L’éducation au Canada plus équitable que dans les autres pays de l’OCDE

Les enfants canadiens issus de milieux défavorisés sont plus nombreux qu’ailleurs à se retrouver dans la liste des élèves les plus performants du pays.
Photo: David Afriat Le Devoir Les enfants canadiens issus de milieux défavorisés sont plus nombreux qu’ailleurs à se retrouver dans la liste des élèves les plus performants du pays.

À travers le monde, la réussite scolaire d’un enfant se mesure encore trop souvent en fonction de son code postal. Mais le Canada fait partie des pays où les iniquités socio-économiques ont le moins d’impact sur la réussite éducative, note un nouveau rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Le statut économique d’une famille a « une grande influence » sur la performance des enfants en science, en lecture et en mathématique, constate l’OCDE, qui a analysé les résultats de l’enquête PISA, administrée aux élèves d’une quarantaine de pays du monde en 2015.

En sciences, par exemple, on peut observer une variation moyenne de 13 % dans la performance d’un élève, uniquement en fonction de son statut économique.

Dans certains pays, comme en France, l’écart grimpe jusqu’à 20 %. Mais au Canada, c’est moins de 9 %, ce qui fait dire à l’OCDE que « les inégalités de performance à l’enfance (10 ans) sont moins grandes que dans les autres pays observés ».

Les enfants canadiens issus de milieux défavorisés sont également plus nombreux (13 %) qu’ailleurs à se retrouver dans la liste des élèves les plus performants du pays.

Ségrégation scolaire

L’OCDE observe que « la ségrégation résidentielle est souvent accompagnée d’une ségrégation scolaire, puisque les enfants d’un milieu moins favorisés sont plus susceptibles de fréquenter une école de moins bonne qualité et d’être entourés de pairs aussi défavorisés qu’eux ». Ils sont alors « doublement désavantagés », notent les auteurs du rapport.

Au Canada, 45 % des enfants pauvres fréquentent une école classée défavorisée. « Toutefois, lorsque les enfants désavantagés fréquentent des écoles favorisées, ils obtiennent un score de 46 points plus haut — l’équivalent d’une année et demie d’école — que ceux qui fréquentent une école défavorisée », précise le document.

À l’échelle mondiale, c’est 48 % des enfants démunis qui fréquentent une école défavorisée. Mais l’écart de performance entre les enfants pauvres qui fréquentent une institution privilégiée et ceux qui sont réduits à fréquenter leur école de quartier est beaucoup plus élevé qu’au Canada, avec une moyenne de 78 points (équivalent de trois années scolaires). C’est donc dire que le système canadien est moins inéquitable qu’ailleurs.

Éducation postsecondaire

Le rapport fait également état du fait que 42 % des adultes âgés de 26 à 65 ans au Canada ont un niveau d’éducation supérieur à celui de leurs parents. Mais ce n’est que le tiers des adultes dont les parents n’ont pas terminé leurs études secondaires qui vont eux-mêmes terminer des études postsecondaires. « Au Canada, les adultes dont les parents ont diplômé d’un établissement postsecondaire ont quatre fois plus de chances de compléter leurs propres études collégiales ou universitaires que ceux dont les parents sont peu scolarisés. »

Les auteurs recommandent aux politiciens de favoriser l’accès à des services éducatifs dès le plus jeune âge, surtout pour les familles moins bien nanties, et de réduire la concentration des enfants désavantagés dans certaines écoles.

C’est justement en se basant sur ce dernier point que le Conseil supérieur de l’éducation rapportait en 2016 que l’école québécoise était la plus inégalitaire au pays.

On indiquait que les élèves défavorisés étaient surreprésentés dans les classes ordinaires des écoles publiques, puisque les meilleurs se retrouvaient dans les écoles à vocation particulière ou dans les écoles privées.