Vent de changement à l’UQAM

L'arrivée en poste de la nouvelle rectrice, Magda Fusaro, aurait contribué à assainir les relations de travail dans l’établissement.
Photo: Félix Deschênes Le Devoir L'arrivée en poste de la nouvelle rectrice, Magda Fusaro, aurait contribué à assainir les relations de travail dans l’établissement.

Une ère d’optimisme vient de s’ouvrir dans les relations de travail à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) : les professeurs et la direction ont signé une entente en tout juste neuf séances de négociation, ce qui met fin aux négociations ardues des dernières années dans l’établissement réputé pour son esprit contestataire.

Les membres du Syndicat des professeurs et professeures de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ) ont entériné vendredi à 97 % l’entente de principe intervenue il y a deux semaines avec la direction de l’établissement. La convention collective de quatre ans confirme le « rattrapage salarial » par rapport aux autres universités, que les professeurs réclamaient depuis près d’une dizaine d’années, indique Michel Lacroix, président du SPUQ.

« Vous avez bien vu : on parle d’une entente à l’UQAM. C’est possible de s’entendre avec les syndicats », a-t-il déclaré après le vote sans équivoque des professeurs, vendredi après-midi.

97 %
C’est le pourcentage de membres du SPUQ qui ont ratifié l’entente avec la direction

« Il y a un nouveau climat dans les relations de travail à l’UQAM », dit le président du syndicat. Il estime que l’arrivée en poste de la nouvelle rectrice, Magda Fusaro, a contribué à assainir les relations de travail dans l’établissement.

Valoriser la profession

Mme Fusaro a aussi de bons mots pour le syndicat : « Respect, collaboration, confiance », dit-elle en parlant du climat qui régnait à la table de négociation.

Le SPUQ avait les mêmes demandes qu’aux dernières négociations, conclues en septembre 2016 après 64 séances de négociation étalées sur trois longues années. Le syndicat n’avait « rien obtenu », dit Michel Lacroix. Cette fois, tout s’est joué en neuf séances. Il faut dire que le gouvernement Couillard a recommencé à investir en éducation après les douloureuses compressions du début de mandat libéral, qui avaient fait mal aux universités.

L’entente prévoit une « meilleure reconnaissance » des tâches des profs pour les services à la collectivité — le système de cogestion qui accorde aux syndiqués des postes d’administration. Les professeurs obtiennent aussi un « plus grand soutien à la recherche » sous diverses formes. Les syndiqués auront aussi un congé de compassion dont les modalités restent à déterminer au cas par cas.

« On a travaillé de part et d’autre pour une reconnaissance, une valorisation de la profession : tout ce qu’on peut alléger pour que le professeur et la professeure puissent se consacrer à l’enseignement, à la recherche et au service à la collectivité », dit Magda Fusaro.

La rectrice compte parler lundi au nouveau ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge — un des quatre diplômés de l’UQAM à siéger au Conseil des ministres du gouvernement de la Coalition avenir Québec.