique

 

Au cœur du Complexe, on trouvera une bibliothèque de près de 1400 mètres carrés, comptant 330 places assises réparties sur deux niveaux. Le doyen en est très fier, car elle contiendra plusieurs éléments technologiques, issus de l’ère numérique. « Les bibliothèques d’aujourd’hui consacrent moins d’espaces aux livres, elles doivent se réinventer et mettre à la disposition des professeurs et des étudiants des outils technologiques », dit-il. On y trouvera donc une cartothèque, où il sera possible de manipuler des cartes grâce à des écrans tactiles. À un autre endroit, un immense écran tactile permettra de disposer des éléments de visualisation. Les étudiants pourront aussi réaliser de petits clips, utiles pour leurs travaux universitaires, grâce à la présence de studios de captation vidéo et d’installations de montage. Il sera aussi possible de vivre des expériences de réalité augmentée et de se déplacer en d’autres lieux, virtuellement, grâce à des casques de réalité virtuelle.

Un milieu propice aux chercheurs

 

René Doyon, astrophysicien et directeur de l’Institut de recherche sur les exoplanètes, est l’un des nombreux chercheurs qui déménageront dans le Complexe des sciences. Selon lui, les lieux seront beaucoup mieux adaptés pour réaliser des recherches de pointe. « On disposera de plus d’espace, ce qui nous permettra d’avoir des équipements qu’on ne peut accueillir dans nos laboratoires actuels, faute d’espace », dit-il en ajoutant que les locaux utilisés en ce moment ont été « tricotés » au fil des années pour répondre aux besoins de la recherche. Selon lui, ces laboratoires, plus modernes et mieux équipés, aideront à obtenir des subventions de recherche qu’il n’aurait pas pu avoir auparavant.

L’intégration de ces quatre disciplines de la science dans un même bâtiment permettra aussi une meilleure interaction entre chercheurs. « Les contacts seront plus faciles et les collaborations aussi », croit-il. Il donne pour exemple la recherche qu’il effectue sur les exoplanètes. « Lorsqu’on étudie une exoplanète, il y a des éléments chimiques et biologiques à examiner, dit-il. J’aurai les scientifiques à proximité pour faire ce travail. »

Un milieu en développement

 

Une fois le Complexe des sciences terminé, d’autres phases pourraient s’ajouter. L’Université de Montréal compte aménager deux nouvelles ailes de part et d’autre du Complexe des sciences pour accueillir le Département de mathématiques et de statistiques et le Département d’informatique et de recherche opérationnelle. Bien que le projet soit encore à l’étape de la planification, l’Université aimerait bien amorcer cette phase vers 2020.

Cependant, sur ce vaste terrain, l’aménagement se poursuit. Ainsi, on est en train de créer un milieu propice à la mobilité active, pour cyclistes et piétons, car il y aura une piste cyclable protégée et une passerelle qui permettra aux étudiants et professeurs de traverser les voies ferrées en toute sécurité pour se rendre à la station de métro Acadie. Ce lien piétonnier permettra aussi de désenclaver le terrain et de relier deux quartiers qui ont été longtemps séparés, Outremont et le quartier Parc-Extension. Une artère principale traversera aussi le site (la rue Thérèse Lavoie-Roux) et débouchera sur l’avenue du Parc.

Le terrain de l’ancienne gare de triage ne sera toutefois pas réservé à des fins universitaires. Au sud, un secteur résidentiel verra le jour avec la construction de 1300 logements, dont le tiers seront abordables.

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