Le ministre Roberge invite les étudiants en grève à «rentrer en classe»

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

Le nouveau ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, invite les quelque 50 000 étudiants de cégep et d’université en grève à « rentrer en classe ». Se disant « déjà au travail » dans le dossier de la rémunération des stages, il leur propose une rencontre dans les prochains mois pour faire le point sur cet enjeu.

« Évidemment, on reconnaît aux jeunes leur droit de manifester et de s’exprimer, mais je les invite à ne pas défoncer de portes ouvertes. Nous sommes déjà au travail », a répondu le ministre Roberge en marge d’une visite au Salon du livre de Montréal.

Il affirme avoir donné le mandat aux employés de son ministère de faire un « état des lieux » pour savoir avec précision les caractéristiques de chacun des stages et déterminer « dans quelle mesure certains stages peuvent être compensés ».

Pour ce faire, les fonctionnaires contactent les directions de cégeps et d’université, de même que les entreprises qui accueillent les stagiaires.

« En ce moment, les étudiants veulent nous sensibiliser à quelque chose que l’on comprend déjà, mais on a besoin de savoir combien d’heures, combien d’étudiants, quels stages sont des stages d’observation et lesquels sont des stages de travail et de prise en charge », ajoute le ministre.

Le ministre se dit « très ouvert » sur ce dossier, mais ne veut pas se prononcer avant d’avoir un véritable portrait de la situation. Il rappelle que sa formation politique a appuyé la compensation financière du stage final en éducation et pour les étudiants en psychologie adopté par l’ancien gouvernement libéral. « Maintenant que nous sommes au gouvernement, on est en train de regarder si on peut aller plus loin et de quelle manière », affirme-t-il.

Impatience

Disant « comprendre » l’impatience des étudiants, il leur demande quand même un peu de temps. « Je dis [aux étudiants] : vous pouvez retourner en classe, les travaux se font déjà, ils ne peuvent pas se faire plus vite qu’en ce moment […] J’ai l’impression que, d’ici quelques mois, on aura les réponses et on sera capables d’aller à la rencontre des étudiants pour dialoguer avec eux. »

Outre la question de la rémunération, le manque de protection juridique des stagiaires, qui ne sont pas soumis aux lois du travail, est une revendication majeure pour les étudiants. Le ministre reconnaît que « c’est un enjeu » et affirme que la question des droits des travailleurs est également à l’étude.

Rappelons que plus de 50 000 étudiants de plusieurs cégeps et de plusieurs facultés universitaires au Québec se sont dotés d’un mandat de grève pour cette semaine. Une grande marche est prévue mercredi à Montréal.

Le mouvement de grève est le résultat d’initiatives des associations étudiantes locales qui se sont regroupées pour un plus grand impact, mais les grandes fédérations étudiantes, tant au niveau collégial qu’universitaire, ne se sont pas jointes au mouvement.

Bien que la rémunération des stages soit une préoccupation majeure pour l’Union étudiante du Québec et pour la Fédération étudiante collégiale du Québec, ces deux instances qui regroupent la majorité des cégépiens et des universitaires du Québec attendent de voir ce que les discussions avec Québec vont donner.